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Auguste Alphonse Beaujoint 1834 – 1899 – Jacques Amédée Beaujoint 1824 – 1871

5 août 2019

Je reviens aujourd’hui sur l’article consacré à Auguste Alphonse Beaujoint du 27 mai 2015.

Dans mon commentaire sur cet article du 13 novembre 2015, j’exprimais mes doutes sur le fait qu’Alphonse Beaujoint soit l’auteur des lithographies exécutées pour des Editeurs de Chartres, du Mans et d’Orléans et qu’il se soit consacré de 1852 à 1867 à la reproduction de vues pittoresques d’Eure et Loir. Les aquarelles détenues par le Musée des beaux-arts de Chartres ont été données par Madame veuve Beaujoint demeurant à Orléans, 11 rue de la vieille poterie. Après recherches, j’ai constaté qu’elle était mariée avec Jacques Amédée Beaujoint originaire d’Orléans. Les informations données dans mon article concernant les lithographies et les aquarelles attribuées à Adolphe Beaujoint restaient à vérifier.

Maryse Lefer, descendante de Jacques  Amédée Beaujoint confirme aujourd’hui que son aïeul est l’auteur des lithographies et aquarelles de Chateaudun et d’Orléans. Celui-ci était pharmacien rue de Bourgogne à Orléans. Son épouse Ernestine Houdin, puis leur fille Marie Ernestine  Beaujoint épouse de François Alfred Autin habitaient rue Vieille Poterie à Orléans. Elle possède de nombreuses lithographies et aquarelles dont les bords du Loiret signées À. Beaujoint et non J. Beaujoint .

Grâce au commentaire de Maryse Lefer, j’ai maintenant la certitude qu’il y a confusion dans les œuvres attribuées à chacun des deux artistes.

Reprenons mes sources :

L’inventaire du fonds français après 1800 tome premier,

 

 

 

 

 

 

===> Eaux fortes

Auguste Alphonse Beaujoint

 

 

 

 

 

 

 

 

 

===>  lithographies

Jacques Amédée Beaujoint

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Bénézit

===>  Peintures 

Jacques Amédée Beaujoint

===>    Vues de Varennes

Auguste Alphonse Beaujoint

 

Erreur également reproduite dans la base Joconde du Ministère de la Culture.

Seul l’ouvrage L’Eure et Loir et les Peintres Guy Briolet, Martine Dumortier, Françoise Lecuyer-Champagne, Jean-Pierre Pierre-Ivan et Maïthé Vallès-Bled  Paru en 1992 chez J. Legué, Chartres émet un doute sur l’existence de deux Beaujoint.

 

Tous deux utilisaient usuellement leur second prénom.

Jacques Amédée signait A. Beaujoint et Auguste Alphonse signait Alph. Beaujoint.

Jacques Amédée Beaujoint est né à Orléans, sa mère est originaire de Chateaudun, il est logique qu’il ait reproduit des monuments de sa région.

Il n’y a aucun doute, les eaux-fortes représentant Varennes-en-Argonne sont bien d’Alphonse Beaujoint. Il est né à Grandpré dans les Ardennes à quelques kilomètres de Varennes en Argonne et a habité la commune.

Je suis maintenant certaine qu’il y a un amalgame entre les deux artistes et que l’on a attribué à tort les œuvres de l’Orléanais Jacques Amédée Beaujoint à l’Ardennais Alphonse Beaujoint.

La difficulté consiste à rendre à chacun la propriété de son oeuvre.

 

 

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Suite de la visite de F.X. Flinn en Meuse

9 mars 2019

La journée du 16 février s’est poursuivie par un instant de recueillement à Binarville sur le monument en hommage au « Lost Bataillon ».

Le 2 octobre 1918, 554 soldats Américains du 308ème régiment d’infanterie de la 77 ème division de l’Armée Américaine. Le bataillon s’est trouvé encerclé par les troupes allemandes. Comble de malchance, l’artillerie américaine, en plein tir de barrage, se trompe dans ses coordonnées et finit par bombarder ses propres soldats. Le bataillon communiquera avec l’arrière, grâce à un pigeon voyageur, « Cher Ami », envoyé, portant dans une canule à sa patte gauche le message « Nous sommes le long de la route parallèle au 276.4. Notre propre artillerie fait un tir de barrage sur nous. Pour l’amour du ciel, arrêtez! ». « Cher Ami » a permis de sauver la vie de 194 hommes.  Cette unité a néanmoins perdu entre le 2 et le 7 octobre 1918 près des deux tiers de ses effectifs (107 morts, 63 disparus et 190 blessés). 

Après cette matinée chargée en émotion, une pause déjeuner s’imposait. Une collation au Musée Romagne -14-18 de Jean-Paul de Vries était tout à fait adaptée.

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La journée s’est terminée par l’incontournable visite du Cimetière Américain de Romagne-sous-Montfaucon

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Comme chaque soir, il était temps de replier le drapeau Américain, et de laisser ses valeureux soldats dormir en paix.

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Hommage à Harry Flinn et aux soldats qui ont libéré Montblainville

23 février 2019

Samedi dernier, 16 février 2019 F.X Flinn et sa famille sont revenus sur les traces d’Harry Flinn, un des soldats américains libérateurs de Montblainville. Accompagnés de Dominique Lacorde, historien local, de Patrice Pérard et de son épouse Monique, ils ont refait le parcours accompli par les hommes du 110ème régiment d’infanterie américaine du 26 au 28 septembre 1918.

Famille FLINN 16022019

La famille Flinn devant le Monument aux morts de Montblainville

Le 26 septembre 1918, la 28e DIUS, quitte Clermont-en-Argonne libère Petit Boureuilles, les ruines de Boureuilles, puis Varennes.

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La famille Flinn et Dominique Lacorde devant le monument aux morts de Pennsylvanie à Varennes

Le matin du 27 septembre, la division a de nouveau avancé entre six heures, et  10h30. Le 110e régiment, en avance par rapport aux autres régiments, a négocié un ravin profond  au nord de Varennes et a pris Montblainville. Le régiment n’avait aucune couverture naturelle, mais le brouillard et la pluie l’ont aidé à se protéger de l’observation allemande.

