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Le collège de Grandpré – Buzancy – collège Jules Beaujoint ?

18 avril 2016

Article paru dans l’Union le 16 mars :

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L’idée a fait parler en réunion de Sivom ( syndicat intercommunal à vocation multiple) dernièrement. Donner au collège de Grandpré-Buzancy le nom de Jules Beaujoint, n’est pas du goût de tous. Pourtant, le vote réalisé au sein de l’établissement s’est porté sur ce nom. «  C’est un projet qui est né à la rentrée 2014  », explique la principale du collège Corinne Péronne. Le collège qui était multisite n’avait pas eu de nom jusque-là. «  C’était une bonne manière de faire travailler les élèves et de leur faire découvrir l’histoire locale  ». Alors pourquoi maintenant ? «  Je suis là depuis trois ans, et c’est un projet qui me tenait à cœur, c’est une idée qui a été lancée collectivement et qui fait son chemin  ». Corinne Péronne a encadré les recherches, du 6 au 22 janvier, et le 25 janvier, les résultats ont été dépouillés. Treize noms sont sortis du chapeau. «  La plupart des personnalités locales et du Vouzinois, on a même évoqué le nom de Méhul qui lui est de Givet. Nous n’avons pas fait de censure  ». Ce sont les professeurs, les personnels administratifs, les parents d’élèves, tous les élèves et les membres du conseil d’administration qui ont voté. De cette consultation démocratique est sorti le nom de Jules Beaujoint. Alors, qui était ce Jules Beaujoint dont le nom peut porter à sourire, dans le milieu collégien ? Jules Beaujoint est né en 1830, il était journaliste et romancier, populaire, connu sous le nom de Jules de Grandpré. Il a fait ses études dans les Ardennes avant de les poursuivre à Reims et Paris. Son père envisage pour lui une carrière d’avocat, mais dans la capitale, le jeune homme fréquente avec plus d’assiduité les cercles politiques et littéraires des cafés et de la Closerie des Lilas, que les bancs de l’École de droit. Compromis dans le coup d’État du 2 décembre 1851, dans les factions opposées au Second Empire, il s’exile en Belgique pendant trois ans, où il fonde et rédige les articles d’un journal socialiste à Bruxelles. Certains de ces écrits, notamment des révélations sur le bagne de Cayenne, sont censurés et le font bannir du pays par ordonnance royale. Pour cette consultation, il y a eu 163 votants, et 27 voix se sont portées sur le journaliste. Maintenant, le nom va être évoqué en conseil municipal ce jeudi 17 mars, mais c’est le conseil départemental qui aura le dernier mot. «  Est-ce que ce nom sera repris ? De toute façon, c’est le travail des élèves qui prime. Personnellement, je ne connaissais pas Jules Beaujoint, je l’ai découvert par le travail des élèves, ils ont fait sortir quelqu’un de l’oubli  ». Sur le côté un peu humoristique du nom, Mme Peronne reste de marbre. «  C’est un nom comme un autre », a-t-elle conclu…

Virginie Kiefer

Pour en savoir plus sur Jules Beaujoint, voir l’article publié ici le 16 octobre 2015 « Jules Hippolyte Beaujoint de Grandpré romancier »

Quelle a été la décision du conseil municipal de Grandpré ?

 

Le baptême des cloches à Montblainville 23 septembre 1930

27 mars 2016

Le 23 septembre 1930 se déroulait le baptême des cloches de l’église après la reconstruction de l’église. Une foule nombreuse assistait à l’événement.Montblainville Baptême des cloches - collection familiale

Le samedi 4 octobre, la Croix Meusienne relatait l’événement :

MONTBLAINVILLE

Bénédiction de l’église et baptême de cloches.

Ne sera-t-il pas fastidieux de narrer encore ici la cérémonie d’une bénédiction d’église, suivie du baptême de 2 cloches : Paule – Irène (du Poids de 840 kgs), et Charlotte – Marie (du poids de 635kg.), donnant respectivement le sol et le la ?

