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Amédée Renault « Le Fifre » d’Édouard Manet

19 décembre 2015

Nous sommes sensibilisés à l’importance de la conservation des documents écrits et du patrimoine artistique et culturel.La transmission de la mémoire est aussi très importante.  Lors de mes recherches généalogiques, j’essaie de reconstituer la vie des membres de ma famille et des personnes qu’ils ont côtoyé, de les replacer dans l’histoire pour découvrir leur quotidien.  La mémoire s’efface avec le temps. Nous avons tendance à occulter de nous même certains événements de notre vie. La transmission du vécu entre parents et enfants ne se fait pas toujours, soit par pudeur, soit par manque de temps.

Échanger sur les expériences de la vie, sur la culture, sur l’histoire, le patrimoine, sur les savoirs et savoir-faire de chacun est enrichissant pour tous.

C’est la raison pour laquelle, de temps en temps, sur ce blog,  je sors  de mon histoire familiale pour favoriser la transmission de la mémoire. C’est le cas des articles rédigés sur Frédy Stoll , sur ses camarades prisonniers à Grafenwöhr, Louis Adde, René Plistat, Léopold Béfort, Georges Petitclerc et sur la famille de  Fernand Meurant détenue à Holzminden.

J’ai également à cœur que des artistes plus ou moins connus ne tombent pas dans l’oubli.  L’association « les Amis de Georges Duhamel »  maintient vivante l’oeuvre et la pensée de Georges Duhamel et de son beau-frère Charles Vildrac. Depuis février 2004, l’association « les Amis de Lucien Jacques » font connaître,  protège et perpétue la mémoire et les œuvres du peintre-poète-illustrateur-éditeur Lucien Jacques.

Mais qui connait les eaux-fortes d’Alphonse Beaujoint et les romans de son frère Hippolyte  Beaujoint tous deux originaires de Grandpré dans les Ardennes ?

Concernant le premier, je suis persuadée qu’on lui a attribué à tort des œuvres de Jacques Amédée Beaujoint originaire d’Orléans. Des démarches ont été entreprises pour rétablir la vérité.

Olivier Old fils unique de Maxime Old,  à travers ses multiples activités veille à ce que le souvenir de son père perdure ainsi qu’à la bonne conservation  de son  patrimoine artistique. Il propose également sur son site Art Business Concept,un accompagnement aux héritiers d’artistes afin que leurs noms ne soit pas oubliés.

Mon but aujourd’hui est de poursuivre la transmission d’une information communiquée par Madame Aubert  de l’Association « Mille ans d’histoire » lors d’une visite au Musée de Maisons-Alfort. Elle même avait reçu de Monsieur René Nectoux, ancien maire de Maisons-Alfort la confidence de la famille d’Amédée Renault affirmant que celui-ci avait posé comme modèle pour le tableau d’Édouard Manet Le Fifre. La transmission est parfois sujette à déformation, c’est la raison pour laquelle j’ai rassemblé tous les documents permettant l’identification du modèle de Manet et ceux retraçant la vie d’Amédée Renault. Tous les spécialistes d’Édouard Manet ont émis des hypothèses, aucune n’a été réellement vérifiée. N’hésitez pas à cliquer sur le lien et à vous de juger !

Contribution à l’identification du modèle du Fifre d’Édouard Manet

 

 

La communication intergénérationnelle du savoir est accomplie.

Bonne lecture

avis de recherche famille Georges PETITCLERC

4 décembre 2015

Je lance aujourd’hui un avis de recherche pour retrouver la famille de Georges Petitclerc.

Le 5 décembre 1916, il adresse cette carte à Léopold Befort.

Tous deux sont détenus au camp de Grafenwöhr.

Le point sur les recherches effectuées :

Les archives de la Croix-Rouge indiquent qu’il est prisonnier à Grafenwöhr  le 26 janvier 1915 et qu’il faisait partie du 29 ème régiment d’infanterie :

Une adresse est mentionnée au verso de la carte :

Petitclerc Georges Saint-Doulchard près Bourges (Cher).

Les recensements de la commune s’arrêtent en 1911. En 1901 on retrouve Georges Petitclerc âgé de 10 ans. Il est donc né en 1891 et fait partie de la classe 1911. C’est dans le répertoire alphabétique de l’année 1910 que l’on retrouve son numéro de registre matricule le 490.

