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Epidémie de Choléra à Montblainville et dans la Meuse 1849

29 décembre 2011

Je reviendrais en cette fin d’année sur Louis Hyacinthe MABILLE. Je m’interroge toujours sur ce qui a pu le mener de Montblainville jusqu’à l’Île du Pin  où il a été déporté pour avoir participé aux évènements de la Commune de Paris. La vie a été certainement, pour lui une avalanche de malheurs.  La perte de trois enfants en bas âge ? Je ne pense pas, c’était courant à l’époque. J’ai essayé de retracer ses déplacements pour en savoir plus.

Né à Montblainville il s’y marie,  à cette époque il est commis roulant dans une maison de commerce. Ses enfants sauf la dernière de ses filles (née en 1851) sont nés à Varennes où il est marchand épicier.

Son frère Charles Symphor est brasseur à Malancourt. En janvier 1849 on publie les bans de son mariage avec Judith LAURENT. Pas de trace de mariage, il  est décédé, célibataire,  en Août 1849 chez Louis Hyacinthe à Varennes, à l’âge de 25 ans. L’acte de décès ne donne pas d’indication sur le motif de ce décès.

J’ai recherché dans les journaux de l’époque  la raison du décès de Charles Symphor. A-t-il eu un accident ? Plusieurs articles de l’écho de l’est évoquaient en 1849, une épidémie de choléra.

Il y a déjà quelques années au cours de mes recherches sur la famille LALOUETTE avec Michèle S, notre attention avait déjà été attirée par les décès d’un couple et d’une de leurs filles  en 1849.  Les décès  avaient été constatés dans un hôpital temporaire, ce qui laissait supposer qu’ils avaient été victimes de l’épidémie de choléra qui sévissait à Chalons sur Marne cette année là.

A l’aide de l’état civil en ligne sur le site des archives départementales (cantons de Clermont, de Montfaucon et Varennes), et d’ouvrages mis en ligne sur Gallica, j’ai cherché des informations complémentaires sur l’épidémie dans la Meuse.

Les tables de décennales sont très parlantes. Les communes les plus touchées sont  :

Pour le canton de Varennes, Avocourt, Boureuilles, Charpentry, Cheppy, Lachalade, Montblainville, et Very.

Dans le canton de Montfaucon, Romagne sous Montfaucon et Sivry sur Meuse. Une augmentation également des décès à Bantheville, Cunel, Epinonville, Montfaucon.

Dans celui de Clermont, Brabant en Argonne, Clermont en Argonne, Froidos, Futeau, Les Islettes, Rarécourt .

Communes canton de Varennes en Argonne 1848 1849 1850
Avocourt 24 52 18
Baulny  6 24  5
Boureuilles 17 56 20
Charpentry  1 24  0
Cheppy  8 43 14
Esnes   en Argonne 18 12 22
Lachalade 10 73 11
Malancourt 36 33 29
Montblainville 13 93 11
Varennes   en Argonne 41 56 27
Vauquois  4  8  4
Very 10 49 11
Communes canton de Montfaucon 1848 1849 1850
Bantheville 13 36  9
Brabant   sur Meuse  5  8  6
Cierges   sur Meuse  6  5  4
Consenvoye 20  9 17
Cuisy 20  9 18
Cunel  3 22  2
Dannevoux 19 17 23
Epinonville  6 15  1
Forges   sur Meuse 20 19 16
Gercourt   Drillancourt 20 14 10
Gesnes   en Argonne 3 13 10
Montfaucon 23 37 21
Nantillois  3  5  6
Regnéville   sur Meuse  7  7  2
Romagne   sous Montfaucon 18 78  6
Septsarges  5 12  7
Sivry   sur Meuse 16 64 15
Communes canton de Clermont en Argonne 1848 1849 1850
Aubréville 29 29 18
Brabant en Argonne  4 18  5
Brocourt en Argonne  1  4  6
Le Claon  7 3  1
Clermont en Argonne 40 107 19
Dombasle en Argonne 11 10  5
Froidos  8 16  7
Futeau 18 57 18
Les Islettes 16 88 19
Jouy devant Dombasle  8  9  4
Le Neufour  2  4  4
Neuvilly en Argonne  9 18 19
Rarécourt 17 82 18
Récicourt 12 18 23

Dans Gallica les traités de M. MADIN, Médecin des épidémies de l’arrondissement de Verdun « considérations sur la nature et le traitement du choléra et de la suette » (1850 – 1851 – 1854) une notice statistique sur la propagation de l’épidémie dans l’arrondissement de Verdun.

