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Les réfugiés, rapatriés du Nord et de l’Est de la France en Hautes-Pyrénées.  

17 juillet 2015

La guerre 1914 -1918 a mis sur les routes de nombreux habitants du Nord et de l’Est de la France.

Dès le début du conflit, les récits des sévices commis par l’envahisseur Allemand sur son passage ont poussé les habitants à choisir l’exode. Des ordres d’évacuation ont été également donnés pour protéger la population, mais aussi pour dégager les zones de combat. L’armée Allemande occupe   partiellement ou en totalité , dix départements du Nord et de l’Est de la France. Le ravitaillement des 2,2 millions de civils encore présents, dans le périmètre des hostilités devient difficile. Dès mars 1915, les autorités allemandes décident de « rapatrier » les indigents et les personnes volontaires vers la France non occupée. Nombreux sont ceux qui effectueront le voyage en train, passant par la Belgique, la Suisse, Annemasse ou Evian avant d’être repartis en zone non occupée.

Au fur et à mesure de leur avancée, les Allemands ont déporté dans leur pays les prisonniers militaires, mais aussi les hommes qui n’étaient pas mobilisés trop jeunes ou trop âgés pour l’être. A l’évacuation des camps ceux-ci seront également dirigés en zone non occupée.

Le nombre de plus en plus important de réfugiés et de rapatriés conduit le gouvernement à adopter des mesures en faveur de ces populations durement  touchées. Une circulaire du ministre de l’Intérieur du 1er décembre 1914 précise que «  le principe essentiel de l’assistance aux réfugiés sans ressources est que l’Etat français doit pourvoir, avec le concours patriotique des populations, à leurs logement, à leur subsistance et à leur entretien ». Les réfugiés reçoivent les mêmes allocations que celles versées aux femmes de mobilisés. (1 francs 25 par jour pour les adultes, 50 centimes pour les enfants). En août 1917, ces allocations passèrent à 1,50 franc et 1,25 franc par enfant pour tenir compte de l’inflation (incomplètement comblée).

circulaire 1er décembre  1914

circulaire 1er décembre 1914 – Le Ministre de l’intérieur à Messieurs les Maires de France

Un grand nombre de textes officiels paraissent jusqu’au 17 février 1918  date à laquelle le statut de réfugié est fixé par une instruction du ministère de l’intérieur publiée au journal officiel.

Les préfectures répartissent les déplacés arrivés par convois, leur accordent des secours. Les mairies des communes d’accueil délivrent des cartes d’identité à chaque réfugié. Des commissions locales sont constituées dans les communes (un conseiller municipal, un notable et un réfugié), chargées de donner leur avis sur toutes questions. Une commission départementale dite de répartition siégeant à la préfecture (circulaire du 12 mars 1915),  recueille ces avis et est chargée de répartir les secours. En 1918, elle devient commission départementale des réfugiés.

Les réfugiés reçoivent les aides d’associations constituées dans le but de les soutenir. Des comités sont constitués par les réfugiés eux-mêmes en vue d’aider les plus nécessiteux.

Les archives nationales détiennent à la côte F23/13 les listes des réfugiés dressées par les communes des rapatriés dans les départements de l’Ain, l’Allier, les Alpes-Maritimes, l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, le Cantal, le Doubs, la Drôme, le Gard, le Gers, la Haute-Garonne, les Hautes-Alpes, l’Hérault. Aucune liste concernant les autres départements.

Dernièrement les archives de la Loire-Atlantique ont donné accès à une liste contenant les noms de 36000 réfugiés sur un total estimé à 60000. Cette mise en ligne est accompagnée d’une description des fonds des organismes d’aide aux réfugiés de la première guerre mondiale.

Les archives de la Gironde offrent la possibilité d’interroger en ligne une base de recensement des réfugiés dans leur département à partir des recensements 1919, 1920, 1921, 1922 ainsi que pour la ville de Bordeaux en 1914.

Qu’en est-il pour le département des Hautes-Pyrénées ?