Il ne reste qu’à accéder au document :

Son signalement correspond à la photo communiquée par Eliane Escot petite-fille de  Léopold Béfort  même si l’on ne distingue pas la cicatrice :

Georges PETITCLERC

Georges Petitclerc portrait

  • cheveux noirs
  • yeux noirs
  • front inclinaison verticale
  • hauteur et largeur moyen
  • nez dos rectiligne base long
  • hauteur et saillie grand
  • largeur moyen
  • visage long
  • renseignements physionomiques complémentaires teint pâle sourcils drus
  • taille 1 m 67 cm
  • marque particulière petite cicatrice au bas de la joue gauche

Les pages jaunes confirment la présence d’une famille Petitclerc à Saint-Doulchard.

 

Jules Hippolyte Beaujoint de Grandpré romancier

16 octobre 2015

Jules Hippolyte, frère d’Alphonse Beaujoint, aura un parcours différent. Plus âgé, né le 12 juillet 1830 à Grandpré , il s’éteindra le 23 décembre 1892 à Paris dans le 14ème arrondissement. Il est connu comme publiciste et romancier, auteur de romans populaires dont certains signés sous le pseudonyme de Jules de Grandpré.  La nécrologie publiée dans l’Almanach Matot-Braine écrite par Demangeot, son camarade de collège à Verdun en 1842  nous raconte la vie mouvementée de Jules Hippolyte Beaujoint. Ses premiers articles paraissent en 1848  dans le propagateur des Ardennes, alors qu’il est encore élève à VerdunIl poursuit ses études à Reims puis à Paris.

En 1850, Alfred Delvau journaliste et écrivain français dit de lui : « Beaujoint a du talent, il m’a lu une nouvelle qui est réellement très jolie, et que je publierais de suite si j’étais éditeur. Il n’a pas encore d’originalité bien tranchée, mais il sait écrire et cela n’est pas peu de chose. Ce jeune homme a contre lui une timidité terrible qui finit par vous embarrassez vous-même et qui pourra lui faire le plus grand tort. C’est le seul défaut – si cela en est un – que j’ai à lui reprocher et il n’en peut rien ». Son père le destinait au barreau, il est plus attiré par la politique et collabore aux journaux du quartier latin. Ses opinions politiques et ses écrits, l’oblige à se réfugier en Belgique, et à résider rue montagne aux herbes potagères à Bruxelles. Il collabore pendant 3 ans à l’Omnibus, un journal socialiste de Bruxelles. Il fréquente Blanqui, Clemenceau, Jules Vallès et le Docteur Watteau.

Félicien Rops

« Félicien Rops (photo) » par Inconnu — Bibliothèque nationale de France, Trois artistes étrangers : Robert Sherard, Sattler, Félicien Rops / Hugues Rebell page 102.

Il entretien des liens avec l’artiste Belge Félicien RopsLe Musée Félicien Rops de la Province de Namur et les amis du Musée ont pour objectif de répertorier  et transcrire sa correspondance avec les artistes et écrivains de son époque. Une diffusion déjà souhaitée par Edgar Degas qui confiait à Manet : « Celui-là écrit mieux encore qu’il ne grave […]. Si l’on publie un jour sa correspondance, je m’inscris pour mille exemplaires de propagande » ( Lettre d’Edgar Degas à Édouard Manet. Citée d’après : Boyer d’Agen [Boye Auguste Jean dit Roig Jean de], Rops…iana, Paris, Pellet, 1924, p. 5). Plusieurs lettres écrites par Félicien Rops à Jules Beaujoint sont accessibles :

Sur le site du Musée Félicien Rops : correspondance Felicien Rops / Jules Beaujoint

Dans le fonds Félicien Rops :  A Jules Beaujoint vers 1860

Il est question dans ces courriers de l’illustration par Félicien Rops d’un roman de Jules Beaujoint  édité par Auguste Schnée. Ce projet a-t-il abouti ?

Félicien Rops me ramène aussi à l’article que j’ai consacré à Alphonse Beaujoint, frère de Jules.  Il est le fondateur de la Société Internationale des aquafortistes  à Bruxelles.  La Maison Cadart éditera en 1876, 1877, 1880 trois eaux fortes de Félicien Rops.

Félicien Rops m’a détournée de mon sujet principal « Jules Beaujoint », j’ai trouvé intéressant d’évoquer ce personnage aux multiples facettes que j’ai découvert lors de mes recherches. A  la fois peintre, dessinateur, illustrateur, aquafortiste et graveur, mais aussi auteur d’une importante correspondance avec ceux qui ont marqué le XIXème siècle, il a partagé sa vie entre sa Belgique natale et la France. Actuellement il est cité à plusieurs reprises dans les articles présentant l’exposition au Musée d’Orsay « Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910 »

Revenons à Jules Beaujoint, à partir de 1867, il appartient à la société des gens de Lettres. Dès 1871 un grand nombre de ses romans sont publiés chez Fayard.

