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Le cimetière de Grafenwohr

21 juin 2011

Je vous ai parlé à plusieurs reprises de la déportation des civils meusiens, des camps de Grafenwohr, Traunstein, du rapatriement de ces civils. Malgré toutes mes recherches sur le sujet, les photos et cartes postales  du camp, je me demandais comment se passait l’inhumation des malheureuses victimes.

MESSE POUR LES MORTS RUSSE

MESSE POUR LES MORTS RUSSE (Collection Philippe ADDE)

En parcourant la presse meusienne, je suis tombée par hasard sur un article du 21 novembre 1915 publié dans la Croix Meusienne. Cet article répond à plusieurs de mes interrogations.

LA CROIX MEUSIENNE 21 Novembre 1915 (Source archives départementales de la Meuse)

Le cimetière des prisonniers à Grafenwoehr (Bavière)

Le camp de prisonniers de Grafenwöhr a un cimetière, coin de terre française sur le sol bavarois, tristement cher à ceux qui y rendirent les derniers devoirs à d’infortunés camarades, précieux à leur souvenir ; car il restera sans doute le seul vestige extérieur de leur captivité.

C’est un champ de sable de 100 mètres de long sur moitié de large, encadré de pins, où chaque défunt a son tumulus, bordé de gazon et planté d’une croix de bois à son nom. Tout est l’œuvre des prisonniers. Ils ont obtenu qu’un groupe d’entre eux fût affecté d’une façon permanente à ce travail. Les tombes, minutieusement entretenues par eux, s’alignent en rangs pressés avec, çà et là, une modeste couronne offerte par des cotisations de camarades .

Leur nombre, trop grand, hélas ! atteste les rigueurs d’une longue captivité. A la fin de juillet dernier, elles cachaient déjà sous leur sable environ 500 Français et 120 Russes. Parmi les Français, se trouvent 140 civils, enlevés pour la plupart dans les villages du nord de la Meuse et des Ardennes. J’ai lu avec émotion, moi Meusien, les noms de Montblainville, Etraye, Azannes, Dannevoux, et d’autres qui m’échappent.
Quelques-uns de ces prisonniers civils étaient usés par l’âge ; mais combien gisent là, qui étaient  jeunes encore qui moururent minés par le chagrin, rongés par la vermine, exténués par les privations !

Le curé du bourg voisin vient, à jours fixes, faire les enterrements. Les défunts on été déposés au cimetière même, dans une baraque provisoire, aussitôt le décès constaté.

Là a lieu la cérémonie de la levée des corps.

Puis le prêtre chante l’absoute au bord des tombes ; et les cadavres sont inhumés, couchés parfois dans des cercueils de sapin, mais le plus souvent simplement cousus dans une toile grossière.

La cérémonie se termine par une prière en français, récitée en commun par les prisonniers chargés de l’inhumation et de l’entretien du cimetière. C’est, à de rares exceptions près, la seule assistance permise par la Kommandantur.

Pour perpétuer la mémoire de leurs camarades morts en terre allemande, les prisonniers de Grafenwöhr ont érigé sur le rond-point du cimetière un monument qui est l’œuvre de trois d’entre eux : les architectes Gillon et Perrin, le statuaire Stoll.

C’est un bloc de granit de 2m 80 de haut et pesant 25 tonnes, qui a été extrait à 80 kil. Du camp et mis en place par les prisonniers. Le ciseau de l’artiste en a tiré un gladiateur puissant qui sent sa force momentanément vaincue, mais non brisée, et qu’anime le désir et l’espoir de la revanche. Sur le socle, deux mots : Pro patria, mettent en relief le patriotisme de l’œuvre de Stoll, cet engagé volontaire trois fois blessé, nommé sergent sur le champ de bataille.

Qu’ils dorment en paix nos morts de Grafenwöhr ! Le granit rappellera leur souvenir et plus précieuse pour eux, la croix qui veille sur leurs tombes lointaines nous fait espérer qu’ils ont obtenu la récompense que Dieu donne au devoir chrétiennement accompli, et à la souffrance courageusement supportée.

Une partie des victimes de Grafenwohr ont été rapatriés à la Nécropole de SARREBOURG en 1928 dont trois habitants de Montblainville :

Prosper LABAUDE, le 6 octobre 1914 tombe 8957

Albert JOSEPH, le 27 décembre 1914 tombe 9371

et Paul DAPPE, le 13 février 1915 tombe 8941.

Les corps de Charles DIDELON, décédé le 14 décembre 1914, François BOUE décédé le 14 octobre 1914 et Joseph MARTIN décédé le 6 octobre 1914 sont-ils restés en Bavière ?  La statue réalisée par Freddy Stoll  est maintenant à l’entrée du cimetière de Sarrebourg.

