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Rapports officiels sur les atrocités allemandes – Le sort des otages et prisonniers civils.

10 février 2014

Mon désir de faire connaître le sort des civils en zone occupée pendant la guerre 14 – 18 est toujours présent. Dans ce but, j’ai déjà consacré sur ce blog plusieurs articles.  La lecture des témoignages regroupés par  Mlle CHAPTAL dans son livre « Rapatriés 1915-1918 » ( collection la France dévastée) m’a bouleversée . Parmi eux celui d’Hector Poilblan, maire de Montbainville  racontait ce qu’il avait vécu après l’arrivée des Allemands dans le village jusqu’à son rapatriement par la ville de Schaffhouse en Suisse . Longtemps je me suis interrogée sur la source de ces témoignages.  Celui d’Hector Poiblan indiquait "Rapports et procès verbaux Volume II n°50". Où peut-on consulter ces procès verbaux ? L‘inventaire des archives nationales  cote AJ4/1 à 52  répertorie les archives de la commission instituée en vue de constater les actes commis par l’ennemi en violation du droit des gens (1914-1919).   Beaucoup de cotes à consulter, de plus, tout le monde ne peut pas facilement se rendre aux archives nationales à Pierrefitte.  Comment faire pour retrouver ces témoignages  ?  Lors d’une rencontre aux archives de Paris, Roger Roucolle de l’association Guillaume Mauran m’a dit possédé  le premier tome des " rapports et procès verbaux d’enquêtes  de cette commission (décret du 23 septembre 1914)". Dès le lendemain il m’adressait la couverture de l’ouvrage et les pages concernant la Meuse.  Seul problème, le témoignage d’Hector Poilblan se trouvait dans le deuxième tome. J’avais maintenant la référence exacte des 6 ouvrages imprimés par l’imprimerie nationale à partir des rapports d’enquêtes publiés au journal officiel de 1915 à 1919. Une recherche sur gallica me permet maintenant d’avoir accès à tous les volumes :

http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&adv=1&tri=&t_relation=%22cb308854628%22&lang=fr

Je vous laisse les découvrir.

Jusqu’à présent je n’avais consulté que la presse régionale "le Bulletin Meusien", "la Croix Meusienne".  La BNF met en ligne régulièrement de nouveaux ouvrages, elle poursuit sa campagne de numérisation notamment de la presse. Le 11 mars 1915 le "Parisien" publiait un article qui reprenait le contenu du 2ème rapport de la commission d’enquête :

Le Parisien 11 mars 1915

Deuxième rapport officiel sur les atrocités  Allemandes

Le sort des otages et prisonniers civils

La commission instituée en vue de constater les actes commis par l’ennemi en violation du droit des gens vient de soumettre un deuxième rapport au président du Conseil.

Ce rapport concerne les prisonniers civils renvoyés en France antérieurement au 28 février, et qui ont été interrogés par les commissaires.

Le seul fait, constatent les commissaires d’avoir arraché de leurs foyers tant de paisibles habitants des régions envahies constitue incontestablement une violation du droit des gens. Cet acte est d’autant plus grave que les Allemands, non contents de mettre par une telle mesure des hommes  mobilisables dans l’impossibilité de porter les armes contre eux, ont réduit en captivité un très grand nombre de vieillards, d’enfants et de femmes, dont quelques-unes même étaient enceintes.

Certaines personnes ont été arrêtées sous le prétexte faux qu’un de leurs concitoyens avait tiré sur les troupes allemandes ; d’autres ont été appréhendés sans explication, sur les routes, au milieu des champs ou dans leurs demeures. Beaucoup ont reçu l’ordre de se rassembler dans un lieu déterminé.  A un grand nombre on a fait croire, au moment de les emmener, qu’on allait simplement les conduire dans une commune voisine pour les mettre à l’abri d’une bataille imminente.

Ce qu’il y a de particulièrement révoltant, c’est que l’autorité militaire allemande, en se saisissant au hasard  des gens qui lui tombaient sous la main,  ne se faisait aucun scrupule de séparer les membres d’une même famille et de les envoyer dans des camps différents. De jeunes enfants ont été compris dans d’autres convois que leurs mères, et des femmes ignorent encore ce que sont devenus leurs maris. Ainsi, à Lübeck on a obligé un jour tous les hommes à descendre du train qui les avait amenés jusque là, avec leurs femmes, et on leur a fait rendre aux uns et aux autres des directions différentes. Ainsi encore à Thiaucourt, le 3 septembre,  des soldats qui étaient  venus chercher chez elle la dame André, soi disant pour qu’elle donnât à leur commandant un renseignement dont il avait besoin, l’empêchèrent de prendre avec elle ses enfants, en lui affirmant qu’elle allait revenir : mais aussitôt qu’elle comparut devant l’officier, celui-ci, sans articuler contre elle  aucun grief, se borna à ordonner qu’elle fût expédiée en Allemagne.