Dans son ouvrage La Grande Guerre et l’arrière 1914 – 1919, José Cubéro, mentionne un afflux de réfugiés belges et français dès la fin du mois d’août. Il précise « Dès la fin du mois d’août, le conseil municipal de Lannemezan accepte à l’unanimité une demande de l’inspecteur primaire : il accueille dans les locaux scolaires et pour la durée de la guerre 50 enfants de Paris. Il s’engage à les loger, les nourrir, les surveiller, et bien sûr les instruire contre une rétribution de 50 francs par enfant et par mois. A Tarbes, le secrétaire du syndicat des propriétaires d’immeubles lance un véritable appel aux « patriotes », prêts à offrir « gratuitement et provisoirement » un logement …. »

Le préfet Blet accueille le 16 décembre en gare de Tarbes un nouveau convoi de 1800 personnes.

Madame André Elicegui a retrouvé chez son oncle à Trie-sur-Baïse la carte de réfugié de Fernand Meurant né à La Capelle dans l’Aisne venant de Hayange.

Carte de réfugié Meurant Fernand - Archives familiales Mme Andrée Elicegui

Carte de réfugié Meurant Fernand

Des associations viennent en aide aux Réfugiés.

Le 22 mai 1915 déclaration d’une association « Comité des Réfugiés du Nord et du Pas-de-Calais » avec pour objet : venir en aide à ceux résidant dans les Hautes-Pyrénées. Siège 26 rue Larrey à Tarbes.

Le 19 août 1916 déclaration d’une association « Comité des réfugiés du Nord et du Pas-Calais.» avec  pour objet : Recueillir des fonds pour fournir un apport moral et financier aux réfugiés, venir en aide aux convalescents et prisonniers civils et militaires régionaux. Son siège est à  Tarbes, café de la Colonne place de la République. Elle deviendra « Comité des régions envahies », le 1er mai 1917.

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Une société de secours aux mobilisés de l’Arsenal est également créée en vue de fournir des indemnités journalières en cas de maladie.

Le conseil municipal de la ville de Lannemezan délibère le 1er décembre 1914 pour distribuer aux réfugiés 4 stères de bois.

Extrait registre délibérations Conseil Municipal de Lannemezan - Archives Municipales

Extrait registre délibérations Conseil Municipal de Lannemezan – Archives Municipales

La commune prend également en charge les transports effectués  en chemin de fer par les réfugiés indigents.

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Les registres d’état civil de la commune de Tilhouse confirme la présence de réfugiés à Tilhouse :

Mariage le 2 juin 1918 de François DE WYSE domicilié à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugié, né à Avion (Pas-de-Calais) le 2/07/ 1893, fils de Jules et Célina DE WYSE, tous deux décédés

 et Florine BATON domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée, née à Maubeuge (Nord) le 22/07/1897, fille mineure de Florimond Joseph, resté en pays envahi et dont le consentement au présent mariage est suppléé par l’acte de notoriété dressé par Mr le Juge de Paix de Lannemezan, et de Emilie LETON son épouse, domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée et consentante. Il n’a pas été fait de contrat de mariage.

Les époux ont déclaré reconnaître en vue de la légitimation, François Florimond né à Tilhouse le 21/01/1915, et enregistré le 21 du même mois comme fils de Florine BATON.

Dont acte en présence de Irma DEWINE 33 ans, de Maria LECRIN (qui signe LEGRAIN) 40 ans, de Hélène DUBOIS 33 ans toutes trois réfugiées françaises, et de JAYE Marie 48 ans, institutrice demeurant à Tilhouse.

Les époux et les témoins ont signé avec nous, non la mère de l’épouse.

 Décès au presbytère à Tilhouse le 04/10/1915 de Florimond BATON âgé de 14 ans, sans profession, réfugié français né à Maubeuge (Nord) fils de Florimond BATON et Emilie LETON .

A Tournay et à Trie-sur-Baïse, présence également de nombreux  réfugiés tableaux établis par Madame Andrée Elicegui à partir des relevés sur les communes :

D’où venaient ces réfugiés ? Quels événements les ont conduits en Hautes-Pyrénées ? Ont-ils choisi de s’installer en Hautes-Pyrénées ou ont-ils regagné leurs régions d’origine ?