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16 commentaires leave one →
  1. Dietrichj Gibier permalink
    18 juillet 2011 19 h 21 min

    Bonjour : je suis en train de travailler sur la généalogie des descendants de Joseph LEMOINE et j’en ai un qui est décédé le 31 octobre 1915 à Grafenwohr :

    Eugène Bernard MAZELIN né le 13 juillet 1889 à Ménillot (54) fils de Pierre anatole Mazelin et Elisabeth Noirel de Létricourt (54).

    Est-il possible de retrouver son numéro de tombe ?

    Cordialement.
    GDG

    • 19 juillet 2011 18 h 23 min

      Bonjour,
      Je n’ai pas trouvé le nom d’Eugène MAZELIN dans la liste des victimes civiles du dossier F23 des archives nationales. Je viens de regarder la base mémorial genweb sa fiche est disponible sur le lien suivant :
      http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/complement.php?table=bp04&id=1160710
      Il est indiqué : Autres informations : au 170e R.I. – Mort des suites de blessure de guerre dans un hôpital allemand (prisonnier) – Né le 13/07/1889 à Choloy – corps restitué à la famille
      Sources : 21/01/2006 – Dominique AUGUSTIN.
      Je vous suggère soit de contacter francegenweb, soit d’essayer d’obtenir l’état de ses services militaires qui vous donnera plus d’informations.
      Une partie des corps des prisonniers décédés à Grafenwohr ont été transférés à la nécropole de Sarrebourg.
      Pas de tombe MAZELIN dans les relevés effectués par Yannick BEAUDOUIN.
      Bonnes recherches
      Michèle

  2. BOURCIER permalink
    27 juillet 2011 14 h 56 min

    Bonjour,
    pouvez m’aider à retrouver trace du décès de mon arrière grand oncle Louis Henri GORLIER, chasseur Alpin au 27e BACP, né à Aiguilles dans les Hautes-Alpes (05) le 22 aout 1888, blessé le 20 aout 1914 du coté de Dieuze juste avant la bataille de Morhange (son bataillon perd la moitié de ses hommes en 2 jours) et dont la dernière trace est une photo de lui soldat sans doute au moment de son incorporation n° 1395, qu’il envoie le 14 juil 1915 à ma famille et annotée « Grafenwöhr, à ma chère sœur Louise et à mon cher Beau-frère Julot, en souvenir de l’année terrible… « .
    La tradition orale dans la famille veut qu’il soit décédé dans ce camp de GRAFENWOHR du typhus… Mais en réalité nous ne savons rien et il n’apparait donc pas sur le monument aux morts du Queyras au coté de ses deux frères…
    Merci de votre aide.
    Bien cordialement.
    François

    • 27 juillet 2011 18 h 42 min

      Bonjour,
      Les listes de victimes contenues dans le dossier F23/6 sont apparemment des victimes civiles. J’ai quand même vérifié, votre arrière grand oncle n’y figure pas.
      J’ai également vérifié sur le site mémorialgenweb, s’il faisait partie des victimes rapatriées à Sarrebourg. C’est aussi négatif.
      J’ai l’impression que vous avez déjà beaucoup recherché.
      Avez-vous demandé l’état de ses services militaires ? Consulté le JMO du 27 ème BACP, l’historique du régiment ?
      Cordialement
      Michèle

      • BOURCIER permalink
        30 juillet 2011 10 h 10 min

        Bonjour,
        Je vous remercie de votre réponse. J’ai effectivement déjà cherché par le passé. Les rchives départementales de Gap m’ont renvoyés vers celles de Marseille, où il faut que je me déplace pour ses états de service, rien ne peut se faire par mail.

        Concernant le JMO, j’avais du le voir car il donne des informations que je détenais déjà. Louis GORLIER ne devait pas être gradé et le 20 aout, jour de sa blessure et peut-être capture, 759 hommes du 27e bataillon de chasseurs sont morts ou blessés bref disparus, sans que le journal ne puisse en dresser la liste nominative…

        Il n’y a que le site Généalogie.com où il apparait comme prisonnier, mais je ne possède pas les droits d’inscriptions… J’ai parcouru la Gazette des Ardennes mais pour le moment sans succes…

        Mais bon je ne désespère pas… Encore merci. Francois

      • 30 juillet 2011 14 h 00 min

        La veille de votre message, je suis allée aux archives nationales de Fontainebleau. J’y ai consulté les livres d’or des morts pour la France.
        http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/caran/livres-dor.pdf
        En ce qui concerne Montblainville, j’ai fait un rapprochement avec la liste des victimes figurant sur le monument aux morts et la liste nominative des militaires et disparus. J’ai été étonnée de trouver un natif de Montblainville dont je n’avais pas connaissance. Sur cette liste également des infos complémentaires sur un autre décès.
        Où habitez-vous ? J’ai l’intention d’y retourner, mais pas dans l’immédiat.
        Sur leur fiche les archives de Fontainebleau proposent une recherche en ligne sous forme de copie. Actuellement ils sont un peu débordés.
        Par ailleurs, les Archives nationales conservent également les registres d’état-civil des régiments et
        des hôpitaux militaires de la Première Guerre mondiale.
        http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/caran/regiments-fiche-105.pdf
        Lors de ma visite j’ai essayé de voir comment cela fonctionnait. On ne peut avoir accès à la cote qu’en allant à Fontainebleau. Il faut donc avoir du temps.
        Si je retourne à Fontainebleau, je vous fais signe.
        Cordialement
        Michèle