Varennes Montblainville visite FX Flinn 16 fev 2019 (29)

Vue de Montblainville

Les pertes ont été sévères, car les Allemands contestaient  chaque pouce de sol. Le capitaine Boyle de la compagnie de mitrailleuse a été blessé le premier jour, et dans cette attaque, les lieutenants William Bonsal et Edward  Dickey de la compagnie C ont été tués alors qu’ils nettoyaient la ville.

Le 28, la Division entrera dans Apremont.

Harry Flinn

Harry Flinn était  2e lieutenant,  et appartenait à la compagnie A du 110e régiment.   Grièvement blessé à Apremont, il écrit à son épouse le 23 novembre 1918 :

« Puis nous sommes arrivés à Montblainville. Nous avons été stoppés là par un feu nourri provenant  de 10 nids de mitrailleuses. Je me rendis compte qu’en restant en contrebas,  ma compagnie pourrait dépasser les mitrailleuses,  monter vers la ville par la droite et que nous serions (peut-être)  protégés la plupart du chemin. Je donnais l’ordre d’avancer en disant « suivez-moi » et avec beaucoup de chance, nous sommes arrivés sur la route à l’extrême droite de la ville.

Varennes Montblainville visite FX Flinn 16 fev 2019 (17)

Entrée d’un ancien blockhaus Allemand d’où ils tiraient

La première chose  que je vis fut un cheval blanc qui avait une blessure par balle dans la jambe arrière gauche et qui nous regardait avec des yeux très tristes.  Nous nous déplacions avec beaucoup de précautions le long de cette route et arrivés dans les rues nous avons lâché des grenades dans tous les abris etc… Nous avons traversé la ville pour sortir au nord de celle-ci et nous avons été de nouveau stoppés par le feu de mitrailleuses.

Seule ma compagnie avait pu traverser la ville ; les parties centrale et gauche de notre ligne étaient encore bloquées en ville par 3 nids de mitrailleuses. Je suis revenu avec 8 hommes et bien sûr, ce fut facile de nettoyer ces nids car nous arrivions sur eux par l’arrière. Nous avons lâché demi-douzaine de grenades dans chaque nid.  Les tirs cessèrent et  quelque part ils rejoignirent la guerre en enfer.

J’informais  les autres compagnies qu’elles pouvaient venir et nous avons regardé autour de nous sans curiosité et dans un abri nous avons trouvé des cigares, des cigarettes, de la confiture, du pain qui n’était pas mauvais. Nous avons capturé  un cuisinier allemand qui préparait le petit déjeuner pour 120 hommes. Ce petit déjeuner, presque prêt, se composait d’une café très allongé (je ne pense pas qu’il s’agissait de vrai café mais il en avait la couleur) Il y avait aussi une sorte de céréales qui ressemblait à un mélange de sciure, de flocons d’avoine et de maïs. Je ne laissais pas mes hommes en manger.

Nous nous sommes mis en mouvement et je choisissais sur la ligne que j’avais formée, un trou d’obus pour abriter le commandement. Nous étions, en gros, à 100 m (100 yards) au nord de Montblainville,  les hommes étant positionnés en ligne à intervalles de 10 à 12 m (12 à 15 yards). Nous étions sur le plateau et sur notre droite, il y avait la vallée de l’Aire d’une largeur d’environ  110 m (110 yards)  à environ 60m (200 feet) en dessous de nous.

 J’étais de retour de notre « nettoyage » des nids de mitrailleuses depuis 3/4 d’heure lorsque l’éclaireur que j’avais envoyé scruter la vallée rapporta qu’un large corps de boches arrivait dans la vallée et venait dans notre direction.

 J’allais vérifier  et je les vis venir. Je demandais à mon éclaireur de prendre 10 hommes  que j’alignais tous les 2 ou 2,5 m sur le haut  du plateau, avec des grenades à main. Je leur ordonnais  de ne rien lancer avant que je ne leur en donne l’ordre. J’attendais qu’ils nous aient dépassés avant de donner le signal.

Ils furent  surpris et effrayés. Ils avaient si peur qu’ils restèrent figés pendant au moins 30 secondes. Pendant ce temps nous les bombardions si rapidement qu’ils ne purent rien faire puis quelques uns  tentèrent de se ruer vers leur ligne mais je doute qu’ils  aient pu réussir car nous avons utilisé nos fusils et crois-moi ce fut du sport de tirer sur eux,  ils étaient une cible de grande taille et se trouvaient très près de nous de sorte qu’il était facile d’atteindre ceux qui fuyaient.

Ceux qui restaient étaient tous agenouillés, avec leurs mains en l’air, poussant des cris en demandant pitié. Nous les avons laissé se rendre. Je pense qu’il n’en restait pas plus de 37. Ce fut un massacre. Leurs yeux sortaient de la tête et ils étaient aussi blancs que la feuille de papier sur laquelle j’écris. Parmi ces prisonniers, il y avait 2 officiers et c’est à l’un deux que j’ai pris une excellente paire de jumelles que j’ai d’ailleurs perdue depuis. Lors de cette séquence, les boches n’ont pas tiré un seul coup de feu.                                                                                            

A environ 400 m, en face de nous, sur le plateau, les boches avaient 2 mitrailleuses et une rangée d’hommes en tirailleurs comme la nôtre. Après avoir vu ou découvert ce qui était arrivé à leurs hommes dans la vallée, ils abandonnèrent leur position en face de nous.  Encore du sport ! en repartant ils s’exposaient en traversant  cette faible distance mais bien soit petite, nous  étions 6 sur 60 ( ?). Mon sergent, mon éclaireur et moi-même étions les seuls, en raison du terrain, à pouvoir voir ce qui se passait.

 Nous avons tenu la position cet après-midi-là, repoussant 2 contre-attaques et lorsque la dernière nuit vint, je la passais en combattant. « 

Poste premier secours Américain Montblainville 1918 - source Dominique Lacorde

Poste de premier secours Américain

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Baptême des cloches le 23 septembre 1930. On reconnait les bâtiments au fond après leur reconstruction.

