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victimes civiles Montblainville (5) Grafenwohr témoignages

22 janvier 2010

LA VIE A GRAFENWOHR

Hector POILBLANC  témoigne, dans le procès verbal inclus dans le livre Les rapatriés de Mlle Chaptal, des conditions de vie des civils à Grafenwohr :

Couchés sur de la paille jamais renouvelée, les déportés souffrent de la faim dans des baraquements surpeuplés, non chauffés.

Augustin GAVARD, est l’un des derniers rescapés de Grafenwohr, originaire de Montfaucon. Dans le livre d’Alcide LERICHE dans « En parcourant l’Argonne », il  racontait  les  quatre années qu’il a passé comme prisonnier civil dans ce camp.

Le 17 septembre 1914, les hommes valides sont réunis par les occupants, sur la place de l’Eglise. Ils traversent, Nantillois, Brieulles, Doulcon, et Dun sur Meuse. A chaque village, les prisonniers civils sont plus nombreux.  A Montmédy, comme les hommes de Montblainville, ils sont embarqués dans des wagons à bestiaux. Un trajet de trois jours, sans pratiquement de nourriture qui les conduit,  en Bavière , à Grafenwohr .

En 1916, ils sont répartis dans des fermes ou des usines pour travailler.  Ceux qui ont survécu, rentrent pour trouver leurs villages en ruines le 25 novembre 1918.

Un autre témoignage d’un militaire qui a séjourné à Grafenwohr.

C’est un extrait de « La France au-dessus de tout »

Lettres de combattants rassemblées et précédées d’une  introduction par Raoul NARSY  Rédacteur au Journal des Débats.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57092628.r=raoul+narsy.langFR#

Prisonniers au camp de Grafenwohr

« Ma vie ici ? Très calme et trop monotone. Lever à 5 heures ; au sortir de la paille, on va boire son café et toucher son morceau de fromage ou de charcuterie pour le repas de midi. Puis suivant les jours, on reste au camp, ou l’on part en corvée, pour scier des arbres, arracher des racines, empierrer des routes ou dessécher des marécages. En ma qualité de sous-officier, j’ai à surveiller le travail. Retour au camp vers 4 heures, et immédiatement souper. Menu invariable : soupe, quelques pommes de terre bouillies et un peu de viande de porc. On va se coucher à la tombée de la nuit.

Les loisirs ne nous manquent pas. Pour les occuper et, du même coup, aider à la fuite du temps, j’ai entrepris d’apprendre la langue de Goethe et de Schiller ; j’ai pu me procurer une méthode assez pratique et je complète l’étude théorique par des essais de conversation avec les uns ou les autres.

Les causeries occupent aussi de longs instants de nos journées.

Si absorbante soit l’étude, si longues les causeries, il reste encore assez de temps à la pensée pour se reporter vers la France, dont nous ignorons la situation exacte et vers la famille dont nous attentons avec impatience des nouvelles. Je vous suis à peu près jour par jour, heure par heure.

Il est l’heure où d’habitude nous nous réunissons dans la chapelle de la Blaquière pour le petit exercice de l’après midi ; je quitte mon crayon pour m’unir mentalement à vous. A Dieu. »

La Toussaint. Triste journée de fête que celle d’aujourd’hui ! A mille kilomètres de la famille, sans nouvelles depuis deux mois et demi, incertains sur la durée de cette captivité qui va devenir plus pénible à mesure que l’hiver avancera ….tout cela n’est pas gai !

Une consolation nous a été accordée. Ce matin, à 8h 30 on a rassemblé tous les prisonniers du camp. 10000 hommes environ, devant le petit cimetière français où sont enterrés nos frères d’armes morts en captivité et qui compte déjà deux cents tombes. Et là, dans le cadre que nous faisaient les grandes forêts sombres de Bavière, la messe a été dite en plein air, par un prêtre français prisonnier, avec chants liturgiques et cantiques ! Après l’Evangile, sermon ; puis défilé par quatre …

(Cité par la Semaine religieuse d’Aix.)

Ces trois récits relatent, bien la déportation des Meusiens et ce qu’ils ont enduré à Grafenwohr. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à me les communiquer.

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