Que non pas, parce que ces cérémonies, quelque fréquentes qu’elles aient pu être en nos régions, ne sont tout de même pas banales, et qu’ensuite elles touchent à leur fin, et comme le souvenir en reste gravé dans la mémoire des intéressés, il importe de le noter, le plus brièvement possible, sur le papier.

Ce fut donc la fête le mardi 23 septembre. On quittait une baraque qu’on avait baptisée Chapelle, sans doute parce que c’était la mode, mais dont la vétusté aurait dépassé de beaucoup la perte subie aux commissions de dommages de guerre, et on allait prendre possession d’une église, du coût de 330 000 frs, confiée aux soins de M. Crossard, architecte, et de Mr Giraud, entrepreneur, et somme toute, assez agréable à l’œil.

Nous avons retrouvé à Montblainville les rites habituels consacrés par la liturgie, aspersion des murs au dehors et au dedans, récitation des litanies des saints, etc. Mais convient de noter la présence de Mgr l’Evêque qui fut reçu et allocuté au seuil de la mairie d’abord, de l’église ensuite, par M. le Maire, et à l’église messe par M. le Doyen de Varennes, desservant provisoirement Montblainville et ses deux annexes, en plus de Varennes, ce qui justifie le Proverbe :

A cœur vaillant rien d’impossible. Et il l’a aussi prouvé dans l’œuvre de reconstruction du canton dont il est le chef religieux. Signalons aussi, pour être complet, l’instruction du prédicateur, M. le curé de Rouvres.

La messe solennelle fut chantée par le curé de Cheppy, assisté par le curé de Malancourt et d’un sous-diacre originaire de Montblainville M. l’abbé Collin. Une délégation de la chorale de Varennes chantait à la tribune.

Pour rendre hommage à la vérité, nous dirons aussi que l’église était comble, avec beaucoup de personnes debout, en tout 300 à 400 personnes.

Mais nous ne saurions omettre le désir 2 fois exprimé par le maire : Nous voudrions bien un prêtre résidant en remplacement de celui qui après avoir administré la paroisse pendant 32 ans vient de mourir à la tâche. Sans doute, ce désir est louable, mais Monseigneur de dire :

Que peut faire un évêque devant un état de fait désolant, qui s’appelle la pénurie et la grande pénurie de prêtres ? Sans doute, il y a des espérances, mais elles ne sont point encore réalité. Et le seront-elles toutes ? Cependant, le premier Pasteur du diocèse range Montblainville au premier rang de ses préoccupations. Mais ces préoccupations ne doivent pas faire oublier le but de la visite épiscopale, et les cloches reçoivent les onctions saintes avant de faire entendre leur voix, à côté de leurs parrains et marraines Paul Francart et Irène Leroy, Charles Bernier et Marie Morin, auxquels il convient d’ajouter les noms de Hector Poilblan et Mme Simonnet, parrain et marraine de l’église.

Et quand on sort de l’église, c’est l’autre cérémonie, celle du dehors, non moins attendue, non moins intéressante. Il pleut, il pleut d’excellentes dragées et de la menue monnaie, mais ces semences ne germent pas, car elles tombent sur le chemin, et, comme dans l’Evangile, vite elles sont happées.

Puis, dans la salle de mairie, où l’on remarque un magnifique tableau marbré des morts de la commune, le banquet, bien servi par l’hôtel Louis XVI de Varennes et où les plats étaient de saison :

brochets de l’Aire (ou d’ailleurs), civet de lièvre de l’Argonne et perdreaux sur canapés.

On y fit honneur.

Enfin, les remerciements :

Celui de M. le Maire qui n’oublie personne, de M. Delawoëvre qui rappelle des souvenirs de sa détention au camps de Grafenwohr, de l’architecte, et enfin de Mgr Ginisty lui-même qui annonce le programme des grandes fêtes qui couronneront l’œuvre enfin terminée de Douaumont, cependant que M. le curé de Baâlon commençait à hisser les cloches dans leur demeure, opération difficile, qui ne put être terminée que le lendemain.