Dans un prochain article je résumerais les informations que j’ai pu recueillir sur Bénoni Fernand Meurant.

Liste des réfugiés 1914-1920 de Loire-Atlantique en ligne sur le site des archives départementales

6 juin 2015

Lundi 1er juin, Généinfos annonçait la mise en ligne sur le site des archives départementales des listes des réfugiés accueillis en Loire-Atlantique de 1914 – 1920.

Un travail considérable réalisé par ce service d’archives  !

La description des fonds des organismes d’aide aux réfugiés de la première guerre mondiale (10 R 5) explique la façon dont le fonds a été constitué et son contenu. Elle donne également des indications sur les sources complémentaires disponibles.

Le chercheur a également accès à une liste contenant les noms de 36000 réfugiés sur un total estimé de 60000.

Pour consulter cette liste cliquez ===> ICI

Auguste Alphonse BEAUJOINT de Grandpré – Aquafortiste

27 mai 2015

Une nouvelle recherche qui va relier plusieurs de mes centres d’intérêts.

Aujourd’hui je vais vous parler d’Alphonse Beaujoint (déclaré  à l’état civil sous les prénoms d’Auguste Alphonse).  Il y a quelques jours je ne connaissais rien de lui. A la recherche de photos de l’église de Varennes en Argonne détruite en 1914 – 1918, j’ai découvert que la Société des Aqua-fortistes avait édité  de 1863 à 1867  en 5 volumes un recueil des eaux fortes modernes.

Dans les volumes IV et V, des eaux fortes réalisées par Alphonse Beaujoint représentant Varennes en Argonne et ses environs.

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Quel lien entre mes différentes recherches ?

Varennes en Argonne est situé à 4 km de Montblainville.

Alphonse Beaujoint est originaire de Grandpré. Mes origines du côté maternel sont argonnaises, Montblainville, Fléville, Chatel-Chéhéry.

Les eaux fortes représentant Varennes en Argonne réalisées par Alphonse Beaujoint sont datées de 1865 à 1867.

Cette date correspond  à la réalisation par Edouard Manet du tableau « Le Fifre » et me ramène aux recherches que j’ai effectuées pour l’identification du modèle de ce tableau.

Avant de reconstituer la carrière d’Alphonse Beaujoint, je vais vous donner quelques informations sur la Société des aqua-fortistes et sur la méthode d’élaboration des eaux fortes.

La société des aquafortistes est créée en 1862 et animée par l’imprimeur Augustre Delâtre et le marchand d’estampes Alfred Cadart. Parmi ses membres des peintres, des graveurs professionnels ou amateurs de tendances stylistiques  et de genres différents. Le décès d’Alfred Cadart mettra fin à la société.

En préface aux ouvrages, Théophile Gautier nous explique la motivation des peintres de l’époque à s’engager sur cette technique en réaction à l’essor de la photographie.  Il nous décrit le procédé :

« Nul moyen, en effet, n’est plus simple, plus direct, plus personnel que l’eau-forte. Une planche de cuivre enfumée d’un vernis, un poinçon quelconque, canif, grattoir ou aiguille, une bouteille d’acide, voilà tout l’outillage.

L’acide ronge les parties de métal mises a nu et creuse des tailles qui reproduisent exactement chaque trait dessiné par l’artiste. La morsure réussie, la planche est faite ; on peut la tirer, et l’on a l’idée même du maître, toute pétillante de vie et de spontanéité, sans l’intermédiaire d’aucune traduction ; chaque eau-forte est un dessin original : que de motifs charmants, que d’intentions exquises, que de mouvements primesautiers a conservés cette rapide et facile gravure, qui sait immortaliser des croquis dont le papier ne garderait pas trace ! »

De grands noms de la peinture se sont adonnés aux plaisirs de l’eau-forte : Goya, Degas, Besnard, Pissarro,Picasso, Matisse, Paul Renouard.

