Skip to content

Jules Hippolyte Beaujoint de Grandpré romancier

16 octobre 2015

Jules Hippolyte, frère d’Alphonse Beaujoint, aura un parcours différent. Plus âgé, né le 12 juillet 1830 à Grandpré , il s’éteindra le 23 décembre 1892 à Paris dans le 14ème arrondissement. Il est connu comme publiciste et romancier, auteur de romans populaires dont certains signés sous le pseudonyme de Jules de Grandpré.  La nécrologie publiée dans l’Almanach Matot-Braine écrite par Demangeot, son camarade de collège à Verdun en 1842  nous raconte la vie mouvementée de Jules Hippolyte Beaujoint. Ses premiers articles paraissent en 1848  dans le propagateur des Ardennes, alors qu’il est encore élève à VerdunIl poursuit ses études à Reims puis à Paris.

En 1850, Alfred Delvau journaliste et écrivain français dit de lui : « Beaujoint a du talent, il m’a lu une nouvelle qui est réellement très jolie, et que je publierais de suite si j’étais éditeur. Il n’a pas encore d’originalité bien tranchée, mais il sait écrire et cela n’est pas peu de chose. Ce jeune homme a contre lui une timidité terrible qui finit par vous embarrassez vous-même et qui pourra lui faire le plus grand tort. C’est le seul défaut – si cela en est un – que j’ai à lui reprocher et il n’en peut rien ». Son père le destinait au barreau, il est plus attiré par la politique et collabore aux journaux du quartier latin. Ses opinions politiques et ses écrits, l’oblige à se réfugier en Belgique, et à résider rue montagne aux herbes potagères à Bruxelles. Il collabore pendant 3 ans à l’Omnibus, un journal socialiste de Bruxelles. Il fréquente Blanqui, Clemenceau, Jules Vallès et le Docteur Watteau.

Félicien Rops

« Félicien Rops (photo) » par Inconnu — Bibliothèque nationale de France, Trois artistes étrangers : Robert Sherard, Sattler, Félicien Rops / Hugues Rebell page 102.

Il entretien des liens avec l’artiste Belge Félicien RopsLe Musée Félicien Rops de la Province de Namur et les amis du Musée ont pour objectif de répertorier  et transcrire sa correspondance avec les artistes et écrivains de son époque. Une diffusion déjà souhaitée par Edgar Degas qui confiait à Manet : « Celui-là écrit mieux encore qu’il ne grave […]. Si l’on publie un jour sa correspondance, je m’inscris pour mille exemplaires de propagande » ( Lettre d’Edgar Degas à Édouard Manet. Citée d’après : Boyer d’Agen [Boye Auguste Jean dit Roig Jean de], Rops…iana, Paris, Pellet, 1924, p. 5). Plusieurs lettres écrites par Félicien Rops à Jules Beaujoint sont accessibles :

Sur le site du Musée Félicien Rops : correspondance Felicien Rops / Jules Beaujoint

Dans le fonds Félicien Rops :  A Jules Beaujoint vers 1860

Il est question dans ces courriers de l’illustration par Félicien Rops d’un roman de Jules Beaujoint  édité par Auguste Schnée. Ce projet a-t-il abouti ?

Félicien Rops me ramène aussi à l’article que j’ai consacré à Alphonse Beaujoint, frère de Jules.  Il est le fondateur de la Société Internationale des aquafortistes  à Bruxelles.  La Maison Cadart éditera en 1876, 1877, 1880 trois eaux fortes de Félicien Rops.

Félicien Rops m’a détournée de mon sujet principal « Jules Beaujoint », j’ai trouvé intéressant d’évoquer ce personnage aux multiples facettes que j’ai découvert lors de mes recherches. A  la fois peintre, dessinateur, illustrateur, aquafortiste et graveur, mais aussi auteur d’une importante correspondance avec ceux qui ont marqué le XIXème siècle, il a partagé sa vie entre sa Belgique natale et la France. Actuellement il est cité à plusieurs reprises dans les articles présentant l’exposition au Musée d’Orsay « Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910 »

Revenons à Jules Beaujoint, à partir de 1867, il appartient à la société des gens de Lettres. Dès 1871 un grand nombre de ses romans sont publiés chez Fayard.

Les_crimes_de_Peyrebeille_-_Lithographie_de_1885_(Fonds_Bibliothèque_Municipale_de_Lyon)

Les_crimes_de_Peyrebeille_-_Lithographie_de_1885_(Fonds_Bibliothèque_Municipale_de_Lyon)

Le plus populaire de ceux-ci L’Auberge sanglante de Peirebeilhe  édité en 1888 sera tiré à plus de 200000 exemplaires. Inspiré de l’affaire criminelle qui a défrayé la chronique en 1833 et du récit de son ami Jules Vallès paru dans son ouvrage La rue publié en 1866, le roman rencontre un grand succès. Le cinéma exploitera également ce fait divers, en 1951, Claude Autant-Lara réalise son film L’Auberge rouge, avec Fernandel dans le rôle du moine. En 2007 Gérard Jugnot incarnera le prêtre dans le film du même titre réalisé par Gérard Krawczyk.

L’éditeur Kessinger Publishing a réédité  en 2006  Mémoires secrets de la marquise de Pompadour en version anglaise Secret Memoirs of Madame de Pompadour.

