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Un vainqueur de la Bastille à Montblainville

26 février 2010

LES VAINQUEURS DE LA BASTILLE :
Brigitte, une adhérente du cercle généalogique de Maisons-Alfort, m’a signalé le lien sur le site des archives nationales concernant les vainqueurs de la Bastille :
Je la remercie.
Ce lien correspond à un Inventaire-index par Monique Mayeur
secrétaire de documentation sur la série F 1d III 29 à 321
A partir de ce lien en faisant à tout hasard une recherche sur « Montblainville » (lieu de naissance de ma maman), j’ai trouvé le dossier d’un dénommé JOSEPH André F/1dIII/32/4 originaire de la même commune.
Je n’ai pas résisté à aller consulter ce dossier.
Je pensais trouver une liste de personnes comportant date et lieu de naissance.
Ma surprise a été grande en ouvrant le carton. Pour chaque individu un dossier, et à l’intérieur, les démarches effectuées par l’intéressé pour obtenir une éventuelle pension.
Des documents signés par BAILLY (Maire de Paris) et LAFAYETTE.
Dans le dossier d’André JOSEPH, le récit de sa journée du 14 juillet 1789.
En voici la transcription :
Joseph (André) agé de 65 ans, natif de Montblainville, Canton de Varennes, arrondissement de Verdun (Meuse) habitant ladite commune où il exerçait la profession de charpentier.
A Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Ministre,
J’ai l’honneur de vous exposer que le 14 juillet 1789, je fus au nombre des français par lesquels la Bastille fut attaquée et prise.
A cette glorieuse époque j’habitais Paris où je travaillais de mon état de charpentier dans un atelier de la rue Saint-Martin. Je faisais partie du district ou de la section des filles de Dieu, lorsque le 14 juillet, je me rendis à l’appel du tocsin sous les murs de la Bastille.
J’étais armé de ma hache et je fus aussitôt employé comme sapeur dans une brigade qui fut organisée à l’instant pour détruire les échoppes qui s’opposaient à la mise en batterie des canons amenés des Invalides. Je fus tout le tems présent à cette opération qui eu lieu sous le feu de la forteresse.
Après la prise de la Bastille, je fus conduit en triomphe avec mes braves compagnons au chef lieu du District, où un repas dont nous avions grand besoin nous fut bientôt servi. A la suite de ce festin, mon nom fut inscrit avec ceux des autres combattants sur un registre ouvert au District et qui doit exister encore dans ses archives. Toutes le armes dont on pu disposer nous furent alors distribuées et vu leur rareté je ne pus être armé que d’un fleuret que j’ai rapporté avec fierté dans ma commune. Quinze jours environ après la prise de la Bastille les travaux ayant cessé et la disette existant à Paris, je dus retourner dans mon pays. Ne me trouvant pas à Paris en 1790 à l’époque de Mr Charles de Lameth président de la constituante délivra des brevets et n’en ayant pas été instruit, je me trouve dépourvu de cette pièce importante. Plus tard les journaux ayant annoncé que les vainqueurs de la Bastille allaient être récompensés, je fis des démarches auprès de l’agent municipal de ma commune, mais il n’en fut pas donné de suite à cause de la pénurie du trésor. A présent que les gardes Françaises dont j’étais connu et notamment le général ELIE de Varennes ont cessé d’exister, je ne puis plus appuyer ma demande d’aucun autre titre que de mon inscription sur le registre du District des filles de Dieu.
Je ne suis plus qu’un vieillard accablé d’infirmités et vivant dans le fond d’une campagne dans la pauvreté. Je n’ai eu aucun moyen de connaître les ordonnances qui ont annoncé le projet de récompenser les combattants de la Bastille et qui ont précédé la délibération de la chambre des députés en date du 23 janvier dernier relative à cet objet. En conséquence, je n’ai pu indiquer plutôt mes titres que je vous supplie de faire vérifier aux sources que j’ai indiquées.
J’espère Monsieur le Ministre dans vote générosité et l’attachement que vous portez à tous ceux qui ont pu contribuer à fonder les libertés du Pays, que vous voudrez bien vous intéresser à la demande d’un homme agé incapable de travailler de sa profession et déjà dans la misère.
Il est notoirement connu dans mon pays que j’ai coopéré au fait célèbre de la prise de la Bastille ; on doit encore trouver sur les registres indiqués la preuve de ce que j’avance.
Trop pauvre pour faire moi-même la recherche du titre sur lequel je fonde ma réclamation, permettez-moi de vous supplier, Monsieur le Ministre d’en provoquer la recherche afin que pendant le petit nombre d’années qui me restent à vivre, je puisse me rappeler avec plaisir et fierté la part que j’ai prise au péril de ma vie au glorieux évènement dont il s’agit.
J’ai l’honneur d’être Monsieur le Ministre votre très humble et très respectueux serviteur.
Signé André JOSEPH
Vu pour légalisation de la signature ci-dessus par nous adjoint de la Commune de Montblainville soussigné en l’absence du Maire.
Signé ROLAND
Vu pour légalisation de la signature de Mr Roland adjoint au maire de la commune de Montblainville
Verdun le 7 juillet 1833
Le sous-préfet

Archives Nationales dossier Joseph André F/1dIII/32/

Archives Nationales dossier Joseph André F/1dIII/32/

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2 commentaires leave one →
  1. Dominique Lacorde permalink
    26 février 2010 12 h 23 min

    Quelle magnifique histoire !!! Quelle chance de pouvoir fouiller à ton gré les Archives nationales à Paris ! Bravo pour cette trouvaille merveilleuse !

Trackbacks

  1. Les vainqueurs de la Bastille le Général ELIE « Histoire de famille

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