Tableau des communes envahies-Source Gallica

Tableau des communes envahies-Source Gallica

900 victimes dans l’arrondissement de Verdun. La mortalité dans les cantons de Clermont et de Varennes a été considérable.

Le 21 août 1849 l’adjoint au  Maire de Montblainville, Mr MALOT, remercie ceux qui par leur dévouement ont aidé à combattre l’épidémie :

ECHO DE L EST JANVIER  1849 VUE 23 55 Archives départementales de la Meuse

ECHO DE L EST JANVIER 1849 VUE 23 55 Archives départementales de la Meuse

transcription :

ECHO DE L’EST JANVIER 1849 vue 23/55 achives départementales de la Meuse

Correspondance

Montblainville, le 17 août 1849

Le maire de la commune de Montblainville à Monsieur le Rédacteur de l’Echo de l’Est.

Monsieur le Rédacteur,

Depuis que le choléra sévit dans notre commune avec une si terrible intensité, nous avons été témoins d’actes de dévoûment si sublimes, que nous nous trouverions   coupables de la plus noire ingratitude, si nous ne donnions à leurs auteurs un témoignage public et  éclatant de notre reconnaissance. A notre digne pasteur, qui a failli succomber victime de son décoûment, ont  succédé MM. Thirion, curé de Cheppy, et Salmon, curé de Maucourt, qui, jour et nuit, ont donné aux malades de Montblainville et de Baulny non seulement les secours spirituels, mais encore les secours temporels en leur pouvoir. Maintenant le ministère de consolation et de soulagement est dignement continué par M. Didelot, prêtre de Benoite-Vaux , envoyé ici par monseigneur l’évêque de Verdun.

Que dire aussi de ces bonnes sœurs arrivées ici comme des anges de consolation. Que de misères secourues ! Que de souffrances adoucies ! Jour et nuit elles affrontent tous les dangers pour consoler et soulager les malades. Devant tant de vertus, devant un si grand devoûment , on se tait et on admire.

Nous devons encore des éloges bien mérités au zèle de M. Canneaux-Camus et du jeune docteur XXX, de Varennes, qui à toute heure et toujours, ont prodigué aux malades les secours de leur art.

Veuillez, Monsieur le Rédacteur, ouvrir à cette lettre les colonnes de votre estimable journal, et qu’elle soit  un témoignage éclatant de reconnaissance rendu au dévoûment et à l’héroïsme de la charité chrétienne.

Agréer, Monsieur le Rédacteur, l’expression sincère de mes sentiments  affectueux :

Pour le Maire : l’Adjoint , MALOT

Compte tenu de son âge et du fait que Charles  Symphor MABILLE projetais de se marier, il est fort probable qu’il ait fait partie des victimes de l’épidémie.

Je n’en sais toujours pas plus sur les raisons qui ont conduit Louis Hyacinthe MABILLE à Paris. Certainement la quête de travail et l’espoir d’une vie meilleure,  je vais poursuivre mon enquête.

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2 commentaires leave one →
  1. caroline55 permalink
    29 décembre 2011 18 h 17 min

    Toujours passionnantes tes enquêtes Michèle, on attend la suite au sujet du sieur Mabille, n’aurait-il pas eu quelqu’un de sa parentèle qu’il aurait rejoint à Paris ? Suite au prochain épisode….;)))

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  1. Epidémie de choléra en Meuse « Histoire de famille

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