Et pour clôture dignement cette journée, procession au cimetière et bénédiction de la croix que la municipalité vient d’ériger au souvenir de ses trois derniers curés, dont les deux plus récents MM. Brodier et Florentin, administrèrent la paroisse pendant 65 ans. Et ainsi ce clôturait dans le canton de Varennes, le cycle des bénédictions d’église ; au retour, les cloches du chef-lieu de canton, baptisées 8 jours auparavant, sonnaient en l’honneur de celui qui les avait consacrées, mais point entendues.

Prêchez toujours l’espérance,

Criez sans trêve ni merci,

Partout avec fière assurance :

Gloire au Seigneur, paix à la France !

 

Montblainville Baptême des cloches - collection familiale (2)

Ces deux magnifiques cloches provenaient de la fonderie de Robécourt dans les Vosges  Elles ont été commandées à Georges Farnier.

Ce n’était pas Pâques, mais  le retour des cloches  pour les paroissiens de  Montblainville qui retrouvait  une église  !

Découvrez la fabrication des cloches sur le site de l’ancienne fonderie de Robécourt.

Les cloches de Montblainville.

 

Daniel Barris du 257ème régiment d’infanterie à Grafenwohr 1914 – 1918

24 mars 2016
Daniel Barris - Archives familiales Jean Daniel Barris

Daniel Barris – Archives familiales Jean Daniel Barris

 

Par cet article je souhaite rendre hommage à Daniel Barris.

Fin septembre 2015, son petit-fils, Jean Daniel m’a contactée pour partager le contenu d’une boîte dans laquelle il avait conservé de nombreuses photos de sa détention à Grafenwöhr, ainsi qu’un carnet tenu pendant les premiers jours de la guerre.

 

 

Quelles informations nous apportent le fichier des archives de la croix rouge  ?

Daniel Alexandre Barris appartient à la 17ème compagnie du 257ème régiment de réserve et porte le numéro matricule 17980. Il a été blessé et fait prisonnier à Viviers en Lorraine. Deux réponses ont été adressées aux demandes d’informations de sa mère qui demeure à Bordeaux et à Mademoiselle Joye, (sa future épouse). La détention à Grafenwöhr est confirmée le 26/1/1915.

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Archives de la Croix Rouge : http://grandeguerre.icrc.org/fr C_G1_E_13_01_0094_0551_0  – Daniel Barris

 

 

Jean Daniel n’ a pas connu son grand-père décédé en 1940. Ensemble nous avons découvert un homme dont le parcours dans la grande guerre mérite d’être rendu public.

Daniel Barris est né à Bordeaux le 1er  septembre 1884.

il appartient à la classe 1904. Domicilié à Bordeaux son registre matricule est disponible sur le site des archives départementales. Il est incorporé au 257ème régiment d’infanterie.

registre matricule Alexandre Daniel Barris

 

Grafenwohr état major du 257 ° en date du 17 avril -7-

Grafenwöhr état major du 257ème en date du 17 avril 191? – Archives familiales Jean-Daniel Barris

 

Il est porté disparu le 20 août 1914 à Viviers. Fait prisonnier, il sera soigné dans une ambulance Allemande puis évacué vers le camp de Grafenwöhr.

Le 26 janvier 1915, il figure sur la liste de prisonniers du camp.

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Archives de la Croix Rouge : http://grandeguerre.icrc.org/fr C_G1_E_02_02_0066_0012 – Daniel Barris

Avant de vous faire partager l’album de photos précieusement conservé par sa famille, revenons sur le témoignage de Daniel Alexandre Barris.

La partie de ses notes encore exploitable couvre la période du 4 août 1914 au 2 octobre 1914. Malheureusement le temps a effacé et rendu illisible la fin de son carnet. Deux  mois sur les 4 années pendant lesquelles il a été éloigné des siens.