En 1905, Théophile Duret, critique d’art, collectionneur, ami et exécuteur testamentaire de Manet  préface un recueil qui contient une trentaine d’eaux-fortes  réalisées par le peintre de 1860 à 1866

Léon Rosenthal , critique et historien de l’art,  publie en 1925 « Manet aquafortiste et lithographe« . Il s’appuie  en particulier pour recenser l’oeuvre  gravée de Manet (75 eaux fortes  , 47 éditées ou connues par ses contemporains, 28 restées inédites et 12 lithographies), sur le catalogue  paru en 1906 aux Éditions du Peintre-Graveur d’Etienne Moreau Nelaton  » Manet, graveur et lithographe ».  Une analyse complète de la production de l’artiste sur tous supports.

Alphonse Beaujoint n’a pas la notoriété de Manet, mais son nom et l’ensemble de ses eaux-fortes et lithographies répertoriées figurent dans l’Inventaire du fonds français après 1800 Inventaire du fonds français après 1800. Tome premier, Abbéma-Beaumont ([Reprod. en fac-sim.]) / Bibliothèque nationale, Département des estampes ; par Jean Laran,...

Quelques informations biographiques :

Alphonse Beaujoint est né le 6 juillet 1834 à Grandpré (Ardennes), il est déclaré sous les prénoms d’Auguste Alphonse, il décédera dans la même commune le 8 janvier 1899. Lorsqu’il se marie à Sainte-Ménéhould le 17 novembre 1862, il est domicilié à Varennes en Argonne, 339 place de l’Hôtel de Ville, et exerce la profession de brasseur. A ce titre, en 1866, il participe au concours international de houblons et de bières à Dijon (source Gallica) 

125. - Bière. 

     Une caisse de 10 bouteilles. Bière fabriquée au mois de janvier 
dernier, mise en bouteilles depuis trois mois. Le houblon employé 
provient de l'arrondissement d'Hazebrouck (Nord). 

     Prix : 17 francs l'hectolitre et 18 francs pour la clientèle bourgeoise. 


     Certificat du maire. 

     Beaujoint (Alphonse), brasseur à Varennes 
(Meuse)

Ses trois enfants naîtront à cette même adresse entre 1863 et 1868. Ces dates correspondent à celles auxquelles il a gravé les eaux-fortes contenues dans le recueil édité par Cadart et Luquet au nom de la Société des aquafortistes .

Plusieurs musées ont acquis des exemplaires de ce recueil. On peut citer le British Muséum.

En 1979, le Musée des beaux-arts du Canada est entré en possession d’un exemplaire de ce  recueil.  Il est possible de consulter en ligne sur son site les trois eaux-fortes de Varennes et ses environs :

Précédemment, Alphonse Beaujoint avait dessiné et lithographié pour des Editeurs de Chartres, du Mans et d’Orléans de nombreuses planches d’architecture.  De 1852 à 1867, il  s’est consacré à la reproduction des vues pittoresques de l’Eure-et-Loir. Il figure au musée de Chartres avec des aquarelles (entrée des rues du Cygne et de la Boucherie – Place Saint-Aignan à Chartres) et le Victoria and Albert Museum de Londres avec des gravures

Il est fort probable qu’Adolphe Beaujoint se soit adonné à l’eau-forte en tant qu’amateur alors qu’il habitait la commune de Varennes en Argonne.

Une recherche « Beaujoint » sur le portail des musées de France (Base Joconde) indique que le Musée de la marine de Loire  de Chateauneuf-sur-Loire détient deux eaux-fortes d’Alphonse Beaujoint :

Le Musée municipal de Chateaudun  lors d’une exposition « Paysages » entre le 21 avril 2012 et le 24 mars 2014 a présenté des œuvres d’Adolphe Beaujoint.

Le Château de Sceaux dans ses collections détient plusieurs lithographies réalisées par Adolphe Beaujoint :

Dans un prochain article, je vous parlerais de Jules Hippolyte Beaujoint, frère d’Alphonse né lui aussi à Grandpré très connu comme auteur de romans populaires.

Mariage François DE WYSE avec Florine BATON originaires de Maubeuge à Tilhouse en Hautes-Pyrénées

7 mai 2015

Je relaie cette information du forum, genea64@yahoogroupes.fr, qui a attiré mon attention.

Une trouvaille d’Andrée ELICEGUI sur le 65.