Les_crimes_de_Peyrebeille_-_Lithographie_de_1885_(Fonds_Bibliothèque_Municipale_de_Lyon)

Les_crimes_de_Peyrebeille_-_Lithographie_de_1885_(Fonds_Bibliothèque_Municipale_de_Lyon)

Le plus populaire de ceux-ci L’Auberge sanglante de Peirebeilhe  édité en 1888 sera tiré à plus de 200000 exemplaires. Inspiré de l’affaire criminelle qui a défrayé la chronique en 1833 et du récit de son ami Jules Vallès paru dans son ouvrage La rue publié en 1866, le roman rencontre un grand succès. Le cinéma exploitera également ce fait divers, en 1951, Claude Autant-Lara réalise son film L’Auberge rouge, avec Fernandel dans le rôle du moine. En 2007 Gérard Jugnot incarnera le prêtre dans le film du même titre réalisé par Gérard Krawczyk.

L’éditeur Kessinger Publishing a réédité  en 2006  Mémoires secrets de la marquise de Pompadour en version anglaise Secret Memoirs of Madame de Pompadour.

Plusieurs publications permettent de reconstituer la vie de Jules Beaujoint :

Ses écrits :

  • Rendez-vous de chasse et d’amour (1866)
  • Les Nuits de Paul Niquet (1867)
  • Mémoires d’un agent de police, drames, mystères, révélations (1868)
  • Les Enfants du Père Duchène, roman historique (1871)
  • Mémoires secrets de la marquise de Pompadour, (1873)
  • Les Reines galantes, avec A.-M. Dumonteil (1873)
  • Mémoires d’un geôlier de la Bastille (1874)
  • Les Oubliettes du Grand Châtelet (1874)
  • La Femme coupée en morceaux, avec Louis Noir (1877)
  • Le Magicien moderne, récréations amusantes de physique et de chimie (1878)
  • L’Art de prédire l’avenir. Divination par les songes. Les Pressentiments (1878)
  • L’Alcôve des reines (1879)
  • Histoire des Tuileries (1881)
  • Histoire du Palais-Royal (1881)
  • Histoire de l’Hôtel-de-Ville de Paris. (1882)
  • Cartouche, roi des voleurs, (1883)
  • Le Capitaine Mandrin (1885)
  • Mystères du Palais de l’Élysée  (1887)
  • La Malle sanglante, assassinat de l’huissier Gouffé, affaire Eyraud et Gabrielle Bompard (1890)
  • Les Quatre Sergents de La Rochelle (1890-1892)
  • Les Grands Duels historiques (1892)
  • Les Auberges sanglantes : L’Auberge sanglante de Peirebeilhe, L’Auberge des Trois Rois

Les deux frères Beaujoint ont choisi d’exprimer leurs talents artistiques dans des domaines différents. Alphonse a choisi l’eau forte, Jules l’écriture pour croquer leur époque.

Bénoni Fernand MEURANT rapatrié à Trie-sur-Baïse

28 septembre 2015

A partir d’une simple carte de rapatrié retrouvée dans les archives familiales d’Andrée Elicegui  avec sa complicité ainsi que celle de Jean-Luc Bello  retraçons la vie de Bénoni Fernand Meurant. Pour plus de facilité dans la lecture, nous l’appellerons par son prénom usuel « Fernand ».

Carte de rapatrié Meurant Fernand

Carte de rapatrié Meurant Fernand

Cette carte délivrée par le Ministère de l’intérieur, nous donne ses dates et lieux de naissance, son domicile avant la guerre, sa nationalité et sa date de retour en France.

Première difficulté, trouver l’acte de naissance de Fernand Meurant.

Pas d’acte de naissance à la date indiquée dans les registres de La Capelle (Aisne).

La recherche sur Geneanet apporte dans ces cas là une aide précieuse. Une simple recherche Meurant à La Capelle m’a orientée vers Jean-Luc Bello, arrière-petit-fils de Fernand Meurant. Son arbre déposé sur le site indique son lieu exact de naissance.

Fernand Meurant est né à Flamengrie dans l’Aisne le 10 juin 1869.