Après l’appel à la mobilisation générale, nous découvrons les préparatifs du départ , le trajet pour se rendre sur la zone de combat,  puis le 20 août la bataille de Viviers au cours de laquelle il sera blessé, fait prisonnier et évacué sur le camp de Grafenwöhr en Bavière.

Comme les images et les films de l’époque le montre, nous assistons aux déplacements des troupes sous une pluie torrentielle. Nous vivons la bataille de Viviers avec les soldats qui partent au combat le ventre vide.  A son arrivée à Grafenwöhr,  Daniel Barris reste blessé, couché avec 116 autres prisonniers dans une écurie sur la paille avant d’être transporté à l’hôpital le 31 août. Il reçoit alors les soins des médecins Allemands, et est opéré à plusieurs reprises. Il souffre énormément de sa blessure et se plaint de l’alimentation « juste de quoi ne pas mourrir de faim ». Il traverse cette période en priant et avec le désir de revoir les siens et sa future épouse qu’il aurait du épouser le 7 septembre. Son petit-fils a accepté de partager la transcription qu’il a effectuée des écrits de son grand-père n’hésitez pas à cliquer.Vous découvrirez dans son journal les épreuves par lesquelles il est passé.

Journal Daniel Alexandre BARRIS

Pour les curieux qui veulent connaître l’épilogue de cette période de la vie de Daniel Barris, il a été rapatrié le 30 décembre 1918, et affecté au 144 ème régiment d’infanterie. Il a épousé Mag (Madeleine Joye)  le 17 février 1919.

Plongeons nous dans l’album de photos et cartes postales pour avoir une vision des lieux et de la vie dans le camp de Grafenwöhr. Ces documents complètent le carnet de Daniel Barris. Elles sont certainement postérieures à son rétablissement.

Le camp :

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Le cimetière et l’hommage aux morts :

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Daniel Barris entouré de ses amis :

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Ses amis :

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Les loisirs :

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Contrairement à son carnet dans lequel on se rend compte de la souffrance qu’il a enduré pendant le début de sa captivité l’album contient des photos de moments conviviales  entre amis.C’était déjà le cas des photos contenues dans l’album de Léopold Befort.

Une  fois sa blessure guérit Daniel Barris a participé des moments de fraternité avec les autres prisonniers. On retrouve d’ailleurs Daniel Barris sur cette photo de l’album de Léopold Befort :

Sur cette photo, les prisonniers fêtent le 14 juillet. Au verso les noms  et « Souvenir du 14 juillet 191? (la date est coupée) – Notre captivité à Grafenwöhr – Deuchland »

1: AUDIBERTI ; 2: KOULIKOF ; 3: BARRIS ; 4: WASILIEF ; 5: PONTAUNIER ; 6: SELLON François; 7: DIMETRIS ; 8: CAPELLE Jules; 9: LUDWIK ; 10: BEFORT Léopold; 11: FORTIN ; 12: VALENTIN ; 13: BELLET ;

Les deux hommes se sont donc rencontrés ce 14 juillet

 

Il serait intéressant de rapprocher les deux albums. Dans toutes ces photos beaucoup de personnes ne sont pas identifiées, si parfois vous reconnaissez  quelqu’un merci de me contacter. Signalez-moi également les éventuelles erreurs d’identification. Merci.

 

Les réfugiés, rapatriés en 1914 – 1918 dans les Alpes-Maritime – Archives Nationales F 23/13

26 février 2016

Je poursuis toujours la tâche fastidieuse de dépouiller les listes de réfugiés, rapatriés en 1914 – 1918,  inclues à la cote F23/13 des Archives Nationales.

Je m’essoufflais sur la liste du département de l’Allier, un des dossiers les plus volumineux. J’ai donc choisi de m’attaquer au dossier le plus mince, celui des Alpes-Maritimes. Il ne faut surtout pas en conclure que ce département a été le moins actif dans l’aide aux réfugiés rapatriés des régions envahies, d’autres listes existent aux Archives départementales ou communales.

