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Noël en Argonne

23 décembre 2009

Pour Noël, je vous propose un extrait des « Contes Rustiques et Folklore de l’Argonne » de l’Abbé Louis LALLEMENT ». A la fin de l’article vous trouverez un petit lexique. Je n’ai pas réussi, à savoir ce qu’étaient les faverolles, les cheminons, ni ce que signifiait le verbe reciner malgré le dictionnaire Champenois et Ardennais de LEXILOGOS
http://www.lexilogos.com/champenois_langue_dictionnaires.htm
Les Avents et Noël
Aux avent et pendant la veillée de Noël on chantait de ces beaux noëls rustiques groupées dans le recueil si intéressant de Mr l’abbé Janel , supérieur de l’Institution Saint-Etienne à Chalons. On chantait surtout le noël du doyenné de l’abbé Hérisson et naoué de Moiremont.
Avant de commencer la veillée de Noël on plaçait dans l’âtre une énorme hoche mise en réserve pour ce jour là. Le grand’père ou la maîtresse de maison l’aspergeait d’eau bénite. Au cours de la soirée, chacun devait tant soit peu gratter la hoche afin d’être préservé de la gale pendant toute l’année. On mangeait des faverolles à l’huile, on lisait quelque pieuse légende, on jouait aux cartes, aux devinettes, au loto, on soufflait le charbon. Ce divertissement si simple égayait toute la maisonnée. On attachait à la haise un long fil à l’extrémité duquel on fixait à l’aide d’une épingle un charbon ardent. On formait alors le cercle autour de ce charbon qui se trouvait à la hauteur des visages et on soufflait dessus de façon à l’envoyer au nez de son vis-à-vis. Lorsqu’un visage était touché, c’était une explosion de rire dont quelque malin profitait.
Entre le premier et deuxième coup de la messe on balayait l’âtre et l’on y jetait quelques grains de blé que la chaleur du foyer faisait sauter. Plus haut sautaient les grains, plus le blé serait cher ; heureux quand ils sautaient à moyenne hauteur.
Puis on mettait les enfants à la chapelle blanche, leur assurant que Jésus descendrait par la cheminée et déposerait dans les sabots quelque gâterie, en échange du petit plat de bouillie que l’on mettait près des cheminons pour le divin Enfant. Naguère encore, à Sainte-Ménehould, la veille de Noël, les enfants parcouraient les rues de la ville et s’arrêtaient à la porte de tous les épiciers, en criant :
Noël, Noël
Ma p’tite chandelle.
Ils recevaient chacun une toute petite chandelle qu’ils s’efforçaient de tenir allumée. Cette coutume a disparue.
Au dernier coup de la messe, tout le monde se rendait joyeux à l’église et pendant l’office quelques hommes, désignés à l’avance et munis d’une hallebarde, gardaient le village. Cette coutume de garder le village pendant la messe fut en vigueur jusqu’à la suite du second empire.
A la messe de minuit le pain était habituellement présenté par les bergers drapés dans leur grand manteau, tenant à la main leur houlette enrubannée. L’un d’eux portait même sur son bras un petit agneau qui bêlait toujours (cela se conçoit !) au moment où le berger embrassait la patène.
Après la messe on recinait en famille et le menu, pour être abondant et copieux n’était pas recherché : boudin et charbonnée était les plats de résistance.
Innom, innom, j’sù arraillie
V’là noù vach’ qui sont taries
Et noù poume agealeë ?
Fouchtre ! tu v’la bin’ anoyie,
Tii bon, la n’charbouneïe !
(Naoué de Moiremont, Echos Rustiques)

Lexique :
Agealè : gelé
Anoyie : ennuyer
Charbouneïe : porc frais
La haise : le clayon ou claie d’osier suspendue au planchier c’est-à-dire au plafond de la chambre.
Hoche : bûche
Poume : pomme

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6 commentaires leave one →
  1. Dominique Lacorde permalink
    23 décembre 2009 15 h 18 min

    féverole prononcé faverolle en patois
    n.f. féverole
    Fève d’une variété à petit grain, utilisée dans l’alimentation du bétail

  2. RADIERE permalink
    15 janvier 2010 16 h 38 min

    Bonsoir Dominique,
    Grâce à Michel GODARD, j’ai pu découvrir le blog de Mme BAUGILLOT.
    Tu ne sais pas ce que le mot reciner veut dire !
    C’est manger à nouveau, tardivement, après une fête quelconque (fête du village ou NOEL).
    Espérant d’avoir donné un petit coup de pouce… reçois mes amitiés.
    Patrick

  3. 15 janvier 2010 22 h 27 min

    Merci, Dominique et Patrick pour vos commentaires. Il me reste « les cheminons » ?

    • Dominique Lacorde permalink
      16 janvier 2010 16 h 55 min

      « Les cheminons » je vais me renseigner et demander à mon ami Jean Lanher spécialiste du patois meusien. Mes amitiés à tous.

  4. Dominique Lacorde permalink
    18 janvier 2010 8 h 31 min

    Eureka !!! mon ami Jean m’ a donné la signification de « cheminons » : ce sont les chenets (cheminons : tout ce qui a rapport à la cheminée). Dans le 51 on dit « cheminons », dans le 55 on dit « chemnons » ou « chumnons ».
    Pour « féverolles » : les chevaux adoraient la farine de féverolles et les habitants mangeaient même de la « soupe aux faverolles ».
    Mes amitiés argonnaises

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