Meurant Bénoni Fernard n 1006869 source archives départementales de L'Aisne

Meurant Bénoni Fernand n 1006869 source archives départementales de L’Aisne

Outre les noms, prénoms, profession de ses parents, son acte de naissance nous révèle, la date, le lieu de son mariage et les noms et prénoms de son épouse.

Il épouse à Reims le 8 octobre 1898,  Alide Durgir.

DURGIR Marie Alida MEURANT Bénoni Fernand x 13101898

DURGIR Marie Alida MEURANT Bénoni Fernand x 13101898

Cet acte contient de nouvelles informations :

Il est âgé de 29 ans, est domicilié à Reims, exerce la profession de boucher, ses parents sont domiciliés à Torcy dans les Ardennes.

Dans cet acte, les époux reconnaissent pour enfant légitime Fernande Marie née à Reims le 31 juillet 1897.

Une recherche dans les registres matricules accessibles sur le site des archives départementales des Ardennes permet de poursuivre la recherche.

registre matricule Meurant archives des Ardennes en ligne 1R086

registre matricule Meurant archives des Ardennes en ligne 1R086

Le 22 novembre 1887, il s’engage pour 5 ans à la mairie de Reims comme volontaire au 4 ème régiment de chasseurs d’Afrique.

Une seconde fille Marcelle Marie Augustine naît à Reims le 4 septembre 1899.

Son registre matricule fait apparaître une condamnation le 12 mai 1900 à 2 mois de prison pour coups et blessures volontaires.

Une légère condamnation mais qui provoque le déplacement de la famille en Lorraine annexée, six enfants du couple naissent à Hayange entre 1901 et 1913.

C’est dans cette ville qu’il réside avec sa famille à la déclaration de la guerre.

Tous les membres de la famille sauf l’aînée Fernande seront fait prisonniers.

Composition de la famille :

Bénoni Fernand MEURANT est né le 10 juin 1869 à La Flamengrie (Aisne)

son épouse  Marie Alida DURGIR née le 29 septembre 1874 à Francheval (Ardennes)

Leurs enfants

  •  Fernande Marie DURGIR née le 31 juillet 1897 à Reims légitimée par le mariage du couple
  •  Marcelle le 4 septembre 1899 à Reims
  •  Robert né le 7 août 1901 à Hayange
  •  Célestin né le 21 septembre 1903 à Hayange
  •  Alcide né le 21 juillet 1905 à Hayange
  • Maria née le 25 juin 1908 à Hayange
  • Andrée née le 12 septembre 1910  à Hayange
  • René né le 24 juin 1913 à Hayange

Le fichier de la Croix rouge malgré quelques erreurs orthographiques dans les prénoms et sur le lieu d’origine de la famille nous apprend qu’ils ont été détenus au camp de Holzminden.

Dans le fichier principal des civils de l’entente  on retrouve toute la famille sauf Fernande.

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Dans le fichier des civils de France et de Belgique occupées recherchés par les prisonniers on trouve également une fiche au prénom de Robert.

C_G1_E_13_24_0016_1460_0 Meurant Robert

Archives de la Croix Rouge : http://grandeguerre.icrc.org/fr C_G1_E_13_24_0016_1460_0 Meurant Robert

Tous figurent sur la liste du 20janvier 1915 des prisonniers au camp de Holzminden.

C_G1_F_01_01_0005_0015

Archives de la Croix Rouge : http://grandeguerre.icrc.org/fr C_G1_F_01_01_0005_0015

Les fiches de la Croix Rouge donnent des informations importantes. Le 15 septembre 1918, alors qu’elle est réfugiée à Trie-sur-Baïse,  l’épouse de Fernand Meurant interroge la Croix Rouge. Après recherches , on sait qu’il a été détenu au camp d’Holzminden, baraque 67 et qu’il porte le numéro matricule 2050. Il a été transféré en vue de rapatriement au camp de Rastatt le 3 août 1918.

La carte de réfugié retrouvée à Trie sur Baïse indique qu’il est de nationalité Française, domicilié à Hayange en Lorraine annexée et qu’il est rentré en France le 13 octobre 1918.

Toutes les fiches des enfants indiquent qu’ils ont été faits prisonniers à Heinige (certainement Hayange) et détenus au camp de Holzminden. Seule la fiche d’Alcide porte deux références complémentaires P13906 et P14344.

