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Les réfugiés, rapatriés du Nord et de l’Est de la France en Hautes-Pyrénées.  

17 juillet 2015

La guerre 1914 -1918 a mis sur les routes de nombreux habitants du Nord et de l’Est de la France.

Dès le début du conflit, les récits des sévices commis par l’envahisseur Allemand sur son passage ont poussé les habitants à choisir l’exode. Des ordres d’évacuation ont été également donnés pour protéger la population, mais aussi pour dégager les zones de combat. L’armée Allemande occupe   partiellement ou en totalité , dix départements du Nord et de l’Est de la France. Le ravitaillement des 2,2 millions de civils encore présents, dans le périmètre des hostilités devient difficile. Dès mars 1915, les autorités allemandes décident de « rapatrier » les indigents et les personnes volontaires vers la France non occupée. Nombreux sont ceux qui effectueront le voyage en train, passant par la Belgique, la Suisse, Annemasse ou Evian avant d’être repartis en zone non occupée.

Au fur et à mesure de leur avancée, les Allemands ont déporté dans leur pays les prisonniers militaires, mais aussi les hommes qui n’étaient pas mobilisés trop jeunes ou trop âgés pour l’être. A l’évacuation des camps ceux-ci seront également dirigés en zone non occupée.

Le nombre de plus en plus important de réfugiés et de rapatriés conduit le gouvernement à adopter des mesures en faveur de ces populations durement  touchées. Une circulaire du ministre de l’Intérieur du 1er décembre 1914 précise que «  le principe essentiel de l’assistance aux réfugiés sans ressources est que l’Etat français doit pourvoir, avec le concours patriotique des populations, à leurs logement, à leur subsistance et à leur entretien ». Les réfugiés reçoivent les mêmes allocations que celles versées aux femmes de mobilisés. (1 francs 25 par jour pour les adultes, 50 centimes pour les enfants). En août 1917, ces allocations passèrent à 1,50 franc et 1,25 franc par enfant pour tenir compte de l’inflation (incomplètement comblée).

circulaire 1er décembre 1914

circulaire 1er décembre 1914 – Le Ministre de l’intérieur à Messieurs les Maires de France

Un grand nombre de textes officiels paraissent jusqu’au 17 février 1918  date à laquelle le statut de réfugié est fixé par une instruction du ministère de l’intérieur publiée au journal officiel.

Les préfectures répartissent les déplacés arrivés par convois, leur accordent des secours. Les mairies des communes d’accueil délivrent des cartes d’identité à chaque réfugié. Des commissions locales sont constituées dans les communes (un conseiller municipal, un notable et un réfugié), chargées de donner leur avis sur toutes questions. Une commission départementale dite de répartition siégeant à la préfecture (circulaire du 12 mars 1915),  recueille ces avis et est chargée de répartir les secours. En 1918, elle devient commission départementale des réfugiés.

Les réfugiés reçoivent les aides d’associations constituées dans le but de les soutenir. Des comités sont constitués par les réfugiés eux-mêmes en vue d’aider les plus nécessiteux.

Les archives nationales détiennent à la côte F23/13 les listes des réfugiés dressées par les communes des rapatriés dans les départements de l’Ain, l’Allier, les Alpes-Maritimes, l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, le Cantal, le Doubs, la Drôme, le Gard, le Gers, la Haute-Garonne, les Hautes-Alpes, l’Hérault. Aucune liste concernant les autres départements.

Dernièrement les archives de la Loire-Atlantique ont donné accès à une liste contenant les noms de 36000 réfugiés sur un total estimé à 60000. Cette mise en ligne est accompagnée d’une description des fonds des organismes d’aide aux réfugiés de la première guerre mondiale.

Les archives de la Gironde offrent la possibilité d’interroger en ligne une base de recensement des réfugiés dans leur département à partir des recensements 1919, 1920, 1921, 1922 ainsi que pour la ville de Bordeaux en 1914.

Qu’en est-il pour le département des Hautes-Pyrénées ?