Cette action dans la matinée du 27 septembre a fait de Montblainville le point de pénétration la plus profonde de la ligne américaine à l’ouest de l’Aire. La position de commandement a permis à la 110e de se battre contre une contre-attaque allemande l’après-midi qui a traversé la vallée de l’Aire au nord-est du village et cette nuit-là, les commandants supérieurs de la 28e Division se sont réunis à Montblainville pour évaluer l’état du poste. L’attaque contre Apremont a débuté le lendemain matin.

« Je n’eus pas la possibilité de dormir cette nuit-là car dès la nuit tombée, je sortis avec une patrouille pour localiser les boches que nous avions vus dans l’après-midi et également reconnaître le terrain. Les boches que nous avions blessés étaient là-bas et l’un d’entre eux d’une voix extrêmement puissante, hurlait « Jésus », ce qui nous mit les nerfs à vif. Nous ne pouvions pas les localiser avec précision mais toutefois lorsque nous nous sommes approchés d’eux, ils nous ont entendus et cessèrent leur tapage. Je n’allais pas conduire mes hommes dans ce qui pouvait se révéler être un  de leurs pièges.

 Je revins de cette patrouille et passais le reste de la nuit à faire des allers-retours entre le PC du bataillon et mon PC . »

Le 110e devrait  traverser  le reste du plateau de Montblainville, puis un autre ravin, livrer bataille sur le plateau d’Apremont et prendre la ville.

Harry Flinn, a mené ses hommes à travers le ravin du fossé de Vervaux en direction du  chemin de la Torche et du plateau d’Apremont. C’est en remontant le ravin qu’Harry Flinn a été touché par une balle traçante enrobée de phosphore chaud qui permettait aux tireurs de voir la trajectoire de leurs balles. Lorsque la balle a transpercé son corps, elle a cautérisé la blessure minimisant ainsi la perte de sang et l’exposition aux infections. Il est resté 4 heures inconscient sur le champ de bataille avant d’être évacué.

 » Le matin suivant , le 28 septembre 1918,  nous avons traversé,  et avons débusqué quelques-uns de leurs postes de mitrailleuses et avancé quelques kilomètres, quand j’ai été blessé. J’étais juste arrivé en haut d’une colline et avais franchi la crête, je me trouvais à 3 m devant mes troupes lorsqu’une balle de mitrailleuse m’a transpercé comme si j’étais une feuille de papier. Aucune douleur ni quoi que ce soit d’autre mais du sang en grande quantité. Je ne tombais pas immédiatement mais avançais de quelques pas, puis je tombais face contre terre « .

Varennes Montblainville visite FX Flinn 16 fev 2019 (40)

Dominique Lacorde offre une affiche de sa conférence « Les Américains en Meuse » à F.X. Flinn à l’endroit même où son grand-père a été blessé. Le portrait d’Harry Flinn illustre l’affiche.

Au soir du 28, le Major qui commandait la 110e obtenait la Congregational Medal of Honor lors du combat pour la prise de la ville. Harry  Flinn  a survécut à sa blessure.  Après près de 2 ans dans les hôpitaux en France et aux États-Unis, il est rentré chez lui. Il a retrouvé sa femme Marion et une nouvelle maison qu’elle avait achetée pour eux à Yonkers (New-York) au bout d’une ligne de trolley. En 1928 naissait leur premier fils suivi rapidement par une fille et un autre fils.

Harry and Marion with 3 children Nina Harry Don circa 1932

Harry Flinn son épouse Marion et leurs 3 enfants

En 1965, à l’âge de 65 ans, il a prit sa retraite après avoir travaillé chez Américan Cork pendant 51 ans, principalement dans l’emballage de produits cosmétiques. En 2003 sa descendance se composait  encore de 2 enfants, 11 petits-enfants et 16 arrière-petits-enfants.

Sources :

  • Photos transmises par la famille Flinn – extraits de la lettre adressée par Harry Flinn à son épouse
  • Les Américains en Meuse. 1914-1918
  • l’historique de la 28ème division Américaine

Remerciements à Dominique Lacorde, Monique et Patrice Pérard pour leur aide et l’accueil de cette famille.

 

 

 

 

La reconstruction des écoles en Meuse après la Grande Guerre

25 novembre 2018

A Montblainville, après la bénédiction du Monument aux morts le jour de Pâques,  on inaugure le 26 juillet 1931, le Monument aux morts et l’ensemble des édifices communaux. Cette  inauguration officielle a été différée, à cause, des routes et chemins  dans un état déplorable. Mme Jéol (née Brouchon) est nommée institutrice dans la nouvelle mairie-école.

Pour mémoriser ce jour, les enfants du village et leur institutrice posent dans la cour de l’école.

 

1 – MARTIN Yvonne Renée  (1924-)7 ans – 2 – CORVISIER Odette  (1924-2000) 6 ans – 3 – PARENT Ernest (1924-) 6 ans – 4 – MAYOT Robert Gabriel Jean  (1923-) 8 ans – 5 – MAYOT André  (1925-2009) 6 ans – 6 – JOSEPH Etienne Julien  (1923-1998) 7 ans –  7 – JOSEPH Gilbert Julien  (1925-1986) 6 ans –  8 – DAPPE Raymond Eugène  (1923-) 7 ans –  9 – DIDELON Emile Fernand  (1923-2008) 7 ans –  10 – MOLTENI Mario  (1922-) 9 ans – 11 – BROUCHON Cécile Pauline  (1907-) 24 ans –  12 – MARTIN Madeleine Eugénie  (1919-2012) 12 ans – 13 – MARTIN Raymond Louis  (1917-) 14 ans –  14 – CLANCHÉ Georges  (1920-2011) 10 ans –  15 – MAYOT Lucie  (1916-1997) 14 ans –  16 – FAISIEN Irène Valérie  (1918-) 13 ans – 17 – FAISIEN Emilienne Emelie  (1920-1992) 10 ans – 18 – DAPPE Marthe Marguerite  (1919-2008) 11 ans – 19 – MOLTENI Ines  (1920-) 11 ans – 20 – JOSEPH Maurice Jean  (1922-) 9 ans –  21 – BERNIER Pierre  (1922-1995) 8 ans –  22 – PARENT Jeanne Françoise Marie  (1923-2006) 7 ans – 23 – EMOND Marie Emelie Julie  (1922-) 9 ans – 24 – DIDION Léone Celestine Marcelline  (1922-2011) 8 ans –  25 – HUSSON Odette  (1922-) 9 ans.