  3. F BOURCIER permalink
    31 juillet 2011 11 h 13 min

    Merci encore.
    C’est vrai que je suis un peu loin. Actuellement à Gap et je déménage sur Toulon les jours prochains.
    Une autre information: le seul monument où son nom soit inscrit avec ses frères est dans l’enceinte du stade Mayol à Toulon, à la mémoire de tous les morts de l’équipe du RCT dont il a été le 1er capitaine en 1908, alors qu’il faisait se études de pharmacie. Ses frères et lui avaient fondé à cette époque ce fameux club de rugby !
    Cordialement.
    François

  4. Bourcier F permalink
    4 mars 2012 13 h 26 min

    J’ai enfin retrouvé le registre matricule de mon arrière grand oncle Louis Gorlier. Il n’est pas mort dans le camp de grafenwöhr mais y a survécu durant plus de 4 ans… Il a été rapatrié à Toulon en décembre 1918 et meurt 2 ans après des suites du Typhus, sans doute contracté au camp, à l’âge de 32 ans, ce qui explique sa présence sur la stelle du stade Mayol aux morts du RCT.
    F Bourcier

    • 4 mars 2012 21 h 05 min

      Merci de m’avoir tenue au courant de vos recherches. Je ne vous ai pas été d’un grand secours. Je suis ravie que vos recherches aient abouti.Cordialement. Michèle

  5. Eliane ESCOT permalink
    23 septembre 2013 16 h 13 min

    bonjour

    Je possède quelques photos de mon grand père LEOPOLD BEFORT; prisonnier en 14/18
    dont certaines de la construction de la statue du cimetière de Grafenwoehr,
    J’ai également une série de photos de prisonnier mais ceux ci ne sont pas identifiés
    Je peux les scanner pour les mettre à votre disposition
    Cordialement

    Eliane

    • 23 septembre 2013 16 h 42 min

      Je suis preneuse. Si vous êtes d’accord, je les ajouterais sur le blog. Merci

    • barris Jean-Daniel permalink
      24 septembre 2015 9 h 47 min

      j’ai un 50 photo de grafenwohr ou mon grand père était prisonnier 14 à 18 avec des noms dont Barris Daniel mon grand père 43 de gauche à droite Louis Henri Chimiste à bar le Duc – Gantenier agent assurance à Lille
      Thiard adrien professuer collége de Chalon sur Saone -Sellon 141° infanterie Marseille
      Georgel ajt 146 d’infanterie à Toul – Regnier Sergent major 69 ° Régiment infanterie à Nancy
      Daniel Barris
      43 de gauche à droite Louis Henri Chimiste à bar le Duc – Pantenier Louis agent assurance à Lille
      Thiard adrien professuer collége de Chalon sur Saone -Sellon Victor 141° infanterie Marseille
      Georgel ajt 146 d’infanterie à Toul – Regnier Sergent major 69 ° Régiment infanterie à Nancy
      Daniel Barris
      44 Daniel bdx -Birobeau Charebte – Porcher Paris – Cavalier Marseille – Delaunay Blois –
      Zacharie Russie -Choujeau Paris – Derext Paris
      45 garf vue d’un ballon reçu 18/1/1915
      ect
      je peux vous en faire parvenir
      cordialement
      JD Barris

  6. Jeam Paul Dazy permalink
    26 août 2014 20 h 47 min

    mon grand pere Albert Dazy et mort semble t’il au camp deGrafenwohr il avait 35 ans avez vous des information Jean Paul Dazy 32 rue jacques prevert 33140 mail dazy.jeanpaul@neuf.fr

    • 29 août 2014 10 h 54 min

      J’ai un décès à Grafenwohr d’Albert Dazy le 20/11/1914. Il serait né à Cléry le petit dans la Meuse. Je vous adresse les photos des documents sur votre boite mail.

      • 24 septembre 2015 10 h 43 min

        Bonjour, Je vous remercie, c’est très gentil. Cela complétera mes informations.Encore merci
        Cordialement
        ELIANE ESCOT

        e.escot1@free.fr

      • 24 septembre 2015 12 h 05 min

        Bonjour Eliane,
        De mon côté, j’ai également répondu à Jean Daniel. Je lui ai proposé de mettre la photo sur le blog avec la liste des noms des personnes identifiées. Ravie de voir que vous continuez à suivre mon blog.
        Cordialement
        Michèle

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