Dans son ouvrage La Grande Guerre et l’arrière 1914 – 1919, José Cubéro, mentionne un afflux de réfugiés belges et français dès la fin du mois d’août. Il précise « Dès la fin du mois d’août, le conseil municipal de Lannemezan accepte à l’unanimité une demande de l’inspecteur primaire : il accueille dans les locaux scolaires et pour la durée de la guerre 50 enfants de Paris. Il s’engage à les loger, les nourrir, les surveiller, et bien sûr les instruire contre une rétribution de 50 francs par enfant et par mois. A Tarbes, le secrétaire du syndicat des propriétaires d’immeubles lance un véritable appel aux « patriotes », prêts à offrir « gratuitement et provisoirement » un logement …. »

Le préfet Blet accueille le 16 décembre en gare de Tarbes un nouveau convoi de 1800 personnes.

Madame André Elicegui a retrouvé chez son oncle à Trie-sur-Baïse la carte de rapatrié de Fernand Meurant né à La Capelle dans l’Aisne venant de Hayange.

Carte de réfugié Meurant Fernand - Archives familiales Mme Andrée Elicegui

Carte de rapatrié Meurant Fernand

Des associations viennent en aide aux Réfugiés.

Le 22 mai 1915 déclaration d’une association « Comité des Réfugiés du Nord et du Pas-de-Calais » avec pour objet : venir en aide à ceux résidant dans les Hautes-Pyrénées. Siège 26 rue Larrey à Tarbes.

Le 19 août 1916 déclaration d’une association « Comité des réfugiés du Nord et du Pas-Calais.» avec  pour objet : Recueillir des fonds pour fournir un apport moral et financier aux réfugiés, venir en aide aux convalescents et prisonniers civils et militaires régionaux. Son siège est à  Tarbes, café de la Colonne place de la République. Elle deviendra « Comité des régions envahies », le 1er mai 1917.

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Une société de secours aux mobilisés de l’Arsenal est également créée en vue de fournir des indemnités journalières en cas de maladie.

Le conseil municipal de la ville de Lannemezan délibère le 1er décembre 1914 pour distribuer aux réfugiés 4 stères de bois.

Extrait registre délibérations Conseil Municipal de Lannemezan - Archives Municipales

Extrait registre délibérations Conseil Municipal de Lannemezan – Archives Municipales

La commune prend également en charge les transports effectués  en chemin de fer par les réfugiés indigents.

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Les registres d’état civil de la commune de Tilhouse confirme la présence de réfugiés à Tilhouse :

Mariage le 2 juin 1918 de François DE WYSE domicilié à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugié, né à Avion (Pas-de-Calais) le 2/07/ 1893, fils de Jules et Célina DE WYSE, tous deux décédés

 et Florine BATON domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée, née à Maubeuge (Nord) le 22/07/1897, fille mineure de Florimond Joseph, resté en pays envahi et dont le consentement au présent mariage est suppléé par l’acte de notoriété dressé par Mr le Juge de Paix de Lannemezan, et de Emilie LETON son épouse, domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée et consentante. Il n’a pas été fait de contrat de mariage.

Les époux ont déclaré reconnaître en vue de la légitimation, François Florimond né à Tilhouse le 21/01/1915, et enregistré le 21 du même mois comme fils de Florine BATON.

Dont acte en présence de Irma DEWINE 33 ans, de Maria LECRIN (qui signe LEGRAIN) 40 ans, de Hélène DUBOIS 33 ans toutes trois réfugiées françaises, et de JAYE Marie 48 ans, institutrice demeurant à Tilhouse.

Les époux et les témoins ont signé avec nous, non la mère de l’épouse.

 Décès au presbytère à Tilhouse le 04/10/1915 de Florimond BATON âgé de 14 ans, sans profession, réfugié français né à Maubeuge (Nord) fils de Florimond BATON et Emilie LETON .

A Tilhouse, Tournay, à Trie-sur-Baïse et à Vic-en-Bigorre, présence également de nombreux  réfugiés comme le constatent les tableaux établis par Madame Andrée Elicegui à partir des relevés sur les communes :

D’où venaient ces réfugiés ? Quels événements les ont conduits en Hautes-Pyrénées ? Ont-ils choisi de s’installer en Hautes-Pyrénées ou ont-ils regagné leurs régions d’origine ?

Dans un prochain article je résumerais les informations que j’ai pu recueillir sur Bénoni Fernand Meurant.

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3 commentaires leave one →
  1. 25 juillet 2015 21 h 09 min

    Je vais consulter les documents associés avec intérêt, merci.

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