 

 

Les 6 et 13 juillet 1935 le Bulletin Meusien publie deux articles qui décrivent la reconstruction des écoles en Meuse après la Grande Guerre.

La situation à la fin de la guerre est critique. Pendant les quatre années qu’a duré le conflit l’instruction des jeunes enfants a été mise entre parenthèses. A leur retour les habitants, retrouvent des écoles inutilisables parfois complètement détruites. Il a fallu un courage extraordinaire à toute la population meusienne pour redonner vie à leurs villages.

Bulletin meusien du 6 juillet 1935

Nos écoles meusiennes reconstruites

1. Du pain sur la planche.

1918.
Il a suffi d’un coup de clairon pour que, le long de deux lignes accolées, aux lacets indéfinis, tendues à travers notre pays, de la Suisse à la mer, le feu cessé et qu’on voit sortir de terre des milliers de têtes hirsutes, tordues d’une indicible joie.

La plupart des Français, le premier moment d’émotion apaisé, sont rentrés, ce jour-là, tranquillement chez eux, parce qu’il était midi et que la joie donne faim.
Mais d’autres, au même instant, songeant à leur village, à leur maison désormais accessible, dont le fer et le feu ne défendaient plus l’approche, de quelle terreur ont-ils tremblé ! Ils voyaient — comme ils ne verraient plus dans la réalité , la maison saccagée, les pièces éventrées sous une poussière de tuiles, le jardin retourné, tout le paysage méconnaissable, dont ils n’avaient jamais pensé sortir leur vie durant.

Sitôt qu’ils l’ont pu, ils se sont mis en route. Et le spectacle, si j’ose écrire, n’a pas déçu leur attente.

Reconstruire ? La besogne sera rude. Mais laissons les particuliers à leurs peines, à leurs espoirs. Songeons aux enfants qui, pendant quatre ans, n’ont pas déjà trop travaillé. Il y avait tant de choses dans l’air qu’un enfant ne pouvait pas respirer sagement L’autorité compétente, en la matière, l’inspection académique, dont le siège, en ce qui nous concerne, est à Bar, n’a pas négligé, pendant la durée des hostilités, tandis qu’ailleurs se poursuivait la vie vaille que vaille, de s’inquiéter des écoles occupées ou abandonnées.

Nous avons sous les yeux, notamment, un état daté de Février 1915, — au moment où, la guerre étant définitivement installée, on s’occupait de vivre avec elle le mieux possible.

L’inspecteur primaire de Bar répondait qu’il comptait neuf écoles détruites, deux qui étaient abandonnées, et seize où déjà l’activité scolaire avait repris.

Celui de Commercy, qui groupait Saint-Mihiel. Pierrefltte et Vigneulles, où la bataille avait fait rage, signalait que, de cinquante-six communes occupées ou évacuées, Il ne pouvait rien dire ; que, sur les vingt-quatre autres, sept étaient ouvertes, une fermée à cause d’une épidémie de typhoïde ; et puis, il y en avait seize qui ne répondaient pas, qui étaient détachées du monde, comme certaines de l’arrondissement de Verdun ou de la ville et de l’arrondissement de Montmédy, tout ce cortège enfin de communes dont les noms jusqu’alors obscurs commençaient à luire d’une mystérieuse lumière.

Et la guerre passe, au hasard des jours.

Dans bien des écoles, la classe continue. On a réparé comme on a pu les locaux, avec l’aide de quelques soldats de bonne volonté. Le carton bitumé, le vitrose ont commencé à prendre possession des maisons sur lesquelles, pendant longtemps, ils poseront leurs taies sordides.

Atteignons maintenant Août 1919.

Les premières grandes vacances depuis la guerre, — pour ne pas rappeler le mot de Radiguet.

On a fait le compte des ruines : dans 220 communes, 239 écoles sont ou détruites, ou endommagées.

On a bien lu — 239 — plus du tiers de l’effectif !
A ce moment, quel qu’ait été le courage de l’inspecteur d’Académie, on Imagine assez que la besogne a dû lui paraître écrasante.
Un fait d’ailleurs, entre tant :
A l’origine, dès que la situation fut assez débrouillée pour qu’une route apparut, il y eut quelque chose d’extrêmement fâcheux, qui vint tout retarder : il y avait deux services compétents en la matière. D’un côté, l’Inspection académique, de l’autre celui de la Reconstruction !

Soit excès de bonne volonté, soit excès de travail, ils se renvoyaient et se réexpédiaient les dossiers ! Si bien que ces échanges eussent pu se prolonger à l’infini.

Sans compter que, lorsque l’architecte, agréé par la commune et l’inspecteur primaire avait établi un dossier, ce dossier, vaisseau désemparé, était ballotté entre près de quinze bureaux différents :
l’inspection, la reconstruction, l’hygiène, qui le renvoyaient à l’architecte, qui le remettait en circulation une fois, deux fois. — et finalement, de guerre lasse, le rangeait dans un carton !

C’est que l’architecte, en effet, avait mieux à faire avec les particuliers qui, pressés, ne sachant pas le premier mot du métier de bâtir, s’en remettaient à lui, en toute confiance.

Il arrivait même assez souvent d’amusantes confusions : tel architecte présentait un plan solide, alors que le terrain n’était pas encore désigné. tel autre prévoyait un palais, mais ignorait de quels crédits on disposerait et ainsi de suite…

Ne rions pas trop toutefois. N’accusons pas notre administration. On en a tant dit sur elle qu’il a fallu, pour amuser encore, pousser la plaisanterie à la charge. Et on se lasse de gros sel.

Imaginons plutôt que, dans ces moments où le volcan se refroidissait, — où les laves n’avalent pas encore leurs formes mortes, éternelles, où les humains, délivrés de la peur du feu, étourdis, sourds, dansaient sans songer à autre chose qu’à leur joie, — il était encore très bien que quelques-uns songeassent à bâtir !