Jean-Luc Bello s’est procuré grâce au site genealogie.com une liste de rapatriés passés par Genève le 25 avril 1915 à destination de Tournay (la gare la plus proche de Trie sur Baïse) sur laquelle apparaissent Alida (40 ans) et ses plus jeunes enfants Marcelle, Célestin, Alcide, Maria, Andrée et René.

Pas de trace de Fernande ni de Robert. Pour ce dernier cela explique la demande de recherche de février 1916.

Les extraits d’actes de naissance des deux filles aînées du couple comportent des mentions marginales qui nous apprennent que les deux filles du couples se sont mariées à Vernon dans l’Eure.

Fernande le 4 novembre 1921 avec  Camille  Gustave Couderc. Elle est décédée dans le Pas-de-Calais à Auchel le 25 janvier 1983.

Marcelle le 08 août 1925 avec Georges Eugène Petit. Elle est décédée à Vernon le 11 juillet 1982.

Nos recherches se poursuivent donc à Vernon, avec la consultation des recensements de 1921 dans lesquels nous retrouvons toute la famille domiciliée 20 route de Rouen. Tous ont retrouvé un emploi.

Recensements Vernon 1921 - archives Jean-Luc Bello

Recensements Vernon 1921 – archives Jean-Luc Bello

A noter que Fernand Meurant travaille à l’arsenal de cette ville. Un lien avec une activité à l’ arsenal de Tarbes alors qu’il était rapatrié dans les Hautes- Pyrénées ? Nous nous sommes penchés sur la question mais malgré l’aide de Madame Marie-Claude Casamajou de l’association Adishat, mémoire de l’Arsenal de Tarbes  et des échanges de courriels avec le centre des archives de l’armement à Chatellerault n’avons pas pu en obtenir la confirmation.

Bénoni Fernand Meurant est décédé à Vernon en 1929.

Sources :

Archives départementales de l’Aisne, des Ardennes.

Archives communales de Reims, de Vernon.

Archives de la Croix Rouge

Adhista  Association Mémoire de l’Arsenal de Tarbes

– Service historique de la Défense à Châtellerault – Centre des archives de l’armement et du personnel civil.

Les réfugiés, rapatriés du Nord et de l’Est de la France en Hautes-Pyrénées.  

17 juillet 2015

La guerre 1914 -1918 a mis sur les routes de nombreux habitants du Nord et de l’Est de la France.

Dès le début du conflit, les récits des sévices commis par l’envahisseur Allemand sur son passage ont poussé les habitants à choisir l’exode. Des ordres d’évacuation ont été également donnés pour protéger la population, mais aussi pour dégager les zones de combat. L’armée Allemande occupe   partiellement ou en totalité , dix départements du Nord et de l’Est de la France. Le ravitaillement des 2,2 millions de civils encore présents, dans le périmètre des hostilités devient difficile. Dès mars 1915, les autorités allemandes décident de « rapatrier » les indigents et les personnes volontaires vers la France non occupée. Nombreux sont ceux qui effectueront le voyage en train, passant par la Belgique, la Suisse, Annemasse ou Evian avant d’être repartis en zone non occupée.

Au fur et à mesure de leur avancée, les Allemands ont déporté dans leur pays les prisonniers militaires, mais aussi les hommes qui n’étaient pas mobilisés trop jeunes ou trop âgés pour l’être. A l’évacuation des camps ceux-ci seront également dirigés en zone non occupée.

Le nombre de plus en plus important de réfugiés et de rapatriés conduit le gouvernement à adopter des mesures en faveur de ces populations durement  touchées. Une circulaire du ministre de l’Intérieur du 1er décembre 1914 précise que «  le principe essentiel de l’assistance aux réfugiés sans ressources est que l’Etat français doit pourvoir, avec le concours patriotique des populations, à leurs logement, à leur subsistance et à leur entretien ». Les réfugiés reçoivent les mêmes allocations que celles versées aux femmes de mobilisés. (1 francs 25 par jour pour les adultes, 50 centimes pour les enfants). En août 1917, ces allocations passèrent à 1,50 franc et 1,25 franc par enfant pour tenir compte de l’inflation (incomplètement comblée).

circulaire 1er décembre 1914

circulaire 1er décembre 1914 – Le Ministre de l’intérieur à Messieurs les Maires de France

Un grand nombre de textes officiels paraissent jusqu’au 17 février 1918  date à laquelle le statut de réfugié est fixé par une instruction du ministère de l’intérieur publiée au journal officiel.