En saisissant les noms de cette liste mon attention a été attirée par le fait que toutes ces personnes avaient été hébergées à Nice à l’hôtel de Venise. Ce lieu semble avoir été un lieu de passage des réfugiés vers d’autres destinations.

Liste des refugies a l hotel de Venise - Nice Archives nationales F23 13

Une recherche google pour trouver cet Hôtel s’est révélée infructueuse.

Très intriguée, j’ai contacté le service des archives municipales de Nice.

Je tiens à remercier Madame Marion Duvigneau, Directrice du Patrimoine historique, de l’Archéologie et des Archives de la ville de Nice qui a répondu très rapidement à mes interrogations. En fin d’année 2015, elle a publié un article intitulé « la misère s’abrite dans les palais » ou le sort des réfugiés franco-belges à Nice » dans la revue Nice-historique (janvier-juin 2015, 118e année, n°, 1-2, pages 40 à 71).

L’hôtel de Venise situé 31 avenue Malausséna, a accueilli pendant toute la durée de la guerre un grand nombre de réfugiés. De par sa situation à proximité des gares du Sud et de celle des chemins de fer de Provence, il constituait le principal lieu d’accueil à Nice des réfugiés.

Situation de l’hôtel de Venise à Nice

Le bâtiment construit en 1910, devient un hôtel en 1912 comprenant 100 chambres sur 6 étages. Le propriétaire a cédé cet hôtel à la commission municipale chargée des réfugiés. Le couple Perny a administré et dirigé  ce centre de septembre 1914 jusqu’au printemps 1919.

 

 

Le dossier des Archives Nationales contient uniquement cette liste de quelques réfugiés à l’hôtel de Venise et deux déclarations d’enfants datées du 18 mars 1916 au Cap d’Ail racontant leur vécu depuis le début de la guerre.

 

Pour compléter ce dossier très incomplet, il faudrait comme l’a fait Ralph Jean-Claude SCHOR, consulter la cote 10 R aux Archives départementales des Alpes-Maritimes.

Ralph Jean-Claude SCHOR, Professeur émérite d’histoire contemporaine, a publié un article très intéressant  dans la revue « Provence Historique », tome XIX, fascicule 75, janvier-mars 1969 « Les réfugiés dans les Alpes-Maritimes pendant la guerre de 1914-1918 ». Il a étudié et analysé l’assistance aux  réfugiés  dans le département.

Dans les bulletins Meusiens des 9 et 16 septembre 1915, un réfugié de la Meuse retrace son itinéraire de Commercy, son voyage,  et l’accueil réservé aux réfugiés tout au long de leurs parcours. Il termine son propos par un éloge aux personnalités qui les ont reçues et en soulignant le dévouement de Madame Perny et de son époux à l’hôtel de Venise. En septembre 1915, le couple a déjà vu passer plus de 1500 personnes !

 

 

Pour consulter la liste des réfugiés dans le département des Alpes-Maritimes c’est ici

La base mise à jour c’est ici

Sources :

Archives Municipales de Nice

Archives Nationales cote F23/13

Les réfugiés dans les Alpes-Maritimes pendant la guerre de 1914-1918 – Ralph Jean-Claude SCHOR 

Pour en savoir plus :

le site du Centenaire 14- 18 Nice

le guide des sources sur Nice durant la guerre

les archives départementales des Alpes-Maritimes cote 10 R

« Nice et la Grande Guerre de l’accueil à l’entraide » disponible Academia Nissarda Villa « Mauresque » – 30 rue André Theuriet – 06100 Nice

 

 

 

Amédée Renault « Le Fifre » d’Édouard Manet

19 décembre 2015

Nous sommes sensibilisés à l’importance de la conservation des documents écrits et du patrimoine artistique et culturel.La transmission de la mémoire est aussi très importante.  Lors de mes recherches généalogiques, j’essaie de reconstituer la vie des membres de ma famille et des personnes qu’ils ont côtoyé, de les replacer dans l’histoire pour découvrir leur quotidien.  La mémoire s’efface avec le temps. Nous avons tendance à occulter de nous même certains événements de notre vie. La transmission du vécu entre parents et enfants ne se fait pas toujours, soit par pudeur, soit par manque de temps.