Est-il possible de transmettre aux départements concernés ces actes relevés à Tilhouse ?

 Mariage le 2 juin 1918 de François DE WYSE domicilié à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugié, né à Avion (Pas-de-Calais) le 2/07/ 1893, fils de Jules et Célina DE WYSE, tous deux décédés

 et Florine BATON domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée, née à Maubeuge (Nord) le 22/07/1897, fille mineure de Florimond Joseph, resté en pays envahi et dont le consentement au présent mariage est suppléé par l’acte de notoriété dressé par Mr le Juge de Paix de Lannemezan, et de Emilie LETON son épouse, domiciliée à Maubeuge, résidant actuellement à Tilhouse en qualité de réfugiée et consentante. Il n’a pas été fait de contrat de mariage.

Les époux ont déclaré reconnaître en vue de la légitimation, François Florimond né à Tilhouse le 21/01/1915, et enregistré le 21 du même mois comme fils de Florine BATON.

Dont acte en présence de Irma DEWINE 33 ans, de Maria LECRIN (qui signe LEGRAIN) 40 ans, de Hélène DUBOIS 33 ans toutes trois réfugiées françaises, et de JAYE Marie 48 ans, institutrice demeurant à Tilhouse.

Les époux et les témoins ont signé avec nous, non la mère de l’épouse.

 Décès au presbytère à Tilhouse le 04/10/1915 de Florimond BATON âgé de 14 ans, sans profession, réfugié français né à Maubeuge (Nord) fils de Florimond BATON et Emilie LETON .

 C’est en vérifiant les MPLF de ce village que j’ai fait ces relevés.

 Andrée

Aux archives nationales, j’ai photographié le dossier F23 13 (Listes nominatives des rapatriés. Renseignements fournis par eux sur l’état des personnes et des biens dans les régions envahies. Classement départemental : Ain à Hérault. 1916.) . Le dépouillement de ce dossier, est  un travail de longue haleine ! J’ai entrepris la saisie du département de l’Allier, et les derniers réfugiés que j’ai saisis sont justement originaires d’Avion  (62) et de Maubeuge (59).

Malheureusement, ce dossier ne couvre pas l’ensemble des départements qui ont accueilli les réfugiés des régions envahies.

En février 2014,  j’ai questionné Mr Giustiniani, directeur des archives départementales des Hautes-Pyrénées  sur l’existence dans son fonds d’archives de listes d’habitants du nord de la France réfugiés dans son département. Ses recherches se sont révélées infructueuses.

Pas de dossier aux archives nationales, pas de dossier aux archives départementales, il n’est  donc pas facile de suivre les personnes réfugiées dans ce département. Merci à Andrée, j’ajoute les actes qu’elle a découverts dans les  registres de Tilhouse et je poursuis ma saisie.

La Base mise à jour  ===> ici

 

 

 

 

Pompey-c-nous

4 mai 2015

Un nouveau site est né le 1er mai :

Pompey-c-nous

Merci à Jean-Luc Gouret de mettre à la disposition de tous le fruit de ses recherches. De nombreuses photos et des documents exceptionnels. Je vous recommande la rubrique « Pressé, il n’y a qu’à piocher ».

Dans la rubrique « témoignages » le récit de Marthe Ancé  m’a particulièrement touchée.  Dans certains passages elle évoque Montblainville et ses habitants. Son grand-père originaire de Montblainville travaillait aux forges d’Apremont  depuis l’âge de 12 ans et a suivi l’entreprise pour continuer sa carrière à Pompey.  Il figure certainement sur l’une de ces photos.

Marthe se souvient de la vie dans les cités de l’usine à Pompey. Elle nous rapporte la seconde guerre mondiale telle qu’elle l’a vécue. Un témoignage précieux.

Allez vite découvrir le site de Jean-Luc vous passerez un agréable moment.

 C’est ici :  pompey-c-nous 

Bonne lecture

 

Fredy Stoll sculpteur, grand oncle de Pierre Paulin

5 mars 2015

Difficile de trouver un lien entre tous mes centres d’intérêt !  L’article que je vous propose aujourd’hui va associer mes recherches sur les déportés civils de Montblainville  en 1914 – 1918 et mes recherches sur l’oeuvre de Maxime Old architecte d’intérieur et les arts décoratifs du  XXème siècle.