Les préfectures répartissent les déplacés arrivés par convois, leur accordent des secours. Les mairies des communes d’accueil délivrent des cartes d’identité à chaque réfugié. Des commissions locales sont constituées dans les communes (un conseiller municipal, un notable et un réfugié), chargées de donner leur avis sur toutes questions. Une commission départementale dite de répartition siégeant à la préfecture (circulaire du 12 mars 1915),  recueille ces avis et est chargée de répartir les secours. En 1918, elle devient commission départementale des réfugiés.

Les réfugiés reçoivent les aides d’associations constituées dans le but de les soutenir. Des comités sont constitués par les réfugiés eux-mêmes en vue d’aider les plus nécessiteux.

Les archives nationales détiennent à la côte F23/13 les listes des réfugiés dressées par les communes des rapatriés dans les départements de l’Ain, l’Allier, les Alpes-Maritimes, l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, le Cantal, le Doubs, la Drôme, le Gard, le Gers, la Haute-Garonne, les Hautes-Alpes, l’Hérault. Aucune liste concernant les autres départements.

Dernièrement les archives de la Loire-Atlantique ont donné accès à une liste contenant les noms de 36000 réfugiés sur un total estimé à 60000. Cette mise en ligne est accompagnée d’une description des fonds des organismes d’aide aux réfugiés de la première guerre mondiale.

Les archives de la Gironde offrent la possibilité d’interroger en ligne une base de recensement des réfugiés dans leur département à partir des recensements 1919, 1920, 1921, 1922 ainsi que pour la ville de Bordeaux en 1914.

Qu’en est-il pour le département des Hautes-Pyrénées ?

Dans son ouvrage La Grande Guerre et l’arrière 1914 – 1919, José Cubéro, mentionne un afflux de réfugiés belges et français dès la fin du mois d’août. Il précise « Dès la fin du mois d’août, le conseil municipal de Lannemezan accepte à l’unanimité une demande de l’inspecteur primaire : il accueille dans les locaux scolaires et pour la durée de la guerre 50 enfants de Paris. Il s’engage à les loger, les nourrir, les surveiller, et bien sûr les instruire contre une rétribution de 50 francs par enfant et par mois. A Tarbes, le secrétaire du syndicat des propriétaires d’immeubles lance un véritable appel aux « patriotes », prêts à offrir « gratuitement et provisoirement » un logement …. »

Le préfet Blet accueille le 16 décembre en gare de Tarbes un nouveau convoi de 1800 personnes.

Madame André Elicegui a retrouvé chez son oncle à Trie-sur-Baïse la carte de rapatrié de Fernand Meurant né à La Capelle dans l’Aisne venant de Hayange.

Carte de réfugié Meurant Fernand - Archives familiales Mme Andrée Elicegui

Carte de rapatrié Meurant Fernand

Des associations viennent en aide aux Réfugiés.

Le 22 mai 1915 déclaration d’une association « Comité des Réfugiés du Nord et du Pas-de-Calais » avec pour objet : venir en aide à ceux résidant dans les Hautes-Pyrénées. Siège 26 rue Larrey à Tarbes.

Le 19 août 1916 déclaration d’une association « Comité des réfugiés du Nord et du Pas-Calais.» avec  pour objet : Recueillir des fonds pour fournir un apport moral et financier aux réfugiés, venir en aide aux convalescents et prisonniers civils et militaires régionaux. Son siège est à  Tarbes, café de la Colonne place de la République. Elle deviendra « Comité des régions envahies », le 1er mai 1917.

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Une société de secours aux mobilisés de l’Arsenal est également créée en vue de fournir des indemnités journalières en cas de maladie.

Le conseil municipal de la ville de Lannemezan délibère le 1er décembre 1914 pour distribuer aux réfugiés 4 stères de bois.

Extrait registre délibérations Conseil Municipal de Lannemezan - Archives Municipales

Extrait registre délibérations Conseil Municipal de Lannemezan – Archives Municipales

La commune prend également en charge les transports effectués  en chemin de fer par les réfugiés indigents.

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Les registres d’état civil de la commune de Tilhouse confirme la présence de réfugiés à Tilhouse :

Mariage le 2 juin 1918 de François DE WYSE domicilié à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugié, né à Avion (Pas-de-Calais) le 2/07/ 1893, fils de Jules et Célina DE WYSE, tous deux décédés

 et Florine BATON domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée, née à Maubeuge (Nord) le 22/07/1897, fille mineure de Florimond Joseph, resté en pays envahi et dont le consentement au présent mariage est suppléé par l’acte de notoriété dressé par Mr le Juge de Paix de Lannemezan, et de Emilie LETON son épouse, domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée et consentante. Il n’a pas été fait de contrat de mariage.