Plusieurs publications permettent de reconstituer la vie de Jules Beaujoint :

Ses écrits :

  • Rendez-vous de chasse et d’amour (1866)
  • Les Nuits de Paul Niquet (1867)
  • Mémoires d’un agent de police, drames, mystères, révélations (1868)
  • Les Enfants du Père Duchène, roman historique (1871)
  • Mémoires secrets de la marquise de Pompadour, (1873)
  • Les Reines galantes, avec A.-M. Dumonteil (1873)
  • Mémoires d’un geôlier de la Bastille (1874)
  • Les Oubliettes du Grand Châtelet (1874)
  • La Femme coupée en morceaux, avec Louis Noir (1877)
  • Le Magicien moderne, récréations amusantes de physique et de chimie (1878)
  • L’Art de prédire l’avenir. Divination par les songes. Les Pressentiments (1878)
  • L’Alcôve des reines (1879)
  • Histoire des Tuileries (1881)
  • Histoire du Palais-Royal (1881)
  • Histoire de l’Hôtel-de-Ville de Paris. (1882)
  • Cartouche, roi des voleurs, (1883)
  • Le Capitaine Mandrin (1885)
  • Mystères du Palais de l’Élysée  (1887)
  • La Malle sanglante, assassinat de l’huissier Gouffé, affaire Eyraud et Gabrielle Bompard (1890)
  • Les Quatre Sergents de La Rochelle (1890-1892)
  • Les Grands Duels historiques (1892)
  • Les Auberges sanglantes : L’Auberge sanglante de Peirebeilhe, L’Auberge des Trois Rois

Les deux frères Beaujoint ont choisi d’exprimer leurs talents artistiques dans des domaines différents. Alphonse a choisi l’eau forte, Jules l’écriture pour croquer leur époque.

Advertisements
5 commentaires leave one →
  1. 19 octobre 2015 15 h 58 min

    Excellent article ! Tu nous emmènes dans des univers aussi plaisants que variés à chaque fois. Grand bravo !

  2. 5 juin 2016 11 h 45 min

    Bonjour, je viens de lire l article de cette réfugiée, article orienté
    Les habitants de Bettencourt près de Verdun ont quitte leur village accompagnés de leur maire. Ils ont été sur Nice.. Sur le Net, on retrouve une partie de sa lettre.. Devant l accueil, les conditions de vie réservées aux réfugiés, il a écrit , révolté a son député et la question a été plus qu évoquée a l Assemblée Nationale. Ensuite des articles élogieux ont fait leur apparition afin de ménager la succeptilite des villes d accueil……
    Ma grand mère du village de Pillon a sejourne sur Vallauris
    Des élèves ont fait des rédactions sur le blog de Vallauris et c est plus crédible.
    Pour Pillon , certaines familles, beaucoup, ont souffert, manquant de tout, et se faisant traiter de boches de l Est.(correspondance)
    Les indemnités étant versées avec du retard des le début, elles n avaient rien ! Tous cherchaient à travailler car elles ne permettaient pas de vivre, de manger…les femmes ont pris le travail qu elles trouvaient, mais dans les Alpes Maritimes peu d usines.
    D autres sur Contres, ont travaille dans les usines pour fabriquer des obus a raison de 10 heures par jour avec au début que le Dimanche. Elles ont fait grève pour obtenir le samedi après midi. Les cadences étaient imposées.
    Quant au départ des villages, ils partaient tous comme ils pouvaient et avec soit une carriole, une brouette ou a pied, portant les enfants, abandonnant tout , pleurant de tout laisser
    Je pensais au début, que les populations avaient été déplacées dans de bonnes conditions, aujourd’hui hui j ai revu mon jugement .
    On parle des militaires, mais les familles sur les routes ont souffert, et au retour , les enfants sont repartis a l ecole, certains n y etant pas beaucoup allé pendant ces 4 ans, et,dans les villages, on voulait oublier , reconstruire et oublier !

    • 5 juin 2016 17 h 10 min

      Votre commentaire concerne je pense mon article sur les réfugiés dans les Alpes-Maritimes.
      Bonjour,
      Je vous remercie de votre commentaire qui complète mon article et qui témoigne des souffrances des civils meusiens . J’ai écrit plusieurs articles sur ce blog qui parle du sort des civils meusiens pendant la guerre 14 – 18 :
      https://histoiredefamille.wordpress.com/category/1914-1918/refugies-rapatries/
      J’essaie également de constituer une base pour permettre aux personnes dont les familles ont été chassées de leurs villages de connaître le lieu où elles ont été accueillies. De là, mon étonnement lorsque, j’ai consulté le dossier concernant les réfugiés aux archives nationales de le trouver pratiquement vide. J’ai voulu souligner que ce département avait reçu également des réfugiés et qu’il fallait se reporter à la cote 10R des archives départementales pour trouver la trace des familles réfugiées dans ce département. L’afflux de réfugiés a même obligé les autorités a réquisitionner les hôtels pour les héberger. Dans quelles conditions ? L’article de Ralph Jean-Claude SCHOR analyse en détail l’assistance des réfugiés dans le département des Alpes-Maritimes. Votre témoignage est précieux, les membres de ma famille réfugiés dans le Gard et les Landes, ne parlaient jamais des conditions dans lesquelles ils avaient vécu cette période. Comme vous le dites, ils voulaient oublier. On ne parle pas suffisamment du sort des civils dans la grande guerre.

Trackbacks

  1. Amédée Renault « Le Fifre  d’Édouard Manet | «Histoire de famille
  2. Le collège de Grandpré – Buzancy – collège Jules Beaujoint ? | Histoire de famille

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :