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Montblainville extrait Bulletin Meusien 6 mai 1915

14 août 2010

Les archives de la Meuse ont mis en ligne dernièrement des journaux dont les « Bulletins Meusiens ».
Ce journal a été créé à Paris en décembre 1914, pour les 90000 Meusiens qui ont du fuir le département.
En le feuilletant j’ai trouvé ce texte rédigé par un Argonnais et publié le jeudi 6 mai 1915. Une ligne du texte n’est pas lisible dans la pliure du journal.

Les cartes postales de Montblainville après la guerre nous ont déjà permis de nous rendre compte de la violence des combats, mais ce témoignage écrit nous donne des détails sur le déroulement des opérations.

MONTBLAINVILLE :

La lutte en Argonne

C’est un des points de résistance de l’ennemi qui, par ses batteries installées dans le cimetière, canonne nos positions de Vauquois, placées à 6 kilomètres, au sud-est. Bien que d’une altitude moindre que Montfaucon et Vauquois, la colline de Montblainville est une station stratégique importante, située qu’elle est en face de l’intersection des vallées de la Buanthe et de l’Aire. Les chemins en éventail qui se concentrent dans cette commune communiquent avec Varennes par les passages de la Forge et la Tuilerie et avec Binarville par la Grande Chevauchée de la forêt voisine de la Grurie. Les deux grandes rues parallèles qui coupent la ……… cien château. De là, par une pente douce, on descend vers les aciéries d’Apremont, distantes d’environ 2 kilomètres, envahies par les Allemands dès le commencement de septembre, et occupées par les hommes de la landwehr depuis le mois de février. Jusqu’à cette date, ils avaient été employés à des travaux de route dans les régions de Châtel et Charpentry.
Le plateau de Montblainville avoisine la forêt, avec laquelle il communique au sud par le chemin de Bel-Air et des Escomportes ; à l’ouest par les ravins de Fontaine-Madame, Fontaine-aux-Mortiers, Fontaine-la-Mitte ; à peu de distance est la Barricade, bordée par le ruisseau des Meurissons, affluent de la Biesme, qui, après avoir traversé Vienne-le-Château, se jette dans l’Aisne, non loin du célèbre champ de bataille de Massiges, au nord de Valmy.
Les trois mille hectares de belles futaies et taillis continuent à être exploitées par les boches : ils y ont creusé de vastes tranchées formées en première ligne d’éléments placés bout à bout et occupées par une compagnie. A 15 ou 20 mètres en avant des tranchées, sont des postes d’écoutes en arrière des abris très retranchés de ces tranchées ;
A 150 mètres plus loin, les tranchées de deuxième ligne sont destinées aux compagnies de réserve. Chaque compagnie fournit un peloton de service et un peloton de soutien dans les abris contigus.
A 500 mètres derrière la ligne de feu se trouvent, près de l’état-major du régiment, des renforts mobiles, disposés de façon à pouvoir se porter facilement au secours des combattants placés dans la première tranchée de tir.
Au moment où luttent ces divers éléments, des détonations formidables déchirent le tympan ; des masses de terre sont projetées dans toutes les directions, à des hauteurs et à des distances kolossales (colossales). Les arbres ont perdu presque toutes leurs branches : la mitraille les a hachées.
La forêt de la Grurie, communément appelée le bois de la Tuerie, est une image terrestre de l’Enfer. Après la guerre, ce sera un lieu de pèlerinage national, quand un monument y aura été élevé, à la mémoire des braves morts au champ d’honneur, pour la défense et le salut de la Patrie.

Un Argonnais

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