Les époux ont déclaré reconnaître en vue de la légitimation, François Florimond né à Tilhouse le 21/01/1915, et enregistré le 21 du même mois comme fils de Florine BATON.

Dont acte en présence de Irma DEWINE 33 ans, de Maria LECRIN (qui signe LEGRAIN) 40 ans, de Hélène DUBOIS 33 ans toutes trois réfugiées françaises, et de JAYE Marie 48 ans, institutrice demeurant à Tilhouse.

Les époux et les témoins ont signé avec nous, non la mère de l’épouse.

 Décès au presbytère à Tilhouse le 04/10/1915 de Florimond BATON âgé de 14 ans, sans profession, réfugié français né à Maubeuge (Nord) fils de Florimond BATON et Emilie LETON .

A Tilhouse, Tournay, à Trie-sur-Baïse et à Vic-en-Bigorre, présence également de nombreux  réfugiés comme le constatent les tableaux établis par Madame Andrée Elicegui à partir des relevés sur les communes :

D’où venaient ces réfugiés ? Quels événements les ont conduits en Hautes-Pyrénées ? Ont-ils choisi de s’installer en Hautes-Pyrénées ou ont-ils regagné leurs régions d’origine ?

Dans un prochain article je résumerais les informations que j’ai pu recueillir sur Bénoni Fernand Meurant.

Liste des réfugiés 1914-1920 de Loire-Atlantique en ligne sur le site des archives départementales

6 juin 2015

Lundi 1er juin, Généinfos annonçait la mise en ligne sur le site des archives départementales des listes des réfugiés accueillis en Loire-Atlantique de 1914 – 1920.

Un travail considérable réalisé par ce service d’archives  !

La description des fonds des organismes d’aide aux réfugiés de la première guerre mondiale (10 R 5) explique la façon dont le fonds a été constitué et son contenu. Elle donne également des indications sur les sources complémentaires disponibles.

Le chercheur a également accès à une liste contenant les noms de 36000 réfugiés sur un total estimé de 60000.

Pour consulter cette liste cliquez ===> ICI

Auguste Alphonse BEAUJOINT de Grandpré – Aquafortiste

27 mai 2015

Une nouvelle recherche qui va relier plusieurs de mes centres d’intérêts.

Aujourd’hui je vais vous parler d’Alphonse Beaujoint (déclaré  à l’état civil sous les prénoms d’Auguste Alphonse).  Il y a quelques jours je ne connaissais rien de lui. A la recherche de photos de l’église de Varennes en Argonne détruite en 1914 – 1918, j’ai découvert que la Société des Aqua-fortistes avait édité  de 1863 à 1867  en 5 volumes un recueil des eaux fortes modernes.

Dans les volumes IV et V, des eaux fortes réalisées par Alphonse Beaujoint représentant Varennes en Argonne et ses environs.

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Quel lien entre mes différentes recherches ?

Varennes en Argonne est situé à 4 km de Montblainville.

Alphonse Beaujoint est originaire de Grandpré. Mes origines du côté maternel sont argonnaises, Montblainville, Fléville, Chatel-Chéhéry.

Les eaux fortes représentant Varennes en Argonne réalisées par Alphonse Beaujoint sont datées de 1865 à 1867.

Cette date correspond  à la réalisation par Edouard Manet du tableau « Le Fifre » et me ramène aux recherches que j’ai effectuées pour l’identification du modèle de ce tableau.

Avant de reconstituer la carrière d’Alphonse Beaujoint, je vais vous donner quelques informations sur la Société des aqua-fortistes et sur la méthode d’élaboration des eaux fortes.

La société des aquafortistes est créée en 1862 et animée par l’imprimeur Augustre Delâtre et le marchand d’estampes Alfred Cadart. Parmi ses membres des peintres, des graveurs professionnels ou amateurs de tendances stylistiques  et de genres différents. Le décès d’Alfred Cadart mettra fin à la société.

En préface aux ouvrages, Théophile Gautier nous explique la motivation des peintres de l’époque à s’engager sur cette technique en réaction à l’essor de la photographie.  Il nous décrit le procédé :

« Nul moyen, en effet, n’est plus simple, plus direct, plus personnel que l’eau-forte. Une planche de cuivre enfumée d’un vernis, un poinçon quelconque, canif, grattoir ou aiguille, une bouteille d’acide, voilà tout l’outillage.