Échanger sur les expériences de la vie, sur la culture, sur l’histoire, le patrimoine, sur les savoirs et savoir-faire de chacun est enrichissant pour tous.

C’est la raison pour laquelle, de temps en temps, sur ce blog,  je sors  de mon histoire familiale pour favoriser la transmission de la mémoire. C’est le cas des articles rédigés sur Frédy Stoll , sur ses camarades prisonniers à Grafenwöhr, Louis Adde, René Plistat, Léopold Béfort, Georges Petitclerc et sur la famille de  Fernand Meurant détenue à Holzminden.

J’ai également à cœur que des artistes plus ou moins connus ne tombent pas dans l’oubli.  L’association « les Amis de Georges Duhamel »  maintient vivante l’oeuvre et la pensée de Georges Duhamel et de son beau-frère Charles Vildrac. Depuis février 2004, l’association « les Amis de Lucien Jacques » font connaître,  protège et perpétue la mémoire et les œuvres du peintre-poète-illustrateur-éditeur Lucien Jacques.

Mais qui connait les eaux-fortes d’Alphonse Beaujoint et les romans de son frère Hippolyte  Beaujoint tous deux originaires de Grandpré dans les Ardennes ?

Concernant le premier, je suis persuadée qu’on lui a attribué à tort des œuvres de Jacques Amédée Beaujoint originaire d’Orléans. Des démarches ont été entreprises pour rétablir la vérité.

Olivier Old fils unique de Maxime Old,  à travers ses multiples activités veille à ce que le souvenir de son père perdure ainsi qu’à la bonne conservation  de son  patrimoine artistique. Il propose également sur son site Art Business Concept,un accompagnement aux héritiers d’artistes afin que leurs noms ne soit pas oubliés.

Mon but aujourd’hui est de poursuivre la transmission d’une information communiquée par Madame Aubert  de l’Association « Mille ans d’histoire » lors d’une visite au Musée de Maisons-Alfort. Elle même avait reçu de Monsieur René Nectoux, ancien maire de Maisons-Alfort la confidence de la famille d’Amédée Renault affirmant que celui-ci avait posé comme modèle pour le tableau d’Édouard Manet Le Fifre. La transmission est parfois sujette à déformation, c’est la raison pour laquelle j’ai rassemblé tous les documents permettant l’identification du modèle de Manet et ceux retraçant la vie d’Amédée Renault. Tous les spécialistes d’Édouard Manet ont émis des hypothèses, aucune n’a été réellement vérifiée. N’hésitez pas à cliquer sur le lien et à vous de juger !

Contribution à l’identification du modèle du Fifre d’Édouard Manet

 

 

La communication intergénérationnelle du savoir est accomplie.

Bonne lecture

avis de recherche famille Georges PETITCLERC

4 décembre 2015

Je lance aujourd’hui un avis de recherche pour retrouver la famille de Georges Petitclerc.

Le 5 décembre 1916, il adresse cette carte à Léopold Befort.

Tous deux sont détenus au camp de Grafenwöhr.

Le point sur les recherches effectuées :

Les archives de la Croix-Rouge indiquent qu’il est prisonnier à Grafenwöhr  le 26 janvier 1915 et qu’il faisait partie du 29 ème régiment d’infanterie :

Une adresse est mentionnée au verso de la carte :

Petitclerc Georges Saint-Doulchard près Bourges (Cher).