Brièvement je reprendrais les sujets déjà abordés en faisant des liens pour les nouveaux lecteurs.

Six hommes de Montblainville sont décédés après avoir été déportés au camp de Grafenwöhr.

François Boue, le 14 octobre 1914, Paul Dappe, le 13 févier 1915,  Charles DIDELON, le 14 décembre 1914, Albert JOSEPH, le 27 décembre 1914, Prosper LABAUDE, le 6 octobre 1914, Joseph MARTIN, le 6 octobre 1914.

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Pendant sa captivité Louis Adde  a servi de modèle au sculpteur Frédy Stoll lui aussi interné à Grafenwöhr.

Le sculpteur suscite toujours la curiosité. En mars 2011, Christophe Lagrange auteur d’un blog sur le 347 ème régiment d’infanterie lui dédiait un article.

A la suite de cette publication, la famille de Fredy Stoll, dispersée  en Irlande, en Australie , à New-York,   renouait des relations .

Autre réaction à la suite de cet article, un collectionneur déclarait détenir un buste signé Fredy Stoll et cherchait à identifier le modèle.

Dernièrement un lecteur me signalait une exposition du 7 au 20 mars  à Bessancourt dans le Val d’Oise. Des panneaux seront consacrés aux monuments aux morts de la commune réalisés par Fredy Stoll et à leur inauguration (un ossuaire et un monument au morts).

Il me semble intéressant de récapituler les informations sur cet homme au parcours  étonnant.

Frédéric Balthazar Stoll est né en Suisse à Lucerne le 8 février 1869.   Il est attiré par le dessin et le modelage. Il arrive à Paris  dès 1890 et devient l’élève de Rodin. Il est membre de la Société des artistes français et expose chaque année ses œuvres, au salon de 1912 un Don Quichotte dédié à Massenet, en 1913 le buste de G. Béret, et en 1914 l’homme à l’arc.

En 1907 il obtient la nationalité Française et est inscrit sous le matricule 509 du  1er bureau de recrutement  militaire de Paris.

Agé de 45 ans lors de la déclaration de la guerre, il s’engage et rejoint la 22ème compagnie du 347ème régiment d’infanterie . Sa  conduite lui vaut d’être nommé sergent. Il est blessé et fait prisonnier à Fère-Champenoise le 9 septembre 1914. Il est interné au camp de Grafenwöhr, ensuite à celui de Lechfeld , puis au camp de Deutsch Gabel. Pendant sa captivité, au camp de Grafenwöhr il obtient, l’autorisation de sculpter une statue en l’honneur de ses camarades morts en détention. Il facilite l’évasion de 32 de ses co-déténus et s’évade lui-même à trois reprises.

Dans la revue Limousine du 15 février 1929, Septime Gorceix, un de ses  compagnons relate  la captivité de Frédy Stoll. Je vous laisse découvrir « L’Odyssée et l’oeuvre de Frédy Stoll – Artiste et Héros » en cliquant sur le lien.

Le 13 octobre 1920 est inauguré à Lucerne le monument à la mémoire des internés Français.

En janvier 1926, Simone  Téry dans le Réveil des APG du Centre relate les difficultés de l’artiste  pour rentrer en possession de ses œuvres restées en Allemagne, 33 caisses attendent au camp de Grafenwöhr contenant non seulement ses œuvres, mais aussi des notes et des cahiers  de Marcel Genevrière, le critique d’art qui fondera en 1922 avec André Domin « la Maison Dominique« , des croquis et des toiles des peintres Gaudet et Martini, des manuscrits enfin de François Bonjean, l’auteur de Mansour et de L’Histoire de douze heures, entre autres, un roman complètement achevé La Maison du Faune.

Citons un extrait de l’article du journal le 28 juillet 1928  dans lequel Jean Volney   raconte le déplacement de la statue et nous donne l’historique de sa  conception  :

« Au cours de la guerre, à Graffenwöhr, comme dans la plupart des camps, les prisonniers se cotisèrent pour rassembler les fonds nécessaires à l’érection d’un monument à leurs camarades morts en terre d’exil .