Mais enfin, il fallait arriver à une organisation.
En 1922. arrivant de Meurthe-et- Moselle. M. Bègue s’installait à la Préfecture de la Meuse. Dans le département voisin, Il, avait été mêlé très étroitement au problème de la reconstruction. Il eut aussitôt l’idée d’une Coopérative de reconstruction telle qu’il l’avait vue fonctionner. L’inspecteur primaire de Lunéville fournit des précisions très heureuses, qui furent immédiatement utilisées.

Le 17 mars 1923, l’Assemblée générale constitutive avait lieu.

Nous verrons plus loin quel fut le travail de cet organisme, dont le président fut M. Loyseau du Boulay, aujourd’hui président du Conseil Général. les chevilles ouvrières MM. Lepointe et Liénart.

Mais, pour terminer ce petit tableau de ruines, nous vous montrerons, en surimpression comme les cinéastes avancés de 1925, les édifices s’élevant, la cité surgissant…

Le 1er mars 1924, 43 dossiers restaient à constituer, 71 étaient encore à examiner. 39 bâtiments étaient en construction, 30 écoles étaient réoccupées.

Le 1er juin 1924, il ne restait plus que 20 dossiers à constituer, 59 étaient à examiner, 69 bâtiments étaient en chantier, 35 étalent terminés.

Seize mois plus tard, le 15 novembre 1925. un seul dossier restait à faire, et il s’agissait d’une école de Verdun, dont les élèves étaient abrités, 4 étaient encore en cours d’examen : il ne restait plus que 26 écoles en reconstruction : et 150 bâtiments étaient occupés par les élèves.

Ajoutons que certaines écoles – plans, dossiers, travail – furent bâties en moins de 18 mois — quinze mois à Vacherauville.

Avant pourtant de vous montrer comment fut organisé ce gigantesque travail, nous allons d’abord esquisser, à l’aide de souvenirs très précieux qu’on a bien voulu nous confier de côté et d’autre, le tableau de ce que fut la vie des maîtres et des élèves pendant qu’ils attendaient, dans des baraquements et des logements de fortune, la fin d’une construction si vivement menée.

Bulletin meusien du 13 juillet 1935

Nos écoles meusiennes reconstruites

2. Naissance de la paix

sous L’ŒIL DES « CIVILISES »
L’armistice sonné, les troupes américaines, qui viennent d’enlever Saint-Mihiel et de mener la brillante opération qu’il est superflu de rappeler, s’installent sur les lieux délivrés, avec une bonne grâce un peu déférente.

Candidement, leurs soldats l’ont souvent répété : ils ont délivré cette terre, ils sont les maîtres.

Mais le royaume de ces grands enfants est pays de fantaisie. Trompés par nos façons de vivre — mettons patriarcales — qui heurtent leur conception simpliste au Progrès, ils nous considèrent avec étonnement, avec une sorte de pitié bienveillante, voisine du rire, de la camaraderie aussi.

A la vérité, ce qu’ils voient a de quoi étonner.

De tous les coins, les réfugiés de l’intérieur, les évacués qui viennent du fond des lignes ennemies accourent, aussi vite que les moyens le permettent.

On prend un train américain jusqu’à Verdun, on attend le passage d’un convoi, d’un camion, on recherche des parents qui vous prêteront une charrette, et on poursuit sa route, une route que les horreurs de la guerre font nouvelle. Là était un village, là un bois, une croix : et maintenant tout est poussière et cendre.

Mais quelque chose est resté du paysage, puisque l’œil ahuri retrouve son chemin, jusqu’au moment où, de la terre nue, montent les ruines du foyer. Nous l’aura-t-on dit que nous, Lorrains, étions des réalistes !

La désolation qui saisit le cœur du revenant est déjà tout emmêlée de calcul : ceci est détruit, il faudra reconstruire ceci, et utiliser cela, et tirer parti, et…

Si bien qu’on ne sait plus à la fin si l’ « hélas !» qui tombe d’une bouche amère est la constatation du désastre ou l’évaluation du travail à accomplir.

Mais déjà les gosses fouillent parmi les décombres, font d’émouvantes découvertes, d’où naissent des rires. Et puis, voici des gens qui passent ; on se reconnait et, le premier moment d’étonnement satisfait, c’est comme si on continuait la conversation interrompue il y a plus de quatre ans.

Maintenant, il s’agit de vivre.

ENFIN CHEZ SOI
Le maître, la dame ou la demoiselle sont rentrés à leur tour.

Si c’est dans un village détruit, il n’y ai rien à dire : l’école est à refaire, comme le reste.

Mais si le village est seulement- endommagé, il est bien rare que l’école ne soit pas bouleversée de fond en comble.

Que le toit soit de travers, les murs ajourés, passe encore. Mais les bâtiments communaux ont servi, la plupart du temps, aux troupes. Aussi, livres, matériel, adieu !

C’est pourquoi l’Instituteur prévoyant a dans ses bagages les fournitures indispensables au premier temps.

Et puis, il s’est mis à l’ouvrage. L’autorité militaire tient à sa disposition des paillasses, parfois quelques meubles qu’un hasard fait tenir.

Une voiture apporte tout cela, et trois hommes de troupe font l’office de déménageurs. Mais surtout ils apportent quelques pièces de carton goudronné, des rouleaux de vitrose.

C’est qu’on est en hiver. Par les toits défoncés, Janvier pénètre, l’eau suinte le long des murs, ruisselle dans les escaliers.

Les paillasses entassées dans un coin sec, voilà l’instituteur qui grimpe sur le toit, clouant, calant sous les tulles le carton qui le préservera des présents du ciel.

Puis c’est le tour des fenêtres ; Il est vrai qu’il n’y manque guère que les carreaux. Le vitrose aux jaunes transparences va fermer les ouvertures autant au froid qu’à la lumière.

Mais on est à l’abri, et c’est beaucoup.

Et maintenant, au matériel !

Il faut premièrement solliciter la générosité américaine, puis obtenir de la main-d’œuvre. Heureusement, il y a les prisonniers : Ici allemands, là hongrois.

Leurs chefs-d’œuvre sentent plus l’application que la maîtrise. Mais il est sans exemple qu’à force d’y revenir un meuble a quatre pieds ne tienne pas finalement debout.