Les recensements de la commune s’arrêtent en 1911. En 1901 on retrouve Georges Petitclerc âgé de 10 ans. Il est donc né en 1891 et fait partie de la classe 1911. C’est dans le répertoire alphabétique de l’année 1910 que l’on retrouve son numéro de registre matricule le 490.

Il ne reste qu’à accéder au document :

Son signalement correspond à la photo communiquée par Eliane Escot petite-fille de  Léopold Béfort  même si l’on ne distingue pas la cicatrice :

Georges PETITCLERC

Georges Petitclerc portrait

  • cheveux noirs
  • yeux noirs
  • front inclinaison verticale
  • hauteur et largeur moyen
  • nez dos rectiligne base long
  • hauteur et saillie grand
  • largeur moyen
  • visage long
  • renseignements physionomiques complémentaires teint pâle sourcils drus
  • taille 1 m 67 cm
  • marque particulière petite cicatrice au bas de la joue gauche

Les pages jaunes confirment la présence d’une famille Petitclerc à Saint-Doulchard.

 

Jules Hippolyte Beaujoint de Grandpré romancier

16 octobre 2015

Jules Hippolyte, frère d’Alphonse Beaujoint, aura un parcours différent. Plus âgé, né le 12 juillet 1830 à Grandpré , il s’éteindra le 23 décembre 1892 à Paris dans le 14ème arrondissement. Il est connu comme publiciste et romancier, auteur de romans populaires dont certains signés sous le pseudonyme de Jules de Grandpré.  La nécrologie publiée dans l’Almanach Matot-Braine écrite par Demangeot, son camarade de collège à Verdun en 1842  nous raconte la vie mouvementée de Jules Hippolyte Beaujoint. Ses premiers articles paraissent en 1848  dans le propagateur des Ardennes, alors qu’il est encore élève à VerdunIl poursuit ses études à Reims puis à Paris.

En 1850, Alfred Delvau journaliste et écrivain français dit de lui : « Beaujoint a du talent, il m’a lu une nouvelle qui est réellement très jolie, et que je publierais de suite si j’étais éditeur. Il n’a pas encore d’originalité bien tranchée, mais il sait écrire et cela n’est pas peu de chose. Ce jeune homme a contre lui une timidité terrible qui finit par vous embarrassez vous-même et qui pourra lui faire le plus grand tort. C’est le seul défaut – si cela en est un – que j’ai à lui reprocher et il n’en peut rien ». Son père le destinait au barreau, il est plus attiré par la politique et collabore aux journaux du quartier latin. Ses opinions politiques et ses écrits, l’oblige à se réfugier en Belgique, et à résider rue montagne aux herbes potagères à Bruxelles. Il collabore pendant 3 ans à l’Omnibus, un journal socialiste de Bruxelles. Il fréquente Blanqui, Clemenceau, Jules Vallès et le Docteur Watteau.

Félicien Rops

« Félicien Rops (photo) » par Inconnu — Bibliothèque nationale de France, Trois artistes étrangers : Robert Sherard, Sattler, Félicien Rops / Hugues Rebell page 102.

Il entretien des liens avec l’artiste Belge Félicien RopsLe Musée Félicien Rops de la Province de Namur et les amis du Musée ont pour objectif de répertorier  et transcrire sa correspondance avec les artistes et écrivains de son époque. Une diffusion déjà souhaitée par Edgar Degas qui confiait à Manet : « Celui-là écrit mieux encore qu’il ne grave […]. Si l’on publie un jour sa correspondance, je m’inscris pour mille exemplaires de propagande » ( Lettre d’Edgar Degas à Édouard Manet. Citée d’après : Boyer d’Agen [Boye Auguste Jean dit Roig Jean de], Rops…iana, Paris, Pellet, 1924, p. 5). Plusieurs lettres écrites par Félicien Rops à Jules Beaujoint sont accessibles :

Sur le site du Musée Félicien Rops : correspondance Felicien Rops / Jules Beaujoint

Dans le fonds Félicien Rops :  A Jules Beaujoint vers 1860

Il est question dans ces courriers de l’illustration par Félicien Rops d’un roman de Jules Beaujoint  édité par Auguste Schnée. Ce projet a-t-il abouti ?