Tous les prisonniers étaient d’abord astreints à effectuer à pied un trajet plus ou moins long et plus ou moins pénible, au cours duquel ils passaient les nuits dans un enclos, dans une gare ou dans une église ; puis on les faisait monter dans des wagons à bestiaux pour les transférer en pays allemand. Pendant le voyage, ils ne recevaient généralement aucune nourriture. La plupart d’entre eux ont dû rester ainsi plusieurs jours sans boire ni manger, et beaucoup de  ceux qui ont été enlevés dans le nord de la France auraient pu mourir de faim si, à leur passage en Belgique, des femmes charitables n’étaient parvenues à leur remettre quelques aliments.

QUELQUES EXEMPLES ENTRE MILLE

Le rapport cite ensuite  de nombreux exemples de la brutalité allemande. La plupart d’entre eux ont été signalés par nous- mêmes, mais le rapport leur authentification officielle Il précise notamment dans quelles conditions se produisit l’enlèvement de dix-neuf habitants de Varreddes, dont quatre furent massacrés parce qu’épuisés ils ne pouvaient plus suivre la colonne.

Jourdaine, a été tué à Coulombs. Liévin, âgé de soixante et un ans, a été entraîné dans le cimetière de Chouy (Aisne), où il a été fusillé. Menil,  âgé de soixante-sept ans, a été assommé à coups de crosse, sur le territoire de la même commune. Milliardet, âgé de soixante-dix-huit ans a été fusillé à Chézy-en-Orxois. Il est vraisemblable  que le curé Fossin a subi le même sort. Accusé d’avoir fait du haut de son clocher des signaux à une troupe française. Il a disparu en route, après avoir été roué de coups qui avaient mis sa soutane en lambeaux. Enfin, d’après ce qu’a appris M. Lebel, l ‘un des deux rapatriés, MM. Terre et Vapaille auraient été également mis à mort. On a d’eux aucune nouvelle, non plus que de M. Croix, qui a cessé de suivre le convoi dans les environs de Chouy.

En quatre jours, les survivants n’ont pris que deux repas, l’un à Soissons, qui leur a été apporté par des dames de la Croix-Rouge française, l’autre à Chauny, qui leur a été fourni par des habitants. C’est de cette dernière commune qu’ils ont été embarqués pour l’Allemagne, avec d’autres prisonniers, dans des wagons à bestiaux, où ils ont dû se tenir debout ou accroupis, faute de bancs. Pendant les quatre journées qu’à duré le trajet en chemin de fer, on ne leur a donné qu’une seule fois à manger et ils ont été violemment frappés à coups de bâton, de poing et de manche de couteau.

MM. Woimbée et Fortin, cultivateurs à Lavignéville (Meuse), ont été arrêtés chez eux, sous prétexte qu’ils étaient francs-tireurs : or, Woimbée avait eu un pied cassé, deux mois auparavant, et Fortin, atteint de rhumatismes chroniques, était depuis longtemps dans l’impossibilité de marcher sans le secours d’un bâton. Fortin, qui ne pouvait avancer, fut attaché avec une corde, dont deux cavaliers tinrent les extrémités, et il dut, malgré son infirmité, suivre le pas des chevaux. Comme il tombait à chaque instant, on le frappait avec des lances pour l’obliger à se relever.

A signaler aussi le cas du jeune Miquel (Félix), de Bantheville (Meuse), dont les lèvres furent fendues par un violent coup de sabre ; puis, comme il essayait de se sauver dans un bois, il se heurta à une sentinelle qui, d’un coup de baïonnette, lui enleva une phalange de la main gauche.

Cent quatre -vingt-neuf habitants de Sinceny (Aisne), envoyés à Erfurt, continue le rapport, y sont arrivés après un voyage de quatre-vingt-quatre heures, pendant lequel chacun d’eux n’a reçu qu’un seul morceau de pain d’environ 100 grammes.

Le 10 octobre, une colonne composée d’environ 2000 hommes, qui devaient passer devant un conseil  de révision, se rendait à Gravelines, quand, dans la matinée, elle fut attaquée près du Mesnil (Nord), par des forces allemandes qui ouvrirent sur elle un feu de mitrailleuses à moins de 500 mètres. Le tir eut lieu a deux reprises pendant une heure et demie, faisant de nombreuses victimes. Des hussards se précipitèrent ensuite sur les Français qui s’étaient couchés pour éviter les balles , les firent relever et les emmenèrent, non sans avoir volé à la plupart leur sac de voyage. MM. Maille, de Tourcoing se vit ainsi dépouillé de sa valise, qui contenait une somme de 2 300 francs.

