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Charles Vildrac à Montblainville

20 décembre 2009
Montblainville rue des Bois ruines - archives familiales

Montblainville rue des Bois ruines – archives familiales

J’ai croisé deux fois, Charles VILDRAC, au cours de mes recherches généalogiques.

La première fois, j’essayais de comprendre ce qui s’était passé, pendant la première guerre mondiale, à Montblainville, commune de naissance de ma mère. Vous aurez du mal à trouver Montblainville dans les guides touristiques. C’est une petite commune rurale de Lorraine, en plein cœur de la forêt.
Elle est située à 4 kilomètres de Varennes en Argonne, où fut arrêté Louis XVI lors de sa fuite vers la frontière Allemande. Elle a compté jusqu’à plus de 1000 habitants. A l’heure actuelle, ils ne sont plus qu’environ 60 à y vivre.
Montblainville est citée dans la France Pittoresque d’Abel Hugo pour la renommée de ses forges qui livrent au commerce des socs de charrues estimés.
Sa population a été très marquée par le premier conflit mondial. Ce village était pendant la guerre 1914-1918 situé dans la zone de combats.
Après la guerre, Il ne restait plus que des ruines.

Charles VILDRAC a séjourné à Montblainville, juste avant que le village ne soit incendié.
Une cousine m’a transmis un poème de Charles VILDRAC décrivant l’incendie.
Le voici :

MONTBLAINVILLE CHARLES VILDRAC

Maison, maison de Montblainville,
Abri d’une nuit frissonnante
Entre les corps de feu du soir et ceux
de l’aube

Tes habitants étaient partis
Mais la vie en toi persistait
Comme la forme et la chaleur
D’un corps au creux d’un lit.

Contre ton âtre ranimé
Je suis resté blotti des heures
Pendant que les autres dormaient.

Je regardais, je regardais
Chaque objet fidèle à sa place ;
J’imaginais toute une vie
Où je m’étais servi de lui ;

Et j’étreignais de tout mon cœur,
Humble maison de paysan,
Ton vieux bonheur intact encore.

J’avais toujours connu
Tes assiettes sur le mur,
Ta lampe et son abat-jour,
Ton seau de bois et ta huche ;

Et j’écoutais sans m’en lasser le balancier
De la haute horloge sonore
Qui m’assurait avec lenteur
De l’égalité de la nuit.

Maison, maison de Montblainville,
Le lendemain tu flambais toute
Et l’herbe, aujourd’hui, à ta place
Doit recouvrir un éboulis de pierres.

Je pense à ceux qui t’ont perdue
Ceux dont je fus le dernier hôte
Et qu’un autre toit que leur toit
Abrite aujourd’hui quelque part.

Ils ne me connaîtront jamais ;
Et pourtant nous sommes peut-être,
Eux et moi, les seuls au monde
En qui subsiste, ô maison morte,
La douce image de ton cœur

La deuxième fois je ressortais des archives départementales à Créteil, et je profitais de ma visite pour regarder l’exposition consacrée à la création littéraire dans le val de marne « terre d’écriture ».
Jusqu’au 31 janvier 2009, les Archives départementales présentaient une exposition consacrée à la création littéraire dans le Val-de-Marne.
Des documents d’archives, objets et films évoquent les liens qui unissent les auteurs et le territoire dans une scénographie conçue comme une pièce de théâtre.
Une invitation à la (re)lecture du territoire.

La première vitrine qui a attiré mon attention est celle qui présentait des photos et des documents évoquant l’Abbaye de Créteil. Parmi les fondateurs de l’Abbaye figure Charles VILDRAC. Les autres abbés qui l’entourent sont René Arcos, Henri-Martin Barzun, Georges Duhamel, Albert Gleizes et
Alexandre Mercereau.

C’était ma deuxième rencontre avec Charles VILDRAC .

Extrait du catalogue de l’exposition :

Charles Messager dit Vildrac (1882-1971) : dès l’adolescence, il commence à publier des poésies. En 1901, il rencontre Georges Duhamel dont il épouse la sœur quatre ans plus tard. Il fonde alors une revue artistique et littéraire. En 1903, il se lie d’amitié avec le peintre Albert Gleizes. En 1906, il publie Images et mirages, mise en vers de ce qu’il vit à l’Abbaye. Après le conflit de 1914, il se lance dans le théâtre puis les livres pour la jeunesse. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa participation à la publication clandestine des Lettres françaises lui vaut un emprisonnement à Fresnes en 1943. En 1963, il reçoit le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française.
Si vous souhaitez en apprendre plus sur lui, sur l’histoire de l’Abbaye de Créteil et sur ses occupants :
http://www.duhamel-abbaye-de-creteil.com/presentation/presentation1.html

Poésie sur Seine

Ville de Créteil carnet de voyages n°6

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4 commentaires leave one →
  1. 21 décembre 2009 10 h 22 min

    Le poème de Charles VILDRAC est extrait des « Chants du désespéré » édité chez Gallimard en 1921

  2. 7 février 2010 4 h 39 min

    Hey, I read a lot of blogs on a daily basis and for the most part, people lack substance but, I just wanted to make a quick comment to say GREAT blog!…..I »ll be checking in on a regularly now….Keep up the good work! 🙂

Trackbacks

  1. Grégoire LOPEZ – Lucien JACQUES « Histoire de famille
  2. Le sort des populations civiles de Montblainville 1914 – 1918 « Histoire de famille

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