Félicien Rops me ramène aussi à l’article que j’ai consacré à Alphonse Beaujoint, frère de Jules.  Il est le fondateur de la Société Internationale des aquafortistes  à Bruxelles.  La Maison Cadart éditera en 1876, 1877, 1880 trois eaux fortes de Félicien Rops.

Félicien Rops m’a détournée de mon sujet principal « Jules Beaujoint », j’ai trouvé intéressant d’évoquer ce personnage aux multiples facettes que j’ai découvert lors de mes recherches. A  la fois peintre, dessinateur, illustrateur, aquafortiste et graveur, mais aussi auteur d’une importante correspondance avec ceux qui ont marqué le XIXème siècle, il a partagé sa vie entre sa Belgique natale et la France. Actuellement il est cité à plusieurs reprises dans les articles présentant l’exposition au Musée d’Orsay « Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910 »

Revenons à Jules Beaujoint, à partir de 1867, il appartient à la société des gens de Lettres. Dès 1871 un grand nombre de ses romans sont publiés chez Fayard.

Les_crimes_de_Peyrebeille_-_Lithographie_de_1885_(Fonds_Bibliothèque_Municipale_de_Lyon)

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Le plus populaire de ceux-ci L’Auberge sanglante de Peirebeilhe  édité en 1888 sera tiré à plus de 200000 exemplaires. Inspiré de l’affaire criminelle qui a défrayé la chronique en 1833 et du récit de son ami Jules Vallès paru dans son ouvrage La rue publié en 1866, le roman rencontre un grand succès. Le cinéma exploitera également ce fait divers, en 1951, Claude Autant-Lara réalise son film L’Auberge rouge, avec Fernandel dans le rôle du moine. En 2007 Gérard Jugnot incarnera le prêtre dans le film du même titre réalisé par Gérard Krawczyk.

L’éditeur Kessinger Publishing a réédité  en 2006  Mémoires secrets de la marquise de Pompadour en version anglaise Secret Memoirs of Madame de Pompadour.

Plusieurs publications permettent de reconstituer la vie de Jules Beaujoint :

Ses écrits :

  • Rendez-vous de chasse et d’amour (1866)
  • Les Nuits de Paul Niquet (1867)
  • Mémoires d’un agent de police, drames, mystères, révélations (1868)
  • Les Enfants du Père Duchène, roman historique (1871)
  • Mémoires secrets de la marquise de Pompadour, (1873)
  • Les Reines galantes, avec A.-M. Dumonteil (1873)
  • Mémoires d’un geôlier de la Bastille (1874)
  • Les Oubliettes du Grand Châtelet (1874)
  • La Femme coupée en morceaux, avec Louis Noir (1877)
  • Le Magicien moderne, récréations amusantes de physique et de chimie (1878)
  • L’Art de prédire l’avenir. Divination par les songes. Les Pressentiments (1878)
  • L’Alcôve des reines (1879)
  • Histoire des Tuileries (1881)
  • Histoire du Palais-Royal (1881)
  • Histoire de l’Hôtel-de-Ville de Paris. (1882)
  • Cartouche, roi des voleurs, (1883)
  • Le Capitaine Mandrin (1885)
  • Mystères du Palais de l’Élysée  (1887)
  • La Malle sanglante, assassinat de l’huissier Gouffé, affaire Eyraud et Gabrielle Bompard (1890)
  • Les Quatre Sergents de La Rochelle (1890-1892)
  • Les Grands Duels historiques (1892)
  • Les Auberges sanglantes : L’Auberge sanglante de Peirebeilhe, L’Auberge des Trois Rois

Les deux frères Beaujoint ont choisi d’exprimer leurs talents artistiques dans des domaines différents. Alphonse a choisi l’eau forte, Jules l’écriture pour croquer leur époque.

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