Non moins horrifiante la conduite des Allemands à l’égard des habitants de la commune de Combres (Meuse), conduits sur le flanc d’une colline, où on les fit stationner dans un endroit découvert exposé au feu de notre artillerie et à celui des tirailleurs français, dont on voyait parfaitement les tranchées. Comme, pour se faire reconnaître des nôtres, ils agitaient leurs mouchoirs et leurs chapeaux, l’artillerie ne tarda pas à se taire et l’infanterie ne tira pas.

Emmené à Harteuville, puis à Mars-la-Tour, ils reçurent pour nourriture un baquet contenant des choses infectes parmi lesquelles se trouvaient des morceaux de viande à moitié crue ; et l’on vit les malheureux se jeter sur cette nourriture nauséabonde et la saisir à pleines mains, n’ayant ni gamelles ni cuillers pour la recueillir.

DANS LES CAMPS DE CONCENTRATION

Ils furent transférés au camp de Zwickau.

Nous avons déjà dit comment les prisonniers civils avaient été traités dans les camps de concentration.

Le couchage se composait d’une paillasse, d’une ou deux couvertures par personne, et quelquefois d’un traversin. Les paillasses étaient garnies d’une paille effritée, ou ce qui était le cas le plus fréquent, de copeaux qui, en se tassant sous le poids du corps, devenaient rapidement fort durs ;

Encore ceux qui étaient ainsi traités n’étaient-ils pas les plus malheureux, car les prisonniers de Parchim, pendant trois mois, ceux de Cassel, pendant deux mois, ont comme ceux de Güstrow, couché dans des tentes, sur de la paille étendue à même le sol et pour ainsi dire jamais renouvelée.

Ceux d’Erfurt n’avaient qu’une simple litière comme celle des animaux. Ceux de Quedlinbourg ont passé un mois dans des baraques où l’eau se répandait et où ils n’avaient pour se reposer qu’une paille pourrie étalée sur le plancher. Ceux de Chemnitz ont couché pendant trois mois sur la même  paille, dans l’écurie d’une caserne.

La vermine pullulait dans que l’administration fit rien pour y remédier.

A Landau, cependant, ils ont tenté d’en débarrasser la veuve Minaux, de Beney (Meuse), âgée de quatre-vingt-sept ans. Pour cela, ils n’ont rien trouvé de mieux que de l’inonder de pétrole après l’avoir déshabillée. A la suite de cette opération, la pauvre vieille est tombée gravement malade et elle est morte le 20 janvier.

L’alimentation était à peu près la même partout. Elle se composait au réveil d’une décoction d’orge grillée, sans sucre ; à midi, d’une portion de riz, ou de macaroni ou de betteraves, ou de féveroles, ou de rutabagas ; quelquefois de choucroute dure, plus rarement de pommes de terre écrasées avec la pelure ou de marrons pilés avec l’écorce ; le soir tantôt d’une espèce de soupe faite de matière farineuse délayée dans de l’eau, tantôt de  légumes, comme au repas précédent, ou d’avoine concassée, parfois aussi d’un hareng, généralement gâté, d’un peu de boudin froid ou d’un petit morceau de très mauvais fromage.

Dans la gamelle de midi, on découvrait généralement quelques filaments d’un hachis fait de déchets et d’abats, du pis de vache, des boyaux de porc, de la rate ou du poumon.

De toutes les déclarations recueillies par les commissaires, il résulte que la plupart des prisonniers défaillaient presque d’inanition.

Après la distribution, quand il restait quelque chose, on voyait certains d’entre eux, des soldats principalement,  se ruer aux abords des cuisines ; c’était ce qu’on appelait « aller au rabiot ». Alors les malheureux, bousculés et frappés par les sentinelles, risquaient les mauvais traitements et les injures, pour essayer d’arracher quelques bribes supplémentaires d’une nourriture écœurante. La dame Ravenel, de Véry (Meuse), nous a dit avoir aperçu, à Holzminden, des hommes qui  mourant de faim, ramassaient, pour les dévorer, des têtes de hareng et le marc de la décoction du matin.

Dans certains camps, on ne faisait pas travailler les prisonniers ; dans d’autres au contraire , ils étaient astreints à une besogne plus ou moins pénible. A Altengrabow , on les occupait sur les routes ou dans les champs, et on en mettait à la disposition d’entrepreneurs qui ne leur donnaient aucune rétribution. A Cassel  et à Güstrow, on leur faisait effectuer des travaux de terrassements ; à Wahn, ils manœuvraient des rouleaux à écraser les cailloux et traînaient des chariots. Quand ils ne pouvaient plus travailler, ils étaient privés de gamelle. Le prisonnier qui fournissait un travail jugé insuffisant devait quelquefois exécuter quatre heures de pas de gymnastique entrecoupé de courts arrêts.