L’acide ronge les parties de métal mises a nu et creuse des tailles qui reproduisent exactement chaque trait dessiné par l’artiste. La morsure réussie, la planche est faite ; on peut la tirer, et l’on a l’idée même du maître, toute pétillante de vie et de spontanéité, sans l’intermédiaire d’aucune traduction ; chaque eau-forte est un dessin original : que de motifs charmants, que d’intentions exquises, que de mouvements primesautiers a conservés cette rapide et facile gravure, qui sait immortaliser des croquis dont le papier ne garderait pas trace ! »

De grands noms de la peinture se sont adonnés aux plaisirs de l’eau-forte : Goya, Degas, Besnard, Pissarro,Picasso, Matisse, Paul Renouard.

En 1905, Théophile Duret, critique d’art, collectionneur, ami et exécuteur testamentaire de Manet  préface un recueil qui contient une trentaine d’eaux-fortes  réalisées par le peintre de 1860 à 1866

Léon Rosenthal , critique et historien de l’art,  publie en 1925 « Manet aquafortiste et lithographe« . Il s’appuie  en particulier pour recenser l’oeuvre  gravée de Manet (75 eaux fortes  , 47 éditées ou connues par ses contemporains, 28 restées inédites et 12 lithographies), sur le catalogue  paru en 1906 aux Éditions du Peintre-Graveur d’Etienne Moreau Nelaton  » Manet, graveur et lithographe ».  Une analyse complète de la production de l’artiste sur tous supports.

Alphonse Beaujoint n’a pas la notoriété de Manet, mais son nom et l’ensemble de ses eaux-fortes et lithographies répertoriées figurent dans l’Inventaire du fonds français après 1800 Inventaire du fonds français après 1800. Tome premier, Abbéma-Beaumont ([Reprod. en fac-sim.]) / Bibliothèque nationale, Département des estampes ; par Jean Laran,...

Quelques informations biographiques :

Alphonse Beaujoint est né le 6 juillet 1834 à Grandpré (Ardennes), il est déclaré sous les prénoms d’Auguste Alphonse, il décédera dans la même commune le 8 janvier 1899. Lorsqu’il se marie à Sainte-Ménéhould le 17 novembre 1862, il est domicilié à Varennes en Argonne, 339 place de l’Hôtel de Ville, et exerce la profession de brasseur. A ce titre, en 1866, il participe au concours international de houblons et de bières à Dijon (source Gallica) 

Alphonse Beaujoint Brasseur

Alphonse Beaujoint Brasseur

Ses trois enfants naîtront à cette même adresse entre 1863 et 1868. Ces dates correspondent à celles auxquelles il a gravé les eaux-fortes contenues dans le recueil édité par Cadart et Luquet au nom de la Société des aquafortistes .

Plusieurs musées ont acquis des exemplaires de ce recueil. On peut citer le British Muséum.

En 1979, le Musée des beaux-arts du Canada est entré en possession d’un exemplaire de ce  recueil.  Il est possible de consulter en ligne sur son site les trois eaux-fortes de Varennes et ses environs :

Précédemment, Alphonse Beaujoint avait dessiné et lithographié pour des Editeurs de Chartres, du Mans et d’Orléans de nombreuses planches d’architecture.  De 1852 à 1867, il  s’est consacré à la reproduction des vues pittoresques de l’Eure-et-Loir. Il figure au musée de Chartres avec des aquarelles (entrée des rues du Cygne et de la Boucherie – Place Saint-Aignan à Chartres) et le Victoria and Albert Museum de Londres avec des gravures

Il est fort probable qu’Adolphe Beaujoint se soit adonné à l’eau-forte en tant qu’amateur alors qu’il habitait la commune de Varennes en Argonne.

Une recherche « Beaujoint » sur le portail des musées de France (Base Joconde) indique que le Musée de la marine de Loire  de Chateauneuf-sur-Loire détient deux eaux-fortes d’Alphonse Beaujoint :

Le Musée municipal de Chateaudun  lors d’une exposition « Paysages » entre le 21 avril 2012 et le 24 mars 2014 a présenté des œuvres d’Adolphe Beaujoint.

Le Château de Sceaux dans ses collections détient plusieurs lithographies réalisées par Adolphe Beaujoint :

Dans un prochain article, je vous parlerais de Jules Hippolyte Beaujoint, frère d’Alphonse né lui aussi à Grandpré très connu comme auteur de romans populaires.

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