On aura donc, peu à peu, des bancs, une chaire, des étagères.

Le maître, au hasard d’une promenade, a retrouvé un tableau noir qui bouchait une fenêtre perdue.

Les enfants ont ramassé, autour de l’église décoiffée, de magnifiques ardoises : il suffira d’un clou pour y faire chanter tout l’alphabet.

Mais, si plus rien ne reste de la bonne école d’avant-guerre, sombre, solide et familière, le maître et les élèves patients attendent d’une administration bienveillante une baraque.

On en a vu naître de toutes sortes : les unes avaient le nez Adrian ; d’autres, aux planches superposées horizontalement, semblaient des bateaux échoués.

La baraque à peine terminée, trois fleurs des champs au front prenait le nom de mairie-école. Elle sentait le bois frais. le goudron, l’huile. Mais cette baraque, avec son air de bonne volonté, n’était pas de tout repos.

Passe encore pour le logement du maître, dont les quatre pièces peu confortables avaient jusqu’à deux mètres de large, — chacune ! Ce logement avait un plafond de bois, des Murs recouverts de carton goudronné : Il était protégé du chaud par le haut, du froid par le revêtement des parois, ce qui, était naturel, puisque, jour et nuit, ces lieux étaient habités.

Mais la mairie, — tant pis pour les jeunes mariés —, mais l’école, avant que le labeur patient du maître la calfeutre !
Les fourneaux aux tuyaux rouillés tiraient mal, dans un nuage de fumée : le vent par les jointures, entrait, perçant.

Mais ce fut bien autre chose quand vint l’été. Dès dix heures du matin, la chaleur était intolérable : on a vu souvent des enfants s’évanouir. Et, si on arrosait, l’air humide devenait lourd, écœurant.

Tout cela sans compter d’autres malheurs, venus du ciel. Un instituteur, un jour de tempête, n’a-t-il pas vu soudain le toit de sa baraque se soulever, glisser et s’en aller en pièces dans les prés voisins ?

LA TOUR DE BABEL A DOMICILE
Mais il y avait dans l’air, en ce temps-là, une sorte de jeunesse qui faisait accepter, bien des choses : la guerre était finie, la paix pleine de promesses était là.

Et puis, il y avait l’affairement extraordinaire de tant de gens qui avaient à reconstruire leur décor, sans lequel aucune vie n’est assise.

De tous les points d’Europe, arrivaient des ouvriers que la paix laissait en chômage, traînant à leur suite femmes, enfants, une chèvre, une cage d’oiseaux posée sur une brouette chargée de hardes.

Population revenue, ouvriers, tout cela, faute de toits, a campé longtemps presque ensemble. Tout était commun : les outils, les casseroles, et on était bien obligé de passer sur certains raffinements propres aux sociétés bien installées.

On voit dans quelle atmosphère se déroulaient les classes : le maître surchargé avait à instruire une cinquantaine de gosses qui, venus de cinq ou six pays différents, parlaient seulement leur langue natale.

Avec cela, vifs, intelligents, plus brillants qu’appliqués, le type même de l’élève qu’il fallait à ce temps sans profondeur.

Si le vitrose défendait trop bien de la lumière, il laissait filtrer tous les bruits : aux coups de marteau, aux chansons se mêlaient les voix connues : la vieille demoiselle sourde qui, toutes les dix minutes, demandait l’heure passants, les marchands de n’importe quoi, qui vendaient à n’importe quel prix.

Et les visites : l’Américain pensif qui s’installait, écoutait la leçon d’histoire, puis remarquait, candide sous son uniforme wilsonien. que nous aimions trop la guerre; la dame d’hygiène qui, malgré l’opposition sourde des parents, revenait avec un dévouement inlassable, conseillait, soignait, obligeant les élèves, rouges de honte, à retirer leurs chaussures et leurs bas.

Le maître, surmené, fatigué par ces conditions d’existence défectueuses, donnait pourtant toute son attention à sa classe, songeant peut-être avec effroi, tout au fond de lui-même, que, lorsqu’il aurait fini son travail quotidien, dépouillant l’apparence de l’instituteur. il serait encore le secrétaire de mairie. — et ce n’était pas une petite affaire, au début de la reconstruction.

Fermons ce chapitre sur la vision d’un temps qui n’est plus. Heureusement, dira-t-on. Certes, il y soufflait un vent de dangereuse facilité : mais c’est que nous étions à l’aube de l’espoir.

Nous souhaitons avoir montré avec assez d’intensité quel fut, au milieu de ce monde en formation, où tout était à refaire, le toit de la classe et l’attention de l’élève, le rôle des maîtres.

Ils y ont apporté un sens du devoir, de la discipline, aéré par un esprit d’initiative et d’heureuse audace qui ont fait d’eux, dans une mesure qui exige qu’on les salue avec reconnaissance, les soldats de la paix. »

Harry FLINN les américains libèrent Montblainville 27 septembre 1918

28 septembre 2018

Aujourd’hui je souhaitais rendre hommage à Harry Flinn, blessé en libérant Montblainville le village de mes ancêtres en publiant trois textes écrits par son petit fils.

Le premier le 18 juillet 2018 pour commémorer la date de prise de vue d’une photo dans son uniforme de 2ème lieutenant.

« 100 years ago today, my grandfather, Harry Flinn, stepped into the studio of a Parisian photographer to have this portrait made of him in his new 2nd Lieutenant’s uniform. He’d been drafted in August 1917, trained at Camp Upton on Long Island (now the site of Brookhaven National Laboratory), been made a Sergeant (he was 26 and could type) and shipped over to « the old world » in April 1918. After two months of learning the front line with the Scotch Guards, he was promoted and assigned to Company A of the 110th Infantry in the 28th Division, formerly the Pennsylvania National Guard. Later the same day he departed to his new unit. The American Expeditionary Force was just getting started on rolling back the German salient that was threatening Paris and had reached Chateau Thierrey. In 10 days, he would wind up the only surviving officer in his company after the assault across the Ourcq River at Bois de Grimpettes. « The French used us like cannon fodder, » he would remember with a cool bitterness. Although the number of American casualties in WWI were relatively small compared to the French, British, and Germans, the fighting in July 1918 took an enormous toll as the fresh US troops were used in wave attacks across open ground. »

 

 

Le second, daté du 27 septembre 2018,  raconte la libération du village par le 110e régiment d’infanterie et la capture de 37 ennemis dont deux officiers.