LES MAUVAIS TRAITEMENTS

La discipline était différente suivant les lieux d’internement. Elle était en général assez rigoureuse, et des fautes souvent peu graves étaient réprimées par un châtiment humiliant, qui consistait à attacher l’homme puni à un poteau, par le cou, par les mains liées derrière le dos et par les pieds. Cette peine durait ordinairement deux heures, et comme on avait soin de l’appliquer pendant le repas de midi, elle entraînait une privation de nourriture.

A Darmstadt, il y avait un caporal dont la violence et la méchanceté étaient extrêmes. On l’a vu frapper à la tête avec un sabre un prisonnier militaire qui ne l’avait pas saluer. Une autre fois , il a percé de sa baïonnette la poitrine d’un soldat qui lui avait dit que quand on n’a pas à manger on ne doit pas travailler. Le blessé, transporté à l’hôpital y est mort le lendemain.

A Güstrow, Louis Fournier a été frappé d’un coup de baïonnette parce qu’il avait allumé sa pipe étant au travail ; et un sous-officier, en tirant sans motif un coup de revolver sur un groupe, a blessé à la hanche le nommé Boniface. Un jour, à Erfurt, un de nos soldats, ayant involontairement cassé un carreau, a reçu d’une sentinelle un coup de baïonnette à la suite duquel il est mort le lendemain. A Parchim, enfin, deux civils qui demandaient «  du rabiot » ont été si brutalement frappés à coups de crosse qu’ils ont succombé à leurs blessures. Le fils de l’un d’eux, pour avoir essayé de protéger son père, a été mis au poteau huit jours de suite, de midi à deux heures. Dans ce camp, l’un des plus mauvais et des plus durs de toute l’Allemagne, les prisonniers qui ne saluaient pas les sous-officiers ou même les soldats  secrétaires de groupe , recevaient une paire de gifles.

C’est là que M. l’aide-major X… a été interné, après avoir été dévalisé par des Allemands.

Dans la plupart des camps, l’état sanitaire était fort mauvais et la mortalité considérable. On n’y recevait pour ainsi dire pas de soins.

A Holzminden, on y voyait des hommes tomber d’épuisement. Une vieille femme de Saint-Sauveur (Meurthe-et-Moselle), Mme Thirion, y est restée malade, étendue sur sa paillasse pendant trois semaines, sans pouvoir obtenir, malgré ses demandes réitérées, qu’on lui amenât le médecin. Celui-ci est venu seulement le jour où elle est morte.

Cent trente prisonniers civils environ sont décédés à Grafenwohr. « On s’y éteignait comme des bougies car on n’avait plus la force de se tenir sur ses jambes », nous a dit le maire de Montblainville. Tant à Rastadt qu’à Zwickau, vingt-cinq habitants d’Hannonville et treize de Combres  sont morts.

CONCLUSION

M. Payelle et ses collaborateurs concluent en exprimant la tristesse et l’indignation qu’ils ont ressenties en voyant l’état affligeant dans lequel les Allemands ont rendu les otages  qu’ils avaient enlevés de notre territoire, au mépris de tout droits des gens.

Pendant le cours de note enquête nous n’avons cessé d’entendre la toux obsédante qui déchirait les poitrines. Nous avons vu de nombreux jeunes dont la gaieté semblait morte et dont les visages émaciés et pâlis décelaient la tare  physique déjà peut-être irréparable. Aussi la pensée nous venait-elle malgré nous que la scientifique Allemagne, qui se targue si volontiers d’avoir toujours marché à la tête des nations dans la lutte dans la tuberculose semble avoir appliqué son esprit de méthode à préparer dans notre pays la propagation du fléau redoutable qu’elle a si ardemment combattu chez elle.

En terminant les commissaires tiennent à signaler l’immense gratitude que la Suisse à su inspirer aux malheureux rapatriés ; l’accueil si touchant qu’ils ont reçu dès leur arrivée à Schaffhouse ne s’effacera jamais de leur esprit.

Le figaro du 11 mars 1915, "l’homme enchainé"  quotidien du matin dont le rédacteur était Georges Clémenceau  relaye également  la diffusion de ce second rapport.

 

 

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3 Commentaires leave one →
  1. caroline permalink
    12 février 2014 18 h 13 min

    Merci de nous faire partager tes recherches et tes nouvelles sources. Il est important de se souvenir pour que cela ne soit plus.

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