La guerre terminée, les monuments restèrent en Allemagne. Cependant, les corps des prisonniers décédés en captivité furent rapatriés et inhumés dans le cimetière de Sarrebourg. Cette année le gouvernement obtint du Reich qu’il autorisât le transport du monument de Graffenwöhr en France.

Ce monument, dans la pensée du gouvernement et des prisonniers de guerre devait être érigé au cimetière, de Sarre­bourg pour qu’à son ombre les morts en captivité reposent en paix. Ainsi fut fait.

Aujourd’hui, presque au sommet de la colline, sur un versant de laquelle est situé le cimetière, le monument est érigé. Il représente un homme nu, agenouillé, le buste et les bras rejetés en arrière, la physionomie sombre. Allégorie saisissante en vérité ! en effet, le prisonnier de guerre, n’était-il pas un vaincu, incapable de continuer, avec ses frères d’armes, à défendre sa mère: la patrie ?

Or, il a fallu que des gens voient dans ce monument tout autre chose et élèvent une protestation véhémente au nom de la foi et de la morale outragées par le statuaire.

Quel est-il donc l’auteur de cette statue qui effarouche quelques puritains ?

C’est un prisonnier de guerre, Freddy Stoll, interné au camp de Graffenwöhr,,après avoir été fait prisonnier dans des conditions qui sont la preuve de son héroïsme.  Au camp il a cette belle pensée d’honorer, les morts. Il met. tout en œuvre. Il suscite l’enthousiasme de ses camarades qui trouvent l’argent nécessaire à l’achat de la pierre et des matériaux : chaque mark, chaque pfennig recueilli représente pour celui qui l’a donné un sacrifice, une privation. Freddy Stoll obtient, après avoir vaincu mille difficultés, le droit de se mettre au travail.

Il réalise l’œuvre conçue par son cerveau. Le monument est érigé au milieu du cimetière de Graffenwöhr. »

Diaporama Frédy Stoll, élaboration de la statue à Grafenwöhr, déplacement de la statue à la Nécropole de Sarrebourg.

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La même année ses œuvres de captivité et d’après guerre seront exposées à la salle du Jeu de Paume. Exposition inaugurée par M. Louis Marin, ministre des Pensions le 18 octobre.

De retour de captivité Fredy Stoll sera l’auteur de nombreux  autres monuments (voir l’article de wikigenweb).

Quelques photos de ses monuments :

Monument aux morts de Bessancourt (Val d’oise)

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Monument aux morts Lamonzie Montastruc (Dordogne)

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Monument aux morts Le Verdon-sur-Mer (Gironde)

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Monument aux morts Montlignon (Val d’Oise)

Monument aux morts Queyrac (Gironde)

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Monument aux morts de Nadaillac (Dordogne)

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Monument aux morts Sannois (Val d’Oise) :

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 Monument aux morts Soulac sur Mer  (Gironde)

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Frédy Stoll est également l’auteur de la statue du Maréchal Maunoury qui fait partie des seize statues du boulevard des maréchaux à Verdun. Elle est recensée sur le site du CDOA (Catalogue interministériel des Dépôts d’œuvres d’Art de l’Etat).

D’autres œuvres :

  • Le torse d’une femme sportive Musée national d’art moderne – En dépôt depuis le 09/03/1952 : Musée Denys-Puech (Rodez)
  • Le buste de Madame Stoll exposé en 1928 dans la salle du jeu de Paume

LE JOURNAL 19281018 3

  • Le vainqueur aux jeux olympiques
  • Rapt
  • La petite bacchante
  • Le lanceur de poids
  • Le lanceur du javelot
  • Le lanceur de disque

Photographiées par l’agence photo  RMN-Grand Palais fonds Druet-Vizzavona :

RêverieDon Quichotte

Dans les collections du Musée du quai Branly :

L’Amiral Courbet

Aux archives nationales les dossiers :

F/21/6994 Frédy Stoll

F/21/4274  Buste de femmeMaréchal Maunoury,Salomé

F/21/4885 Salomé

F/21/4910/A Salomé

Frédy Stoll est décédé en 1949.