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photo Randy Gaulke – vue du lever de soleil à Montblainville le 25 septembre 2018

« 100 years ago today, the 110th Infantry captured Montblainville and secured the northernmost point achieved by the US First Army after the second day of the Meuse-Argonne Offensive. My grandpa Flinn described the 27th of September, 1918, in a letter to his wife written two months later in a field hospital. The action picks up at sunset on the 26th:

« Well we all flopped into shell holes on this line and prepared to spend the night there, of course, during all this time we were under direct observation of the boche. All these shell holes were partly filled with water and that is where we filled our empty canteens, for it had been a warm day from both the sun and Jerry. We dug into the sides of the shell holes, digging a place just large enough to sit and have your head below the surface of the ground. Jerry pretty soon opened up with everything he had and we kept our heads pretty low for about an hour, and with darkness coming on he quit.

“I pushed out some outposts to protect my part of the line and also an outpost on my right flank. I snatched about 30 minutes sleep during the night.

“The next morning about 6 AM we started over with 4 tanks ahead of us to break thru some wire but we had to climb and creep thru it – 4 tanks can only make 4 holes thru barbed wire and they didn’t make them in front of us! — we took the town or what was left of one; one wall standing in it.

“Then we came to Montblainville. We were held up here by very heavy MG fire from about 10 MG nests. I discovered that by keeping low my company could get thru MG fire and come up on the town from the right, and that we would be under protection most (perhaps) of the way. I gave the order to advance by saying « Lets go: Follow Me. » and thru a lot of good luck we penetrated a road on the extreme right of the town.”

[Montblainville stood atop a bluff overlooking the Aire River to the East and a tributary stream’s valley to the south. About 100 feet above, the German position at Montblaineville was a formidable block that stopped the 110th cold. Only A Company, down along the river, had sufficient cover to approach the position without being cut to shreds by the German machine gun nests. Flinn describes how Montblaineville was taken:]

“The first thing I saw was a white horse whose left hind leg had a bullet hole thru and who looked at us with very sad eyes. We moved cautiously along this road and as we came into the streets we started dropping bombs into all dugouts etc. We passed on thru the town and coming out on North side of it we were again held up by MG fire.

“My company was the only company to come thru the town, the center and left of our line was still being held up by 3 nests in the town; I went back with 8 men and of course it was a very easy thing to get those nests for us as we came on them from the rear. We dropped about half a doz. bombs in each nest and they stopped and joined a war in hell somewhere.
“I sent back word for the other companies, to come up and then we looked around out of curiosity and located a german supply dump. We got cigars, cigarettes, jam and his bread which was not bad. We cleaned up. We captured one German cook getting breakfast ready for 120 men. It was just about finished, it consisted of a very watery coffee (I don’t think it was coffee; it had a color somewhat like it tho). There was also a sort of a cereal it looked like a cross between sawdust, oatmeal and cornmeal. I would not let the men taste it.”

[The German cook told Flinn that the breakfast was for a relief unit that was due to arrive that morning. At about 11:30 in the morning, the relief column approached. Company A was ready for them:]

“We then moved out and I selected a shell hole for company HQs in the line I had already formed. We were about 100 yds north of Montblainville in a line, the men being at intervals of from 12 to 15 yds. We were on the plateau and on our right was the Aire River valley about 200 feet below us and about 110 yds wide.

“I had been back from our clean up of the nests about ¾ of an hour when the man I had watching up the valley reported a large body of Boche coming along the valley in our direction.
“I walked over and watched them coming along and I had my runner get about 10 men who I lined up along the top of the plateau about 6 or 7 feet apart, with hand grenades. I told them not to start throwing. the HGs until I give the signal; I waited until they had passed us and then I gave the command.

“Whee! They were some surprised and scared bunch. They were so frightened.that they stood still for fully a half a minute but in the meantime we had been dropping bombs so damn fast that they didn’t get a chance to do anything then a few started to run back towards their line but I doubt if any made it for we were now using our rifles and believe me it is great sport shooting at them, they were very big targets and very close to us so we easily dropped those that were running away.

“Those that were now left were all down on their knees with their hands in the air squealing for mercy. Well we let them surrender. I think that there were about 37 of them left. It was some slaughter Their eyes were sticking out of their heads about 6 inches and they were as white as this sheet I am writing on. Among them were two officers and from one of them I took a fine pair of field glasses. It has since been lost to me. During all this great sport the Boche did not fire a single shot.

“About 400 yds in front of us on the plateau the Boche had two MGs and a skirmish line like ours. After he saw or discovered what had happened to the men of his in the valley he started abandoning his position in front of us. Then we had some more sport — in going back they had to expose themselves across a small space, but even as small as this space was we winged six out of about 60 or so. My Sgt., my runner and myself were the only ones that could see them on account of the terrain.

“Well we held the line here that afternoon repulsing two counter attacks and then came the last night I was to spend in the fighting line.”

 

Le troisième est l’attaque d’Apremont par la 1ère armée et le récit de la blessure d’Harry Flinn. Il a été blessé par une balle de mitrailleuse. Tout le restant de sa vie il souffrira de cette blessure.

 

« 100 years ago today, the 1st Army began the attack on Apremont. My grandfather’s letter about his time concludes with the story of that attack and his wounding. The previous day, after Montblaineville had been liberated and defended, as evening came on the 55th brigade commander and staff arrived and demanded to know why the advance had stopped after taking Montblainville. My grandfather explained that the 110th had no contact on the right with the 35th Division and no contact on the left (the Argonne Forest) from anyone in the 55th or 56th brigades. After inspecting the position north of town the staff officers complimented Flinn and they all returned to the rear (Darrah, the general, was cashiered 36 hours after this performance). The 110th was deep in German territory and faced a difficult night:

“I did not get a chance to sleep this night, just as soon as it got dark, I, took out a patrol to locate the boches we had winged in the afternoon and to reconnoiter the ground. The boches we had wounded were out there and one of them had a powerful voice and he-was calling out at the top of it “Jesus.” It sort of gave us the creeps. We could not locate them exactly, for whenever we got near them, they heard us and stopped all their noise and I was not going to lead my men into what might be one of their traps.

“I came back from patrol, and spent the rest of the night going back and forth between Battalion PC and my PC.”

[Plans were made for the next morning’s advance. The goal was the town of Apremont, which stood on the next plateau. The 110th would have to fight their way across the rest of the Montblaineville plateau, cross another ravine, and then fight across the Apremont plateau and take the town. On the evening of the 28th the Major in command of the 110th would win the Congressional Medal of Honor during the fight for the town. Flinn would not be there for the fight:]

« The next morning Sept. 28, 1918, we went over, we mussed up a few of their MG nests and advanced a couple of kilos, when I got mine. I had just come up a hill and was just past the crest and about 10 feet ahead of my wave when a MG bullet passed right thru me as if I was a piece of paper. No pain or anything but plenty of blood. I did not fall at once but advanced a couple of paces and down I went with my face down. »

[The war was over for 2nd Lt. Flinn. Two months later, as he completed his letter, he finally tells his wife just how seriously he was wounded, and how close he came to being killled:]

“I don’t think I have accurately described where the wound was. I cabled that I was hit in the right shoulder so you all would not worry. I knew that so long as I did not die on the field I would not die in the hospital so I cabled as I did. It was centered 1 1/2 inches to the right of the two bones shaped V below the neck and just missed the other bone leading from this shape V to the top of shoulder. The bullet came out just below right shoulder blade and about 1 3/4 inches to the right of my spine. It passed thru the lung. Everything is all healed up now including lung. And the only reason they would not let me away from here now is that there is a little fluid on lower edge of my lung which is being absorbed very quickly by my system.

“All Drs. have wondered and told me that I had a very close shave. I laid on the field for about 4 hrs before I was picked up by my men and carried back to lst Aid station which was some distance behind our starting point in the morning. I reached the Base Hosp here 2 days later after being carried on a litter for about 6 miles, on ambulances about 80 miles, and finally by train. This traveling was what made all of us suffer and I had my share of it. The roads here are not as smooth as 5th Avenue, particularly after being shelled.”

[Harry Flinn came to realize that he’d survived because he had been struck by a tracer bullet: coated with hot phosphorus to allow the gunners to see the trajectory of their stream of bullets, it cauterized his wound as it passed through him, minimizing both blood loss and exposure to infection. But now, in an Army hospital, he finished his letter:]

“And please hon stop this hero stuff I was only one out of 2 million tell everybody else who starts this hero stuff the same thing, now I don’t want you to become offended but look at it from my point of view over here, I am no hero.

“I can safely say this is some letter, it is a young book. It is an outline of my travels since leaving the old country. I am feeling as good as I ever did I eat sleep and smoke and act like any ordinary human being so you can easily see that I am as good as I ever was.

“I will let you into a little secret I have been keeping from you now for several weeks. I bet your curiosity is running away with you by now and that you are very anxious to come to the secret well I won’t keep you guessing any longer. You know that I have never even in my heaviest days been a giant. Here it is. I lost about 45 lbs in weight but I have got it pretty nearly all back now or I would not tell you of it now. About 2 weeks after being hit I weighed about 90 lbs, so you can imagine how I looked. All bones.

« Pardon my sense of humor but I had you guessing I know* I will have to close now or I never will be able to get all this letter in one envelope Merry Xmas & Happy NY. to all, I am your loving and devoted husband, Harry J. Flinn, 2nd Lt. »

He was 27. He passed away at 83, having lived the rest of his life with a collapsed lung. A 51 year employee of Armstrong Cork, he sold enclosures to the fashion industry in Manhattan. He and Marion had 3 children; 2 are still alive. He has 11 grandchildren, 14 great grandchildren, and 5 great-great grandchildren.

 

Très bel hommage à Harry Flinn par son petit-fils.

La traduction du récit d’Harry Flinn ==> ICI 

 

Carl Miller

 

 

 

Carl Miller qui faisait partie du 3ème groupe de brancardiers, raconte la blessure d’Harry Flinn : « Il avait un trou dans le haut de son poumon droit et Carl pouvait entendre ce son distinctif de l’air sortant de son poumon. »

Carl Miller sera tué le 28 septembre 1918 en essayant de sauver son camarade blessé.

Journée mondiale des réfugiés

20 juin 2018

Je partage aujourd’hui l’éphéméride des archives départementale de la Meuse sur facebook.

Journée mondiale des réfugiés

Prisonniers civils à Grafenwohr

11 juin 2018

Dans le cadre de mes recherches sur le sort des civils meusiens dans la grande guerre, j’ai recherché dans les archives du CICR, les prisonniers à Grafenwöhr. A la date d’aujourd’hui, j’ai recensé 1772 civils pour plus de la moitié capturés dans la Meuse et pour plus d’un quart dans les  Ardennes. On note un très petit nombre d’hommes fait prisonniers dans l’aube, dans le Haut-Rhin, la Marne, en Meurthe-et-Moselle, en Moselle et dans les Vosges, quelques Allemands et quelques belges. Ces listes établies du 12 au 19 mars 1915, comprennent 63 femmes toutes originaires d’Azannes et de Flabas.

Pour consulter cliquez ici

Le 22 février 1915, Hector Poilblan, maire de Montblainville faisait état de 1800 prisonniers civils à Grafenwöhr, 130 n’ont pas survécu aux mauvais traitements, 5 habitants sur 16 de sa commune sont décédés (Martin Joseph, Labaude Prosper, Boue François, Didelon Charles, Joseph Albert).

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Dans les archives de la croix rouge, une liste établie entre le 30 décembre 1915 et le 4 janvier 1916, compte 391 personnes décédés au camp de Grafenwöhr : 138 civils et 253 militaires.

C_G1_E_02_08_0020_0085

 

Pour consulter la transcription de cette liste, cliquez ici

 

CIMETIERE GRAFENWOHR 2

 

 

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