Je vous ai annoncé en début d’article un lien entre mes recherches dans des domaines qui apparemment n’ont aucun rapport entre eux, la guerre 1914 – 1918, les arts décoratifs et Maxime Old.  Frédy Stoll est le grand oncle de Pierre Paulin le célèbre désigner  lui même élève de Maxime Old (source encyclopédie Universalis). D’après cet article Pierre Paulin a fréquenté l’école camondo, dans laquelle Maxime Old a enseigné.

Après l’oeuvre du grand oncle, il me reste a étudier celle de son petit neveu.

Les Noëls Lorrains d’autrefois – La crèche de Montblainville en 1937

24 décembre 2014

Petit à petit les traditions disparaissent. En 1937 à Montblainville, il aurait été inconcevable que le village n’ait pas sa crèche pour célébrer la naissance de l’enfant Jésus.

La crèche de Montblainville en 1937 - collection Nicole Gérodel

La crèche de Montblainville en 1937 – collection Nicole Gérodel

Selon, Jean Morette dans « La Lorraine de dans le temps »

La veillée de Noël était la plus longue de l’année. Nos gens mangeaient des noix, des gaufres en buvant du vin blanc. Personne ne travaillait cette nuit là. On racontait des fiauves[1] et jouait à des jeux très anciens.

Il énumère quelques unes des coutumes aujourd’hui dépassées :

  • Puis toute la maisonnée partait à la messe de minuit. Dans l’âtre brûlait la bûche. Au retour de l’église, on partageait un frugal réveillon avant de regagner son lit.
  • Les parrains et les marraines offraient à leurs filleuls, garçons ou filles, des gâteaux en forme de poupée.
  • Le lendemain, les brandons consumés[2] et froids étaient déposés sous le lit du maître afin de préserver la maison de l’incendie et de la foudre.
  • Pendant la veillée on chantait de Noëls, on racontait des histoires  et des contes tout en mangeant du gâteau et des noix et en buvant du vin.
  • Et on prétendait que, durant une heure, les arbres fruitiers se couvraient de fleurs malgré la nuit, malgré le froid.
  • Les  cendres étaient éparpillées dans le jardin. Elles assuraient de belles récoltes et éloigneraient la vermine.
  • De Noël au jour des Rois, les filles ne devaient pas filer sans quoi le bétail tombait malade.
  • Dans le pays de la Seille[3], les hommes plaçaient douze grains de blé dans une poêle chaude. Les grains qui représentaient les douze mois de l’année sautaient soit devant, soit derrière et désignaient ainsi le meilleur mois pour vendre la récolte.
  • La veille de Noël la mère procédait au nettoyage de la maison et aux préparatifs pour la veillée du soir et la fête du lendemain.
  • Elle pétrissait la pâte, enfournait les gâteaux, ornait la cuisine et la cheminée de guirlande de lierre.
  • La bûche un tronc de noyer décoré de lierre, était déposée dans l’âtre par le père de famille qui la bénissait en l’aspergeant d’eau bénite ou de vin.
  • Avant de partir à l’office le vigneron remplissait un verre de vin jusqu’au bord . Si à son retour le vin avait débordé les vendanges prochaines s’annonçaient bonnes.
  • Puis le moment venu, toute la famille se rendait à la messe de minuit.
  • Pendant la messe, aux douze coups de minuit, les animaux de la ferme se mettaient à parler.
  • En rentrant de l’office, la jeune fille désireuse de se marier allait frapper trois coups à la porte du poulailler. Si le coq se faisait entendre son vœu se réalisait dans l’année.
  • Le maître se rendait à l’écurie et distribuait à chaque cheval un picotin d’avoine et une botte de foin à chacune des vaches.
  • La famille réunie commençait à réveillonner. On mangeait de la viande de porc, du boudin, le tout arrosé du meilleur vin.

[1] histoires qui relatent le caractère insolite d’un événement, et qui se transmettent de génération en génération
[2] Braises
[3] en Moselle

Aujourd’hui c’est surtout la dernière qui perdure.

Bon Noël à tous.

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